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Ventabren : l’aqueduc de Roquefavour, un chantier au long cours

Depuis 175 ans, l’aqueduc de Roquefavour, le plus haut du monde réalisé en pierre de taille, achemine l’eau de la Durance jusqu’au Palais Longchamp à Marseille. Actuellement, il fait l’objet d’un lifting complet qui devrait s'achever en janvier 2024.
Ventabren : l’aqueduc de Roquefavour, un chantier au long cours
M.Debette - La partie centrale de l'aqueduc de Roquefavour est actuellement en chantier.

BTPBouches-du-Rhône Publié le ,

Depuis le début des travaux en mai 2020, un tiers de l’aqueduc de Roquefavour a été totalement rénové. Actuellement, c’est la partie centrale qui fait l’objet de toutes les attentions. Il restera ensuite près de deux ans pour traiter le troisième tiers avant que l’ensemble de l’édifice ait retrouvé une nouvelle jeunesse. Après 44 mois de travaux, trois à quatre mois seront nécessaires pour démonter les échafaudages.

Construit en 1841, il n’aura fallu que six ans à l’ingénieur Franz-Major Montrichier, pour construire cet ouvrage pharaonique. Si à l’époque le chantier était colossal, celui des travaux de restauration est particulièrement impressionnant. L’aqueduc est constitué de quinze arcades principales au rez-de-chaussée, de quinze autres au premier étage, à environ 35 mètres de hauteur, et de cinquante-trois petites arches au second niveau. Ces dernières soutiennent la conduite d’eau, située tout en haut, dans une buse de deux mètres de diamètre en béton et construite bien plus tard. Une deuxième buse, d’un mètre de diamètre, est située en-dessous des petites arches. Elle permet de dévier l’eau lorsque des travaux sont effectués sur la buse principale et donc d’éviter une coupure d'eau qui aurait un impact sur l’agglomération marseillaise. « C’est actuellement le cas puisque nous avons détecté un fuite », explique Frédéric Beaudin, directeur général de Vivian et Cie - Les Compagnons de Castellane, spécialisés dans les travaux de monuments historiques.

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Des pierres qui pèsent jusqu’à 15 tonnes

Lors de la construction, 5 000 compagnons, dont 300 tailleurs de pierres, venus essentiellement d’Italie et de Suisse, étaient à la tâche. « La pierre utilisée venait de Velaux, à dix kilomètres de là et était acheminée de la carrière jusqu’au chantier par la voie ferrée. Ils étaient autant organisés que nous le sommes aujourd’hui et ont utilisé les moyens adaptés », indique Frédéric Beaudin. Des pierres dont les plus importantes sont celles du bas, qui pèsent quinze tonnes et mesurent de 2,5 à 3 mètres de long, deux mètres de profondeur et 1,5 mètre d’assise. « On se demande comment ils ont monté ces pierres sans grue. Ils ont réussi à marier l’esthétique avec une solution économique, c’est-à-dire que peu de parements sont taillés. Ce sont des parements à bossage qui nécessitent moins de temps de la part du tailleur de pierre. Un gain de temps et financier », poursuit le directeur général.

La restauration de l'aqueduc de Roquefavour, un chantier d'exception

Au fil des années, ces blocs de pierre ont subi des chocs thermiques et se sont dégradés, mais ils restent globalement de bonne qualité et sont sains. « Pour sécuriser l’édifice, nous sommes censés changer 3 500 pierres abimées ou manquantes, ce qui est énorme et peu courant sur les chantiers que nous traitons habituellement. La majorité de ces blocs pèse autour deux tonnes », précise Frédéric Beaudin. La surface de nettoyage ou de micro-gommage des parements est de 32 000 m2 et15 000 m2 de joints sont à refaire.

Et des contraintes environnementales

Il ajoute : « Sur ce chantier, nous avons de grosses contraintes environnementales. Il est situé dans une zone inondable, au bord de l’Arc, avec la menace de crues importantes. C’est un site boisé et protégé, avec un risque de feu permanent, des chauves-souris qui ont envahi le chantier et qu’il faut protéger, une voie ferrée qui passe sous l'aqueduc, une route départementale très fréquentée, sans oublier le covid qui nous est tombé dessus ».

Le coût global de ce chantier emblématique est de 15 millions d’euros HT, dont une partie financée par le plan de relance. Il se décompose en 12 millions d’euros HT pour le lot principal qui consiste au remplacement des pierres abîmées ou manquantes, dont six pour les échafaudages. Celui-ci nécessite la présence de 50 à 80 compagnons, en permanence sur le chantier, et quasiment autant d’échafaudeurs que de tailleurs de pierre. Le reste du lot concerne l’étanchéité sur les tabliers du bas et intermédiaires, ainsi que la protection des parties saillantes en plomb ou zinc. Le maître d’ouvrage est la métropole Aix-Marseille. Le chantier est suivi par François Botton, architecte des Monuments historiques, et la DRAC participe au financement (2,77 M€).

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