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Venelles grandit… mais pas trop !

Entre Cadarache et Aix, Venelles jouit d’une position privilégiée qui attise l’appétit des opérateurs immobiliers. Un engouement que la municipalité souhaite maîtriser dans le projet de révision de son Plan local d’urbanisme.
Venelles grandit… mais pas trop !
Eric Vieu - Mairie-Venelles - Vue aérienne du village.

TerritoiresBouches-du-Rhône Publié le ,

Entre Luberon et Sainte-Victoire, Venelles se love dans le grand paysage. Cette commune périurbaine de 8 590 habitants, nichée à l’entrée du Val de Durance, a longtemps cultivé une image résidentielle paisible. Une tranquillité qui fait le bonheur des cols blancs travaillant à Cadarache et sur le pôle d’activités d’Aix. Mais qui alimente la pression foncière sur les dernières parcelles de ce territoire de 20 km2 prisé des promoteurs. En 1970, Venelles ne comptait que 650 habitants : soit quinze fois moins qu’aujourd’hui.

L’enjeu de régulation est justement le fil rouge de la révision du Plan local d’urbanisme (PLU) lancée par la municipalité. Une révision expresse, le PLU actuel n’ayant été voté qu’en juillet 2016. « Lorsque je suis arrivé aux affaires à l’automne 2015, le PLU était quasiment bouclé par l’équipe précédente. On l’a voté même si ce n’était pas le nôtre en anticipant une révision qui arrive aujourd’hui à son terme », explique Arnaud Mercier, le jeune maire (LR) de la commune qui entame son deuxième mandat. Ce nouveau document tente de freiner les dérives engendrées par la suppression du Coefficient d’occupation des sols (COS), l’une des mesures phares de la loi Alur (Loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové) qui visait à encourager la densification urbaine. « En l’absence de COS, les vannes étaient grandes ouvertes. On avait reçu des demandes pour créer 400 logements. On en a accepté trois d’une vingtaine de logements chacune. Mais on ne voulait pas aller plus loin », souligne l’édile.

Développement maîtrisé

Autre priorité : remédier à certaines incohérences du PLU existant en équilibrant développement de l’habitat et préservation de la nature, omniprésente dans cette ancienne commune rurale. « Il ne s’agit pas de tout bloquer mais de garder la maîtrise de l’extension urbaine sur quelques sites clairement identifiés dont nous piloterons l’aménagement tout en régulant la mixité fonctionnelle de la Zone d’activités économiques (ZAE) », poursuit Arnaud Mercier. Située à l’entrée sud de la commune, le long de l’autoroute, cette ZAE mixe dans un relatif désordre commerces, services, bureaux et petites entreprises artisanales sur près de 72 hectares. « Avec ses 400 établissements, c’est le principal employeur du Val de Durance, Cadarache excepté. Et c’est la zone qui a connu le plus fort taux de création d’emplois entre 2013 et 2019 (+ 22 % pour 550 créations nettes) », affirme le maire. Dans ce continuum irrigué par la route départementale (RD 96), au milieu des boîtes à chaussures de la grande distribution, se cachent des pépites au rayonnement (inter)national : à quelques mètres d’intervalle, on trouve les locaux qui abritent les décors du Festival d’art lyrique d’Aix et le bâtiment du fichier central des dispositions de dernières volontés, le centre de données où les notaires de l’Hexagone stockent les testaments.

Alors que près de trois Venellois sur quatre travaillent hors de la commune, la perspective d’une multiplication de projets résidentiels au sein de la ZAE inquiétait l’équipe municipale. « Le PLU prévoyait de développer de nombreuses poches d’habitat au sein de la zone des Logisssons. Cela risquait d’engendrer de gros problèmes de circulation aux heures de pointe », avance Arnaud Mercier. Des bouchons que l’offre de transports collectifs n’aurait pas été en mesure de réduire à court terme. « On a bien la voie ferrée. Mais le TER de la ligne des Alpes ne fait que passer… il ne s’arrête pas ! », soupire l’édile.

9 600 habitants en 2030

Maîtriser le développement ne signifie pas tout bloquer : « On fixe un objectif de 9 600 habitants en 2030. Soit mille habitants de plus en dix ans », prévoit l’élu. Sur le plan économique, Venelles mise sur le numérique. « On accompagne cette mutation de l’économie 2.0 en phase avec les nouveaux besoins qui ont émergé durant la crise sanitaire. » Une diversification qui passe également par un changement de focale sur l’appareil commercial. « Toutes les grandes enseignes sont venues nous voir pour s’implanter. Mais nous sommes suffisamment pourvus. Venelles est dans le top 5 des communes d’Aix-Marseille en termes de variété d’offre commerciale », observe Arnaud Mercier. 

Symbole de cette volonté d’avancer à pas mesurés, l’année 2021 marque le coup d’envoi d’un projet en gestation depuis trois décennies : le quartier des Michelons. Autre projet dans les tuyaux : l’aménagement d’une pièce urbaine mixte sur l’emprise des anciens garages des Bus aixois, au cœur de la zone d’activités du Verdon, au sud de la commune. Au nord du territoire cette fois, Venelles planche sur l’aménagement d’un nouveau quartier dans le secteur de Font Trompette. La commune réfléchit par ailleurs à la réalisation d’une nouvelle gendarmerie.

Autant de projets dont vous retrouverez le détail dans notre carte interactive : 

Cliquez sur les deux flèches en bas à droite pour afficher la carte en pleine page. 

Un nouveau pôle culturel en 2022

Cette stratégie de développement raisonné s’accompagne d’une politique d’investissement - en 2020, Venelles a inscrit 12,5 millions d’euros d’investissements à son budget. En septembre 2020, l’entreprise Sud Construction a lancé les travaux du pôle culturel, en plein cœur de la zone d’activités (voir carte). Conçu par l’atelier d’architecture King-Kong (Bordeaux), cet ouvrage en forme de catamaran de béton clair lèvera le rideau au premier semestre 2022. 

Lire notre article complet sur Venelles dans le n°1398 de TPBM, paru le 7 juillet. Cliquez ici pour plus d'informations sur nos offres d'abonnement, à partir de 20 €/an.
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