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Var : plan de carrière durable pour Someca

La transition écologique n’est pas une vue de l’esprit chez Someca, surtout quand les idées émanent de son directeur général, Frédéric Soulié. La carrière de La Catalane est devenue le site témoin d’un futur durable.
Var : plan de carrière durable pour Someca
D.R. - Someca prend en compte l’environnement autour des carrières.

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Frédéric Soulié, directeur général de Someca, Société méridionale de carrières, revisite à sa façon la notion d’utopie réaliste s’agissant des carrières et surtout de leur avenir corrélé à celui de la ressource naturelle. Le nouvel âge de (la) pierre doit plus que jamais en effet tenir compte de la surconsommation de planète dont nous sommes les acteurs et changer de paradigme. La transition qu’il entend conduire au sein de la société Someca, leader varois de granulats, est triple : décarboner les process de fabrication et le parc machines ; économiser la ressource naturelle en allant de plus en plus loin dans le recyclage ; ajouter de la valeur au territoire. Dans un esprit de société à mission, il chemine de façon avant-gardiste et expérimentale sur l’un des cinq sites d’exploitation de Someca dans le Var, à savoir La Catalane à Callas. Particulièrement impliqué dans l’économie circulaire et le développement durable, initiateur de la fondation Someca en la matière, dont il est secrétaire général, ses avancées vers la carrière idéale du futur sont d’autant plus suivies qu’il préside aussi désormais l’Unicem Paca-Corse, à savoir l’Union nationale des industries de carrières et des matériaux de construction de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse.

Unicem Paca Corse : Frédéric Soulié élu président

Cette inclinaison va s’affiner lors d’une prochaine journée de réflexion collective sur la transformation durable de Someca, le 18 novembre au Clos Pierrepont à Montferrat, en prolongement des ateliers de juin dernier effectués avec ses salariés sur la carrière de demain. Le cercle est élargi au monde associatif, aux élus en charge des politiques locales et nationales, aux fonctionnaires de l’Etat déconcentré, à la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement)… « Cette démarche, appuyée sur des exemples de terrain en France, sur des projections, sur la prise de conscience de chacun des problématiques, et bien d’autres critères, a pour grand dessein d’ouvrir largement le champ des possibles jusqu’à la mise en application de nouvelles manières de faire notre métier », revendique Frédéric Soulié.

Un savoir-faire différent d’autant plus essentiel que l’on sait désormais que l’on abîme l’environnement, tous secteurs confondus, depuis trop longtemps, et surtout qu’il n’y pas de plan B, ou de planète bis, si l’on continue de surconsommer celle-ci, jusqu’à la consumer. « La pierre est en termes d’importance le premier produit après l’eau », explique ce visionnaire dont l’un des vœux est d’ouvrir un jour un centre de formation Someca, histoire de jeter les bases d’une révolution culturelle durable en première intention auprès de ceux qui sont sur le terrain.

Frédéric Soulié, directeur général de Someca. (Crédit : O. Réal)

 

Sens de l’environnement…

Exemplarité bien ordonnée commençant par soi-même, il entend décliner son triptyque idéal à partir des connaissances partagées. Sur l’autonomie énergétique, les idées ne manquent pas, à une époque à la croisée des chemins où les alternatives émergent.

« En substitution de l’énergie fossile, peuvent intervenir du solaire, de l’éolien, voire de l’hydrogène à terme. Le Var est bien placé dans ce domaine compte tenu de la montée en puissance d’une filière portée notamment par la Chambre de commerce et d’industrie. L’hydrogène peut d’ailleurs nous amener vers des solutions qui n’existent pas aujourd’hui. Nous sommes à l’écoute de réponses innovantes. »

Pour l’heure, 450 m2 d’ombrières photovoltaïques sont en cours de création sur le parking voitures du site de La Catalane, qui fait aussi l’objet d’un renouvellement progressif de son parc machines à l’aide d’engins plus sobres en carburant et en carbone.

S’agissant de l’économie de gisement, les marges de progrès portent sur l’optimisation de la ressource naturelle, notamment en intégrant dans les process le recyclage de déchets pour les transformer en produits. « Essayons de faire avec les déchets ménagers de nos territoires de proximité par rapport à nos sites d’exploitation ce que nous réalisons avec les déchets inertes de chantiers, en l’occurrence des matériaux. Nous en sommes capables », prolonge-t-il sa pensée. A l’échelle de La Catalane, 25 000 tonnes de granulats valorisés ont été produits lors du dernier exercice, grâce à l’acquisition d’un groupe mobile et moderne de concassage, contribuant conjointement à préserver la ressource.

Troisième pierre à l’édifice, le projet de territoire.

« Il nous faut travailler sur l’acceptabilité de nos carrières autour de nos sites. Nous devons faire partie du paysage. Nos suivis environnementaux y contribuent, sur la réduction des poussières, du bruit, des vibrations, les contrôles sur la (non)pollution de l’eau, les mesures en faveur de la biodiversité… Sur les 170 hectares de La Catalane, nos actions en faveur de la biodiversité depuis une dizaine d’années ont permis le développement d’espèces protégées que nous avons mis sous surveillance, et dont nous avons facilité l’épanouissement par des actions agropastorales », se réjouit Frédéric Soulié.

Une ouverture à la nature mais aussi potentiellement à la culture, se projette-t-il.

« Dans ces lieux-là, quand l’industrie s’arrête, tout est silencieux. C’est solennel. Il serait extraordinaire dans faire le théâtre d’événementiels de temps en temps. »

… et de l’humain

Toutes ces envies, idées, projections futuristes, croyances dans la résilience du territoire, ne sont pas incompatibles avec l’activité bien entendu, qui fait vivre le groupe, les salariés, leurs familles, les fournisseurs… « Il est important de démontrer que ces évolutions nous permettent non seulement d’être toujours aussi rentables mais également beaucoup plus pertinents sur le bien-être des gens et de leur environnement. C’est une remise en question de nos pratiques habituelles et anciennes par un changement de vision, mais le business demeure. Nous sommes le premier acteur de l’acte de bâtir, nous avons le pouvoir, le devoir au regard de ce que nous savons sur la dégradation de la planète, de penser différemment, collectivement, solidairement. Mes échanges avec les scientifiques, les aménageurs, les spécialistes du réseau Gasbi [Groupe d’échanges entre aménageurs et scientifiques, NDLR] dans la région, entre autres interlocuteurs, m’encouragent à œuvrer ainsi, à expérimenter, pour mieux essayerensuite dans mes autres sites, puis auprès de mes confrères de l’Unicem et plus largement. »

Des aspirations qui rejoignent les valeurs de l’entreprise et s’accordent avec celles des jeunes générations, dont les plans futurs de carrières ont plus que jamais besoin de sens !

Basée à Brignoles, l’entreprise Someca compte une dizaine de sites d’exploitation dont cinq carrières classées ICPE (Installation classée pour la protection de l’environnement). Certifiée ISO 14001 charte environnement sur l’ensemble de l’activité, elle réalise 45 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 120 salariés. Ses actionnaires principaux sont Sotem (groupe Garrassin), Colas et Cemex.

  

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