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L'association Echanges paysans Hautes-Alpes se positionne depuis 2012 comme une interface entre les agriculteurs bio ou conventionnels du département et la restauration collective, dans une logique de commerce équitable.
Valoriser la production locale : le pari réussi d'Echanges paysans

EconomieHautes-Alpes Publié le ,

Soutenir l'agriculture locale, en aidant les producteurs du département à trouver des débouchés commerciaux vers des marchés auxquels ils n'avaient pas accès, notamment ceux de la restauration collective : c'est l'objectif que s'est fixé l'association Echanges paysans Hautes-Alpes. Une démarche de soutien et de développement des territoires qui s'inscrit pleinement dans les valeurs de l'économie sociale et solidaire, auxquelles se réfèrent les fondateurs de cette plate-forme, dont un des enjeux est de rémunérer au juste prix les producteurs de montagne. Produits maraîchers, laitiers ou carnés mais aussi vins, fruits et épicerie sèche… sont collectés chaque jour et distribués auprès des clients, pour l'essentiel des restaurants scolaires mais aussi des établissements touristiques ou de santé des Hautes-Alpes et de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

« Nous nous appuyons sur un réseau d'une soixantaine de producteurs ou de transformateurs locaux, adhérents de l'association qui n'auraient pas été en mesure de répondre aux marchés publics des collectivités locales ou territoriales en raison de leur taille réduite ou de leurs capacités de production », précise Arnaud Chary, le directeur de la structure. Un paradoxe, alors que la demande de la part de ces dernières pour la fourniture de produits locaux ou issus de circuits courts augmente depuis plusieurs années, particulièrement depuis les Etats généraux de l'alimentation. Ces derniers ont en effet débouché sur une loi dont l'un des objectifs est de passer la part des produits bio, locaux ou écologiques inscrits dans les menus de la restauration collective à 50 % d'ici la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron.

Un catalogue de plus de 500 références

« Echanges paysans Hautes-Alpes assure un rôle de semi-grossiste », indique Arnaud Chary. Quelque 260 tonnes de marchandises ont ainsi transité l'an dernier, via sa plate-forme logistique basée à Gap, avant d'être livrées aux différents clients par l'association, dans les Hautes-Alpes et l'Ubaye, et par un transporteur pour le reste de la région, essentiellement le Var et les Alpes-Maritimes. La structure effectue en parallèle, depuis sa création en 2012, un travail de sourcing qui lui permet désormais de proposer un catalogue de plus de 500 références. Un volume qui évolue évidemment en fonction des saisons. Pour ses approvisionnements en produits issus de l'agriculture biologique, l'association s'appuie en partie sur Biocoop restauration, la filiale dédiée à la restauration collective du distributeur, « un partenariat qui nous permet de compléter notre offre locale », note Arnaud Chary.

Huit ans après sa création, Echanges paysans Hautes-Alpes est parvenue à un équilibre financier. « Nous sommes pérennes depuis 2018 », confirme son directeur qui annonce un chiffre d'affaires d'un million d'euros en 2019, en hausse de 18 %. Pour l'année en cours, la croissance devrait être en revanche plus réduite avec + 7 %. « La crise de la Covid au printemps, avec la fermeture des établissements scolaires, nous a pénalisés. Mais le secteur touristique nous a permis de rebondir et de compenser cette baisse d'activité », se réjouit Arnaud Chary, dont la structure emploie sept salariés dont six Equivalents temps plein (ETP), et ambitionne désormais d'abandonner le statut associatif, pour celui de SCIC (Société coopérative d'intérêt collectif).

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