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Hautes-Alpes Urbanisme : de l'intérêt de réaliser des études de programmation pour les communes

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Urbanisme : de l'intérêt de réaliser des études de programmation pour les communes
M.-F. Sarrazin - Retour d'expérience avec les élus des communes concernées par les études de programmation.

Le syndicat mixte du Scot (schéma de cohérence territoriale) de l'aire gapençaise accompagne financièrement et techniquement dix communes pilotes dans des études de programmation. Les maires concernés y trouvent de nombreux avantages.

Le syndicat mixte du Scot (schéma de cohérence territoriale) de l'aire gapençaise organisait jeudi 28 juin un séminaire sur les opérations d'aménagement et les enjeux d'un partenariat entre public et privé. A ce titre, la démarche initiée par le Scot autour de dix études de programmation urbaine (d'un coût de 250 000€, subventionnés par l'Etat, la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement, la Région) a été détaillée et débriefée par les maires concernés. Elles ont été réalisées entre janvier et juin 2018 et concernent aussi bien des projets de traitement des traversées d'agglomération, que de construction dans la pente ou encore de vitalité commerciale.

« Ces études de programmation permettent aux élus de se réapproprier les opérations d'urbanisme car j'avais l'impression qu'ils les laissaient se réaliser sans s'en mêler », intervient le président du Scot, Carmine Rogazzo, par ailleurs président de la communauté de communes du Champsaur-Valgaudemar.

Recadrer les priorités et leur faisabilité

C'est aussi l'occasion de bénéficier d'un regard extérieur professionnel et de recadrer les priorités et leur faisabilité. Le cas exposé par le maire de Châteauvieux Jean-Baptiste Aillaud l'illustre bien. « Le bureau d'études nous a permis de nous rendre compte qu'il fallait densifier plus fortement que ce que nous avions prévu initialement. Nous comptions réaliser cinq ou six logements. Nous en sommes aujourd'hui à 14 sur un terrain de 5000 m² très pentu, d'un dénivelé de 12 mètres. Au-delà de la problématique de la densification, les techniciens nous ont alertés sur les problèmes de co-visibilité. Il faut que les constructions existantes ne soient pas gênées par les futures et sur ce volet, la modélisation 3D nous a beaucoup aidés ».


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Quant au projet de requalification de Rousset, l'adjointe Aline Mora confie que le conseil municipal « avait commencé à faire une étude farfelue en revoyant l'usage de tous les bâtiments. C'était irréalisable ».

Autre configuration à La Bâtie-Neuve dont la population a fortement augmenté en 30 ans. « Au fur et à mesure, nous avons ajouté des ailes successives à l'école, sans penser globalement au développement de notre village, concède l'adjoint Alain de Santini. Là, nous avons tout recadré dans un même projet : le logement social, le logement pour personnes âgées, le commerce, les professions libérales. Cette étude nous a permis de nous projeter à cinq ou dix ans. »

Après la fusion avec deux autres communes, Saint-Bonnet-en-Champsaur a dû refaire son plan local d'urbanisme (PLU).

« Il a fallu repenser entièrement notre urbanisme. Avant, quand nous avions du terrain constructible, nous faisions du lotissement au coup par coup ; ça ne coûtait pas cher à la commune, avoue le maire Laurent Daumark. Mais lorsque des maisons viennent s'installer entre deux lotissements, il y a des conflits de voisinage. Et puis les bailleurs sociaux ne veulent plus venir chez nous car nous avons déjà beaucoup de logements sociaux. Quant aux promoteurs, ils veulent du pavillonnaire. C'est compliqué. Une agence d'urbanisme de Grenoble est donc venue travailler sur la densification et la forme urbaine. »

« Faire des études, c'est accepter de prendre des risques »

Pour le maire d'Aubessagne Richard Achin, « il est important de laisser à nos successeurs des études pour avoir une vision sur le long terme ». C'est aussi un facilitateur pour obtenir des financements selon Laurent Daumark.

Auparavant sceptique, Jean-Baptiste Aillaud est désormais convaincu par les études de programmation : « Finalement, c'est une meilleure gestion des fonds publics. Mais c'est aussi accepter de prendre des risques. Le risque de s'entendre dire que notre idée n'est pas bonne, que nous partons sur la mauvaise voie. Ces études nous mettent face à nos responsabilités. La prise de risque est aussi la marque de ce que nous laissons car les projets sont là pour durer. »

Retrouvez prochainement dans l'édition papier le détail de ces dix projets. Cliquez ici pour plus de renseignements sur nos offres d'abonnement (à partir de 20€/an).



M.-F. Sarrazin
Journaliste

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