AccueilEconomieUne cellule de crise face au « tsunami économique » qui attend les Hautes-Alpes

Une cellule de crise face au « tsunami économique » qui attend les Hautes-Alpes

Une réunion de crise s'est tenue le 21 janvier à Gap pour réagir au plus vite face aux conséquences économiques désastreuses qu'implique la non ouverture des remontées mécaniques pour le département des Hautes-Alpes.
Une cellule de crise face au « tsunami économique » qui attend les Hautes-Alpes
CCI 05 - Eric Gorde, Patrick Ricou, Jean-Marie Bernard et la préfète Martine Clavel.

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Autour de la table, jeudi 21 janvier, à l'Hôtel du Département à Gap, figuraient tous les acteurs économiques, politiques et institutions directement concernées (Chambre de commerce et d'industrie, Agence de développement, UPE, Ecole du ski français, Domaines skiables de France, Département, comité local des banques, Banque de France, Direccte), le sénateur ainsi que la préfète pour réfléchir à un plan d'action après la décision du gouvernement de ne pas ouvrir les remontées mécaniques.

« Le gouvernement n'a pas pris la mesure du poids des stations dans l'économie locale, ni des interactions entre les secteurs d'activités. Nous l'avons pourtant alerté avec force sur cette spécificité de nos territoires. Cela n'a pas été entendu. Les conséquences sociales de son choix seront terribles. Il devra en rendre compte car il en porte l'entière responsabilité. Pour rappel, les Hautes-Alpes comptent 27 stations de ski. Les sports d'hiver sont le premier secteur d'activité, avec 12 000 emplois directs, génèrent les deux tiers du chiffre d'affaires touristique annuel (850 M€ de retombées économiques), soit 35 % du PIB du département et une forte capacité d'entraînement sur les autres secteurs d'activités », indiquent Patrick Ricou et Yvan Chaix, respectivement président et directeur de l'Agence de développement.

« Aujourd'hui, l'heure est donc très grave et il nous faut allier nos forces pour obtenir le plus rapidement et efficacement les aides et dédommagements de l'État en rapport avec cette annonce », estime Jean-Marie Bernard, président du Département.

« Le département le plus impacté de France »

Ainsi un observatoire économique va-t-il être créé, une cellule de crise pilotée par la CCI et l'Agence de développement pour chiffrer les pertes et faire remonter toute demande d'entreprise ou collectivité. « Nous nous positionnons en facilitateur afin de récupérer un maximum d'aides et éviter les dépôts de bilan », résume le président de la CCI, Eric Gorde. Car le premier plan de 400 M€ censé compenser les pertes induites par la fermeture des remontées lors des vacances de Noël est « non seulement insuffisant, mais surtout, nous constatons que des entreprises, dont le siège social se trouve en dehors des stations, mais qui travaillent pourtant en station, ne sont pas éligibles à ces aides ».

Cette cellule va également mener une très grande enquête auprès des 11 000 entreprises du département via un formulaire de 40 à 50 questions. « Nous allons les interroger sur leur situation financière, si elles comptent maintenir, annuler ou reporter leurs investissements ou leurs embauches, si elles ont eu recours aux divers dispositifs d'aides... Il nous faut absolument parvenir à cartographier l'impact de cette fermeture des remontées. Remplir ce document est donc vital car derrière, il s'agit d'un tsunami pour tous nos secteurs d'activités, y compris le BTP », poursuit Eric Gorde.

Tous les acteurs impliqués dans la démarche vont ensuite travailler sur un plan Marshall de la montagne pour les deux à trois ans qui arrivent.

« Nous savions que le réchauffement climatique nous imposerait de revoir ce modèle économique qui fonctionnait depuis des décennies. On se rend compte, avec la fermeture des remontées, que le ski alpin reste la locomotive de notre économie, vu la baisse de fréquentation drastique pendant les vacances de Noël. Il est compliqué d'avoir un modèle économique sans ski. Contrairement à la Savoie, la Haute-Savoie et l'Isère, nous n'avons pas d'industrie et ne sommes pas à une demi-heure des métropoles. Nous sommes le département le plus impacté de France par cette décision du fait de notre mono-activité. Il faut donc nous aider en priorité. Le plan doit être massif et rapide », considère Eric Gorde.

La CCI et l'Agence de développement étudient la forme que prendra cette cellule et les moyens humains et financiers qu'elle va imposer.

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