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Un périmètre d'attente pour Le Corbusier

Le projet controversé d'urbanisation des abords de la Cité radieuse a suscité son flot d'observations de la part des riverains et des défenseurs du patrimoine architectural.
Un périmètre d'attente pour Le Corbusier
J. Ph. PIERRAT - La commission d'enquête du PLUi de Marseille-Provence se penche sur le projet d'urbanisation autour de la Cité radieuse.

UrbanismeBouches-du-Rhône Publié le ,

Le projet d'urbanisation décliné dans le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de Marseille-Provence au travers d'une « OAP » (opération d'aménagement et de programmation) menace-t-il le classement de l'oeuvre du Corbusier au patrimoine mondial de l'UNESCO ? La commission d'enquête, qui a rendu son rapport le 13 mai ne se prononce pas sur le fond de l'affaire, mais émet une réserve assortie d'une recommandation : « instaurer un périmètre d'attente sur le secteur le temps de mener la réflexion pour les études nouvelles et complémentaires et d'engager une large concertation avec la population, l'UDAP [Unité départementale de l'architecture et du patrimoine, ndlr], Le CIQ Sainte-Anne/Saint-Giniez, les riverains, les représentants de l'UNESCO et les conseils syndicaux du Corbusier et du Brasilia ».

1 000 logements ?

Cette proposition n'émeut guère Laure-Agnès Caradec, la vice-présidente (LR) déléguée à l'urbanisme du conseil de territoire Marseille-Provence. « Ça nous va », réagit l'élue avant de renouer le fil de l'histoire. « A l'origine, le zonage du PLU permettait une forte densification avec un potentiel de 2 000 logements sur les trois grands tènements fonciers situés entre la Cité radieuse et le Brasilia. C'est justement pour éviter cet excès que nous avons mandaté une équipe d'urbanistes* pour élaborer un plan guide organisant l'aménagement de la trentaine d'hectares du secteur ».

Ce travail s'est concrétisé par une OAP qui fixe une constructibilité deux fois moins importante que dans le PLU initial : « On est sur une jauge d'environ 1 000 logements avec un aménagement paysager qui dégage des cônes de vues, des espaces en pleine terre, des solutions de mobilité douce... L'OAP apporte une vraie plus-value au quartier. Mais la réflexion n'est pas aboutie. On doit continuer à réfléchir avec la Drac [Direction régionale des affaires culturelles, ndlr] et les urbanistes », affirme l'adjointe marseillaise. En martelant un engagement : « Il est hors de question de faire perdre le label UNESCO ».

L'élue est plus réticente par contre vis-à-vis de la réduction de l'altimétrie des constructions préconisée par la commission : « limiter la hauteur du bâti à 6 niveaux n'est pas la solution. L'important est de fixer de grands principes d'aménagement avec des hauteurs variables, en préservant des vues sur le grand paysage », avance-t-elle.

* L'équipe regroupe Martin Duplantier Architectes, Anouk Debarre Paysagiste, Alphaville (Programmation urbaine), EGIS Villes & Transports (BET VRD, expert déplacement, chiffrage), GINKGO (Conseil juridique)

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