AccueilDroit et chiffreTribunal judiciaire de Gap : quelles priorités pour 2021 ?

Tribunal judiciaire de Gap : quelles priorités pour 2021 ?

Le procureur Florent Crouhy a profité de l'audience solennelle de rentrée du tribunal judiciaire de Gap, tribunal désormais présidé par Sophie Boyer, pour dresser le bilan de 2020 et lister ses projets pour 2021.
Tribunal judiciaire de Gap : quelles priorités pour 2021 ?
D.R. - Sophie Boyer est la nouvelle présidente du tribunal judiciaire de Gap.

Droit et chiffreHautes-Alpes Publié le ,

A année inédite, procédure inédite. L'audience solennelle de rentrée du tribunal judiciaire de Gap s'est déroulée le 29 janvier à huis clos, mais a été retransmise sur internet.

2020 n'aura pas été un long fleuve tranquille, débutée par un mouvement de grève des avocats face à la réforme des retraites, avant deux mois de confinement dur. « Le retard accumulé entre mars et mai a été intégralement résorbé et la juridiction fonctionne quasi normalement », assure le vice-président, Jean-Paul Patriarche. En cette année bouleversée, l'activité pénale n'a pas faibli, comme le note le procureur de la République, Florent Crouhy. En 2020, 9 786 procédures ont été reçues et traitées, contre 9 427 en 2019. « Cette augmentation montre que la localisation d'un quatrième magistrat au parquet est indispensable pour travailler dans de bonnes conditions », insiste-t-il.

En revanche, l'activité du tribunal correctionnel a diminué : 1 090 jugements ont été rendus contre 1 463 en 2019. « Le parquet a maintenu une politique de fermeté à l'intention des personnes commettant les faits les plus graves ou en récidive, avec 54 comparutions immédiates en 2020. Ce mode de poursuite restera prioritaire en 2021 », promet le procureur, qui remarque également la présence de faits plus graves.

La délinquance a reculé de 13 %, « pourtant, le nombre de mises en cause est resté quasi-équivalent à l'année précédente et le nombre de gardes à vue est passé de 392 à 415 », observe le procureur.

« Un budget de la justice particulièrement insuffisant »

Florent Crouhy évoque deux priorités en matière de politique pénale cette année. La première concerne la lutte contre les violences intrafamiliales, exacerbées par les confinements. « Depuis le début de l'année, nous disposons d'un nouvel outil de protection des victimes, le bracelet anti-rapprochement, qui vient compléter le dispositif téléphonique Grave danger. » La deuxième cible est la lutte contre le trafic de stupéfiants, « en constante augmentation depuis de nombreuses années selon des modes opératoires de plus en plus diversifiés et complexes ». Le procureur a ensuite annoncé la mise en place d'un stage de sensibilisation à la préservation de l'environnement pour les auteurs d'infractions en la matière.

Au titre des autres nouveautés de 2021, figurent l'installation d'un délégué du procureur délocalisé à Embrun et le développement de nouveaux partenariats. « L'amélioration de l'accueil et de la prise en charge des victimes dans les hôpitaux du département, et la mise en place d'un service de médecine légale font partie des projets en cours de réflexion. »

Le bâtonnier Priscillia Botrel s'est peut-être montrée pleine d'espoir pour son barreau « qui a démontré cette année son courage, sa ténacité et sa pugnacité dans l'adversité ». Mais, franchement inquiète pour l'avenir, considérant la justice du XXIe siècle comme « un joli rêve encore loin d'être abouti », un accès à la justice pour les plus pauvres menacé et « un budget particulièrement insuffisant ».

Sophie Boyer, nouvelle présidente du tribunal judiciaire

Après sept années de présidence du tribunal judiciaire de Gap, Isabelle Defarge a cédé sa place à Sophie Boyer, officiellement installée depuis le 27 janvier. Diplômée de l'Ecole nationale de la magistrature en 2007, Sophie Boyer a débuté en qualité de substitut placé auprès du procureur général d'Aix-en-Provence, avant de rejoindre le parquet de Draguignan en 2009. En 2012, elle devient juge au tribunal de grande instance de Marseille, puis vice-présidente chargée des fonctions de l'application des peines au tribunal de Toulon en 2015. Elle revient à Marseille en 2016 en qualité de vice-présidente chargée du secrétariat général de la présidence, et, depuis 2019, occupait le poste de conseillère à la cour d'appel d'Aix-en-Provence comme chargée de mission auprès du premier président.

Isabelle Defarge a pour sa part rejoint la chambre sociale de la cour d'appel de Grenoble en tant que conseillère.

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?