AccueilDroit et chiffreTribunal de commerce de Toulon : William Reich veut préserver l'entreprise et l'humain

Tribunal de commerce de Toulon : William Reich veut préserver l'entreprise et l'humain

Très impliqué dans son rôle de juge depuis 2005 et de président du tribunal de commerce de Toulon depuis 2012 (réélu en 2019 pour quatre ans), William Reich est attaché à la prévention, des entreprises et des personnes.
Tribunal de commerce de Toulon : William Reich veut préserver l'entreprise et l'humain
O. Réal - William Reich, président du tribunal de commerce de Toulon.

Droit et chiffreVar Publié le ,

La lecture du bilan annuel du tribunal de commerce de Toulon (dévoilé récemment lors de l'audience solennelle de rentrée 2021 en format restreint) démontre que 2020 sort de l'ordinaire aussi sur le plan de la justice commerciale. L'an dernier, grâce aux aides de l'Etat (PGE, chômage partiel, report des charges), et considérant que les organismes sociaux n'assignent plus, le nombre de procédures collectives a été quasiment divisé par deux, soit 311 contre 572 et seulement huit conciliations contre 23 ont été réalisées. En contentieux, le nombre d'affaires enrôlées au fond a diminué de 508 à 418, mais le stock a augmenté de 470 à 542, tandis que les injonctions de payer ont baissé de 39 %, à 872 contre 1 439 en 2019. Sur l'extra-judiciaire, le nombre de formalité s'est réduit de 23 366 à 18 019, la création de sociétés commerciales a baissé de 19 %...

« Cela a eu le mérite de nous faire réfléchir sur la digitalisation du tribunal, avec la mise en place, entre autres initiatives, de visio-conférences pour les audiences de contentieux et de procédures collectives, de réunions du tribunal également en visio, le déploiement du tribunal digital, la saisie des formalités via le site Infogreffe », explique William Reich. Le président du tribunal de commerce réfléchit aussi à l'après crise.

« Nous arrivons à la première échéance annuelle des PGE, sachant que le gouvernement a donné la possibilité de proroger d'un an et de rembourser à crédit sur un à cinq ans. Les mesures de soutien prises par notre pays ont été tout à fait exceptionnelles et rares dans le monde, mais il faudra bien en sortir. Certains dirigeants y arriveront, d'autres auront du mal, tout comme les pouvoirs publics qui risquent d'avoir des difficultés en haut lieu à présenter la facture deux mois seulement avant la présidentielle de 2022. Ce ne sera plus la même donne avec cette échéance politique. Le sujet va faire beaucoup parler d'ici là, sachant que préserver l'entreprise c'est préserver l'emploi, la création de richesses, le pouvoir d'achat des salariés… », pose-t-il en débat.

APESA pour les chefs d'entreprise en danger

Conjointement à la préservation de l'entreprise, William Reich et ses confrères juges impliqués à ses côtés se préoccupent de la détresse psychologique du chef d'entreprise, prenant très au sérieux les alertes sur la santé de dirigeants de PME allant jusqu'au suicide ! Une situation que la conjoncture risque d'aggraver. « Le chef d'entreprise investit non seulement des capitaux mais aussi sa vie entière, 24h/24, ses biens également, en caution. Les conséquences d'échecs sont parfois dramatiques. Notre institution a rejoint d'autres tribunaux de commerce et créé une association loi 1901 avec comme membres fondateurs Madame la députée de la 1ère circonscription de Toulon Geneviève Levy, Monsieur le procureur de la République Bernard Marchal, Monsieur le président de l'association des juges consulaires Olivier Bonnet et moi-même, afin de mettre en avant le dispositif APESA. Lequel apporte une aide psychologique aux chefs d'entreprise en danger et détresse psychologique. »

Enfin, souhaitant rapprocher le tribunal du monde économique, le président va organiser des réunions régulières avec le barreau de Toulon, des auxiliaires de justice, des juges et toutes les instances voulant agir dans l'intérêt des entreprises.

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?