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Travaux publics : un été en pente douce

Var le - - BTP

Travaux publics : un été en pente douce
O. Réal - Les TP appréhendent la rentrée.

Alors que l'on s'attendait à un été de rattrapage d'activité dans les TP, sans arrêt, le mois d'août s'annonce finalement plus calme que prévu. Histoire de prendre des forces, y compris morales, dans la perspective de l'automne et de l'hiver.

Président de la section Travaux publics de la Fédération du BTP du Var, délégué régional des Recycleurs Paca, dirigeant d'une plate-forme de traitement/recyclage des produits inertes de chantiers à La Seyne (3AG Recyclage), Antoine Gonzalez est en première ligne des frémissements de son secteur. « En mars, avril et même mai dernier, les chefs entreprises étaient persuadés que l'été allait se dérouler à un rythme soutenu d'activité compte tenu du retard accumulé », soutient-il. « Nos instances avaient même demandé aux collectivités d'accepter des dérogations de travaux dans cette période estivale généralement réduite ».

Or, juin est probablement le plus gros mois réalisé depuis 5 ans, avec 20%, voire 25% de volume supplémentaire, tandis que juillet est en légère baisse. Août va ralentir encore, et nombre d'entreprises vont s'arrêter au moins deux semaines, histoire de permettre aux ressources humaines de se détendre. Les dirigeants ayant besoin pour leur part de se préparer moralement à une rentrée de tous les dangers par rapport à la conjoncture qui se profile. En effet, la carence d'appels d'offres publics et d'instruction des dossiers (permis, recours, autorisations diverses…) durant le confinement fait craindre une vague particulièrement creuse en octobre/novembre. D'où l'envie, muée en option stratégique, de réduire la voilure de production en gardant des chantiers sous le coude. Une véritable poire pour la soif, conjointement à une légitime détente pour tous, car la violence du déconfinement forcé avant tout le monde, pour raison économique d'Etat, a créé du stress et laissé des traces.

Trous d'air d'ici l'hiver ?

« Il y a une réelle inquiétude pour cet automne, et même pour cet hiver en conséquence directe de cet arrêt brutal qui ne sera pas comblé, en tout cas qui n'en prend pas le chemin. D'autant que les élections municipales à rallonge, et le temps long qui en a découlé pour la mise en place des intercommunalités, rajoutent à ce ralentissement de la commande publique. Ce qui est inévitablement préjudiciable pour les TP. Considérant que les commissions d'appels d'offres ne se réuniront pas pour la plupart avant fin août, les retards vont s'accumuler. L'impact est direct pour le secteur puisque 70% de nos activités sont liés à la commande publique, et notamment au bloc communal ».

En outre, Antoine Gonzalez constate une double peine puisque le manque de dossiers est alourdi par l'allongement des délais de réponse aux nouveaux appels d'offres, jusqu'à deux mois au lieu de deux à trois semaines. Les demandes de retour à la normale, notamment formulées par le président de la Fédération du BTP du Var, Jean-Jacques Castillon, sont pour l'instant restées lettres mortes.

« Les conséquences de cette accumulation de retards sont inéluctables, entre Covid, arrêt, ralentissement de la commande publique, organisation plus étalée des chantiers en raison des mesures sanitaires, 2020 sera en recul de 15% à 20% minimum, si tout va bien d'ici la fin de l'année », explique Antoine Gonzalez.

Certes, l'activité était florissante avant les événements, ce qui constitue un certain amortisseur économique, malgré une dégradation régulière ces dernières années de l'investissement public dans les infrastructures routières, ouvrages d'art et autres réseaux d'eau. Mais les perspectives d'investissement et d'embauches, alors importantes (avant la crise, chaque entreprise de TP était en phase de recrutement moyen de 10% de ses effectifs), sont interrompues pour l'instant, y compris les contrats d'apprentissages malgré les aides d'Etat. « Si les marchés ne sont pas au rendez-vous, la perfusion d'aides ne sert à rien », renchérit-il. « Les jeunes poussent les portes des CFA mais les entreprises ne sont pas - plus - en mesure de recruter. Or, il y a un réel besoin de renouvellement de la pyramide des âges au regard de l'âge moyen des compagnons. Les blocages actuels ont des répercussions en chaîne dans le temps ».

Reste qu'il ne faudrait pas grand chose du côté des maîtres d'ouvrage pour relancer rapidement la machine, limiter les trous d'air et permettre aux TP de mieux respirer. Ne serait-ce que pour l'intérêt général économique et social…




Olivier Réal
Journaliste

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