AccueilTerritoiresTransition énergétique : comment le territoire de Serre-Ponçon utilise l'innovation

Transition énergétique : comment le territoire de Serre-Ponçon utilise l'innovation

Pour optimiser la gestion de l'énergie, de l'eau, des déchets et des mobilités, la communauté de communes Serre-Ponçon mise sur l'internet des objets et l'intelligence artificielle.
La technologie permet, par exemple, d'optimiser la consommation énergétique des remontées mécaniques.
Office de tourisme des Orres - La technologie permet, par exemple, d'optimiser la consommation énergétique des remontées mécaniques.

TerritoiresHautes-Alpes Publié le ,

« La technologie, ce n'est pas tout, mais c'est indispensable à la transition écologique des stations », nous avait confié Yann Bidault, chef de projet Ocova, avant la tenue de ce forum dédié à l'innovation en montagne. Pour entamer une transition écologique, il faut, au préalable, disposer d'un état des lieux précis, scientifique, et donc de données collectées à partir de tout ce que peut offrir l'internet des objets et l'intelligence artificielle. Ces données, provenant d'acteurs divers, doivent être partagées pour aboutir à une politique réellement efficace, et étendue, pas seulement à l'échelle d'une station, mais d'un territoire plus large.

« A Ocova, nous bâtissons la montagne de demain »

C'est ce qu'expérimente actuellement la communauté de communes de Serre-Ponçon (CCSP), sous l'égide de Pierre Vollaire, maire des Orres, vice-président de l'intercommunalité en charge de la transition économique et numérique, et organisateur du forum Ocova. Alors qu'il a fait de sa station un laboratoire en la matière, il a bien l'intention d'étendre cette dynamique à la vallée tout entière. L'idée étant d'élargir par la suite ce concept de territoire intelligent. Cette démarche a été présentée lors du forum Ocova par Léa Duran, scientifique de la donnée au sein de l'entreprise de services numériques Atos (Montpellier).

Quatre sessions de travail se sont tenues depuis le mois d'octobre sur l'émergence de cas d'usage associant l'intelligence artificielle et l'internet des objets pour optimiser la gestion de l'énergie, de l'eau, des déchets et des mobilités dans ce territoire. La CCSP et Atos ont réussi à réunir autour de la table la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Veolia, la commune des Orres, les autocars Imbert, le SyMEnergie 05, le Smadesep (Syndicat mixte d'aménagement du lac de Serre-Ponçon), les entreprises Api-k (qui sécurise les activités outdoor de loisirs et les professionnels), GEG (Gaz électricité de Grenoble) et EGM (collecte et traitement intelligent des données).

« Le premier atelier visait à balayer ces thématiques pour préciser le cadre, identifier les besoins, les données disponibles et commencer à imaginer des solutions. Nous avons listé plusieurs sous-thématiques », détaille Léa Duran.

La collecte des données et le financement comme nerfs de la guerre

Lors du deuxième atelier, consacré à l'énergie, le groupe a listé toutes les énergies renouvelables en production sur le territoire, les potentiels de production en hydroélectricité, les gros postes de consommation, la détection des anomalies. Pour des questions de disponibilité de la donnée à court terme, le groupe semble s'orienter vers le choix de l'ombrière du parking-relais de Baratier comme cas d'usage.

Même démarche sur la question de la ressource en eau. « Nous avons parcouru tous les besoins, cartographié les ressources en eau, ses utilisations en matière d'eau potable, d'irrigation, de production de neige de culture, de sports nautiques et d'eaux vives. » Des cas tests ont émergé au regard de la donnée disponible : la source de Jérusalem, aux Orres, la chute des Salettes sur le torrent de Vachère, le torrent de Corbières, pour développer des applications prédictives. Le groupe s'intéressera aussi à la consommation et à la détection des fuites. Un autre cas d'usage stratégique s'articulera autour de la variation du niveau du lac de Serre-Ponçon, un enjeu économique majeur comme l'a montré l'épisode de sécheresse intervenu cet été.

Connaître les conditions de circulation en temps réel pour mieux informer l'usager et l'inciter à prendre les bonnes décisions, c'est ce que vise la CCSP. (Crédit : M.-F. Sarrazin)

Le dernier atelier portait sur les mobilités. « Nous avons identifié les axes clés, les points de blocage. » Pour informer au mieux l'usager sur l'état du réseau et l'inciter à prendre la bonne décision, l'équipe travaillera sur les conditions de circulation en temps réel, d'accès aux stations et les capacités de stationnement.

« On peut avoir des solutions intégrées à des caméras de surveillance pour connaître l'état de remplissage d'un parking ou le trafic routier. On peut aussi s'appuyer sur les connexions bluetooth pour avoir une idée de la fréquentation des personnes dans divers espaces et extraire d'autres informations comme les temps de stationnement, les types de véhicule présents. On peut venir implémenter, dans un deuxième temps, des applications prédictives sur la circulation et le stationnement », indique Léa Duran.

Au total, 25 cas d'usage ont émergé. C'est un début. Tout repose sur la collecte de l'ensemble des données disponibles. Sur le financement également. « Il faut arriver à obtenir des programmes européens pour accélérer la mise en place de ces outils, sans quoi nous ne pourrons pas atteindre les objectifs fixés », juge Pierre Vollaire.

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