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Toulon Provence Méditerranée : deux TCSP sinon rien

A l’échelle de la Métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM), les Transports en commun en site propre (TCSP) marchent par deux, concernant les liaisons terrestres et maritimes. Trente-trois millions de voyageurs empruntent le réseau Mistral.
La rade de Toulon, au cœur de nombreux enjeux d’infrastructures.
Olivier Réal - La rade de Toulon, au cœur de nombreux enjeux d’infrastructures.

TerritoiresVar Publié le ,

La feuille de route du Plan de déplacements urbains de la Métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM) est explicite en termes d’écomobilité à l’horizon 2025 : réduire à 50 % les déplacements en véhicules personnels, contre 59 % en 2008, augmenter à 10 %, contre 5,9 %, l’usage des transports en commun. L’enjeu est de taille, sachant que le réseau public Mistraltransporte déjà sur les voies terrestres 33 millions de personnes par an, auxquelles il faut ajouter cinq millions de passagers sur les lignes ferroviaires. « A mi-parcours de ce plan sur 10 ans, 50 % des objectifs sont atteints, cela veut dire que l’on ne s’est pas trompé sur la marche à suivre et sur l’adaptation des outils de déplacement », souligne Yannick Chenevard, 1er adjoint à Toulon en charge notamment de la mobilité durable, vice-président de la Métropole. Ce monsieur transports, réseaux et sécurité civile aux côtés d’Hubert Falco, maire de Toulon et président de TPM depuis plus de 20 ans, englobe toujours dans ses réflexions de déplacements la Région avec le dispositif ZOU et le TER qui transforment l’approche en « RER Métropolitain ». La future infrastructure de halte multimodale Sainte-Musse, en cours de réalisation à proximité immédiate du centre hospitalier et de l’A57, en est la parfaite illustration (11,2 M€, livraison en décembre).

Toulon : la halte ferroviaire de Sainte-Musse en chantier

Une approche RER

L’approche RER s’effectue à l’échelle de 44 communes et 600 000 habitants (soit 60 % de la population varoise). « Cette connexion entre les 15 gares de ce périmètre (sept dans TPM, une huitième peut-être au quartier de l’Escaillon) est essentielle car cela facilite la vie des gens qui, sinon, viendraient travailler en voiture. La fréquence, toutes les 15 minutes, la possibilité de mettre le vélo dans le train ou de compléter le trajet par le bus, permettent cette alternative. Nous avons beaucoup avancé de concert avec la Région dans la perspective de la Ligne nouvelle ferroviaire. Pour ce faire, nous nous appuyons également sur des enquêtes mobilité ». La dernière, en phase d’analyse, fait notamment apparaître qu’aujourd’hui 70 % des personnes qui se déplacent dans TPM (12 communes) viennent de l’extérieur, d’où la prise en considération élargie des flux.

Dans le même état d’esprit de proximité et de réponse aux besoins, la Métropole lance une connexion en site propre par navette électrique entre la gare de Hyères et l’aéroport Toulon-Hyères (sur un peu plus de 5 km). « L’enjeu est dans la connexion entre toutes les infrastructures en multipliant ces exemples. C’est la résultante de 15 ans de travail sur le sujet », plaide-t-il. De même que le futur arrêt de bus sur l’A57 en travaux d’élargissement à deux fois trois voies est une connexion innovante en France qui s’inscrit dans une stratégie d’ensemble et dans le bon tempo. « Cela n’est possible qu’avec une coopération parfaite entre tous les acteurs, toutes les collectivités, considérant en outre que tous les trafics vont monter en puissance. La Région, dont c’est la compétence, participe d’ailleurs largement financièrement avec la Métropole au développement des pôles d’échanges, comme celui de Hyères pour lequel nous allons consacrer plus de 20 millions d’euros, ou celui de la gare de La Pauline, à La Garde, dans le cadre de la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur. Nous combinons les opérations. »

La mise en place du TCSP côté est de Toulon est liée à la fin du chantier de l’A57 (Crédit : D. R.)

Toulon : « L’élargissement de l’A57 est une première du genre ! »

Un BHNS nommé désir

L’opération la plus attendue est certainement le TCSP, Transport en commun en site propre à propos duquel les recours depuis près de 20 ans sur la base de la Déclaration d’utilité publique (DUP) initiale ont mis tout le monde à l’arrêt… L’heure est désormais à l’accélération du dossier, consécutivement à l’enquête publique préalable, à l’autorisation environnementale de la nouvelle agence nationale de l’innovation pour les transports, à l’aide gouvernementale de 40 millions d’euros accordée à l’automne dernier, fléchée sur les infrastructures. Conformément à ce que répète Hubert Falco depuis des années, et à ce qu’il écrit dans les programmes électoraux pour lesquels il est élu et réélu, ce sera un Bus à haut niveau de service (BHNS) métropolitain et non un tramway. « Nous avons entendu et retenu un certain nombre de propositions de la population dans les quartiers concernés », explique Yannick Chenevard, par exemple la création possible à la sortie ouest de Toulon d’une fourche avec une rame allant vers le Technopôle de la mer à Ollioules et une autre vers la gare de La Seyne via la Pyrotechnie.

Concrètement, la nouvelle DUP du TCSP est attendue fin 2024, les travaux devraient commencer début 2025 sur les six/sept premiers kilomètres, reliant le campus de Toulon au Technopôle de la mer 18 mois après, avec un gros morceau à franchir au Pont du Las. Côté est, il faudra attendre une plus grande liberté de manœuvre après le chantier de l’A57 (horizon 2025), avec la voie rapide mise à disposition. L’échéance raisonnable sur la totalité du parcours est plutôt 2032, c’est-à-dire 26 km (deux fois 13), entre d’un côté le campus de Toulon Porte d’Italie et la technopole ollioulaise, et de l’autre la même distance entre cette sortie est de la ville centre et le campus universitaire de La Valette/La Garde. Quarante-et-un mille voyageurs par jour sont attendus à l’issue de la première étape, 57 000 à terme. Ce vaste programme représente 405 millions d’euros d’investissement, dont le matériel roulant de dernière génération avec des rames de 24 mètres. Soixante-huit millions ont déjà été financés, il en reste donc 337 entre la Métropole, la Région, le Département du Var, l’Etat, pour l’essentiel.

Un travail de longue haleine

« C’est un travail de très longue haleine, accompli patiemment depuis 20 ans, poursuit Yannick Chenevard. Nous pouvons intervenir vite au Pont du Las parce que nous avons qualifié les lieux de passage. Nous avons acheté une cinquantaine de bâtiments, relogé les personnes, détruit puis reconstruit des immeubles à l’alignement du futur TCSP. Cette transformation des mobilités a nécessité de repenser le réseau urbain et l’aménagement du territoire, y compris dans une connexion harmonieuse avec les liaisons maritimes. Nous sommes d’ailleurs le premier réseau de bateaux-bus en France. » Un transport en commun en site propre là aussi à flot depuis longtemps et dont l’usage sur la rade, à l’aide du même ticket que la desserte terrestre, est devenu culturel.

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