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Toulon : le CAUE Var prend ses quartiers durables

Le CAUE Var s’apprête à entrer dans ses propres locaux toulonnais, acquis en cœur de ville, face aux halles, participant de l’intérieur à la dynamique de renouveau du centre ancien. Une position idéale pour mieux en parler.
Toulon : le CAUE Var prend ses quartiers durables
O. Réal - Le nouveau siège du CAUE Var, au croisement des architectures du 19e, 20e et 21e siècle.

UrbanismeVar Publié le ,

L’événement est historique pour le Conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnement du Var (CAUE), qui quitte ses locaux en location de la haute ville de Toulon pour investir son propre immeuble de bureaux, au cœur du centre ancien, face aux halles rénovées, bercé par le bruit relaxant de l’eau de la nouvelle fontaine. Une opération conduite en collaboration étroite avec Var Aménagement Développement (VAD) dans le cadre du contrat concessif de cette SEM (société d'économie mixte) avec la ville.

En charge de la requalification du quartier des halles (entre autres), VAD a acquis des immeubles alentours, porté le foncier et réalisé les opérations de promotion, dont celle en Vefa (vente en l’état futur d’achèvement) du CAUE, pour 3 millions d’euros. Quatre-cents mètres carrés de bureaux réhabilités sur quatre étages d’un bâtiment atypique, dont les couches successives d’édification et de transformation le situent au croisement des architectures du 19e, 20e et 21e siècle. Quoi de mieux pour une institution départementale dont la mission est d’informer les publics (professionnels, élus, populations) en vue de promouvoir partout en France la qualité de l’architecture et de son environnement, conformément à la loi 77-2 du 3 janvier 1977. « Il y a l’architecture en général qui n’a pas vraiment besoin d’une acculturation, et celle qui est vécue au quotidien par les gens, à travers laquelle on peut leur parler de leur lieu de vie », explique Wilfrid Jaubert, directeur du CAUE Var que préside Manon Fortias, conseillère départementale.

Un lieu où les plus anciennes maisons de Toulon côtoient l’art déco des halles et le contemporain, dans une harmonie maîtrisée par la Ville et la Métropole à laquelle le Conseil va désormais prendre toute sa part à la faveur de sa nouvelle vitrine.

« Dans une dimension résolument humaine, nous avons voulu garder des témoignages de l’histoire du bâti, dedans et dehors, souligne Wilfrid Jaubert, comme la porte moyenâgeuse extérieure donnant sur la rue d’Astour, des cloisons, des pierres apparentes, notamment dans l’escalier en colimaçon. Nous avons voulu aussi révéler des matériaux bruts pour leur valeur pédagogique primant sur l’esthétique. Cela nous offre l’opportunité unique de montrer comment le bâtiment raconte l’évolution de l’architecture et de la ville, y compris par la couleur et les ouvertures, ou encore en donnant une légitimité aux incohérences. L’idée partagée par tous était de ne pas faire semblant. VAD a compris cet état d’esprit et su tenir compte des valeurs du CAUE, dans le respect des contraintes économiques et techniques de la rénovation. »

Affirmer la transversalité des actions

Une intention testimoniale qui résonne comme une pensée de l’écrivain Patrick Modiano pour qui « à mesure que les années passent, chaque quartier, chaque rue d’une ville, évoque un souvenir, une rencontre, un chagrin, un moment de bonheur »… Le CAUE va pouvoir en évoquer beaucoup, à sa main et avec la générosité qui guide son action parfaitement traduite dans son nouveau siège.

Le rez-de-chaussée est en ERP (établissement recevant du public), incluant un hall d’accueil faisant en même temps salle d’exposition, sachant que le parvis de l’entrée principale peut-être aussi utilisé pour de l’événementiel. En ERP toujours, le premier étage est un espace dédié à de jeunes professionnels de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage qui ne pourraient s’assumer seuls. Un coworking organisé, une co-location durant six mois/un an ou encore une pépinière selon la façon de voir les choses, à dessein de les aider à s’installer. « Il s’agit, en plus des locaux communs, de créer du lien professionnel, du réseau », précise le directeur. Les deux autres étages sont réservés au personnel du CAUE, soit 12 salariés et 3 à 4 stagiaires en moyenne, sans cloison mais avec des espaces distincts et des bureaux de rendez-vous. « Nous avons pris le parti d’expérimenter avec cette installation une nouvelle manière de travailler, commente-t-il. Le choix est d’être nomade dans nos bureaux pour affirmer la transversalité de nos actions, faciliter l’épanouissement de chacun en dépassant son champ défini, en essayant de plus et mieux réfléchir ensemble. La montée en puissance du télétravail générée par la crise sanitaire fait évoluer les habitudes de travail et d’utilisation des surfaces. Avant de changer de cadre professionnel, il est apparu nécessaire de nous interroger sur la nouvelle donne. Comment ne pas bloquer des espaces pendant que certains sont à distance ? Comment être nomade, agile et à l’aise en même temps ? Le partage des lieux s’est imposé comme la meilleure réponse, même si cela bouscule les usages et demande de la souplesse collective. Le bel outil à notre disposition à présent [emménagement prévu pour le 8 septembre, NDLR], l’intérêt de nos missions sur l’ensemble du Var, leur diversité…, sont autant d’éléments qui facilitent ce changement dans la modernité, dans la continuité également. »

Des missions parmi lesquelles les expositions thématiques annuelles font partie de la marque de fabrique « maison ». La prochaine, intitulée « Eautochtone, l’eau varoise matrice forte et fragile », du 17 septembre et jusqu’au 17 décembre, cheminera des nouveaux locaux vers la rue des arts voisine, en partenariat avec la ville de Toulon, 23 photos s’affichant sur les murs de l’artère la plus prisée du centre ancien. Une fertilisation culturelle qui prend tout son sens dans la proximité et que le CAUE déclinera sur l’ensemble du département. 

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