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Total met la Mède en sommeil

Bouches-du-Rhône Publié le - - Economie

Total met la Mède en sommeil
M. Deuff - La raffinerie Total de la Mède

Construite dans les années trente, la raffinerie de La Mède pourrait cesser son activité ou être reconvertie dans les biocarburants.

Rien n’est encore officiel pour le moment. Mais une dépêche de l’agence Reuters indique « que Total aurait fait part de son intention de stopper complètement les activités de raffinage sur le site de La Mède ». Si le groupe n’a pas démenti, il n’a pas non plus averti le Comité d’entreprise (CE) auquel il doit réserver la primeur d’une telle décision. Sauf que cinq ans après le moratoire conclu par la direction générale de Total après la fermeture de la raffinerie de Dunkerque (NDLR : Reconstruite en 1950 ; fermée en juin 2010), le groupe a toute latitude pour adapter sa capacité de raffinage au marché français. D’ailleurs, Patrick Pouyanné, le directeur général de Total, a annoncé le 12 février dernier une réduction d’effectifs de 2.000 salariés pour l’ensemble du groupe. Comme son prédécesseur Christophe de Margerie, il souligne « le déficit chronique de l’activité raffinage ». Un point de vue partagé par Jean-Louis Schilansky. Lors d’une conférence de presse en juin 2014, le président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip) indiquait « que la surcapacité européenne pouvait être estimée à 10% ». En cause, la baisse régulière de la consommation de produits raffinés (-2,5%/an) et l’importation de carburants. Il soulignait également « des marges brutes extrêmement minces, de l’ordre de quelques centimes par litre ». En France, il reste encore 8 raffineries, dont 5 appartenant à Total. Celle de La Mède offre une capacité de 150.000 barils/jour, soit 6,2 millions de tonnes/an.

Pour le groupe Total, l’enjeu est donc de réduire les pertes de sa branche française de raffinage-pétrochimie. Bien qu’il fasse des bénéfices, le groupe Total perd entre 300 et 500 millions d’euros par an avec ses raffineries.

Un site historique de la société Total

Selon Reuters, le site de La Mède pourrait être restructuré, afin de permettre la production de biocarburants. Même si elle est à mettre au conditionnel, une telle annonce laisse le syndicat CGT perplexe. Louis-Marc Vanni, délégué CGT, souligne « que la politique de Total est de compenser les investissements par des pertes d’emploi ». Signalons au passage que les installations existantes de la raffinerie de la Mède ne sont pas adaptées ; qu’il existe des sites de production et stockage à proximité (NDLR : Deuleup sur la zone industrielle de Fos) et qu’un projet visant à fusionner les raffineries de La Mède et celle de Lavéra n’a pas abouti.

Construite entre 1930 et 1935, la « Raffinerie de Provence », comme on l’appelle, est un site historique de la société Total. Même si les arrêts techniques permettent de conserver les installations en l’état, l’ensemble a vieilli. Une partie des bacs de stockage, réseaux de pipe-line et bâtiments datent des années trente. En novembre 1992, une explosion a causé la mort de six personnes et provoqué d’importants dommages matériels. Héritage d’une époque lointaine, une route donnant accès à la carrière Gontéro « coupe » la raffinerie en deux. La raffinerie emploie près de 400 personnes, ainsi que de nombreux sous-traitants. Si elle se confirme, sa fermeture serait un drame pour l’économie locale. Enfin, dernière inconnue, il s’agit d’un site classé Seveso II et entouré d’habitations. Récemment, les riverains ont manifesté contre l’obligation de réaliser - à leurs frais - des équipements de protection contre un éventuel accident industriel. Tout serait remis à plat.

 

Esther Griffe




Esther Griffe
Journaliste

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