AccueilUrbanismeThibaut Mallet, directeur du Symadrem : « D’ici 2027, 190 M€ seront investis sur les digues du Petit Rhône »

Thibaut Mallet, directeur du Symadrem : « D’ici 2027, 190 M€ seront investis sur les digues du Petit Rhône »

Le Syndicat mixte interrégional d’aménagement des digues du delta du Rhône et de la mer (Symadrem) entre dans une nouvelle phase du plan Rhône avec un plan d’investissement pluriannuel, comme l’évoque son directeur Thibaut Mallet.
Thibaut Mallet, directeur du Symadrem : « D’ici 2027, 190 M€ seront investis sur les digues du Petit Rhône »
J.-C. Barla - : « Depuis 1970, le niveau du Rhône a baissé de 25 %. […] Le niveau de la mer en revanche est monté de 7 cm en 20 ans, soit exactement dans les estimations du GIEC. Cette élévation aura des impacts sur l’érosion côtière et l’occurrence des submersions marines », indique Thibaut Mallet, directeur du Symadrem.

UrbanismeBouches-du-Rhône Publié le , Propos recueillis par Jean-Christophe BARLA

TPBM : Où en est le Symadrem dans l’avancée de ses missions sur l’endiguement du Rhône ?
Thibaut Mallet : Tout le tronçon Beaucaire-Tarascon-Arles-Fourques a été sécurisé. Nous venons d’acter un marché pour le dernier maillon, non loin de l’usine Fibre Excellence de Tarascon. Le chantier, de l’ordre de 5 millions d’euros HT, devrait commencer avant la fin de l’année. Ces travaux découlaient des inondations de 2003. Il nous reste à conduire le programme de sécurisation des digues du Petit Rhône et du Grand Rhône aval qui va nous occuper pour les sept prochaines années. Nous travaillons sur des phénomènes d’occurrence variable pour prioriser nos interventions du plus important au moins important, en fonction des zones habitées.
L’effort porté sur Arles-Tarascon visait à ce que l’ensemble résiste si une inondation similaire à 2003 se reproduisait. C’est désormais le cas sur le Rhône, mais pas encore sur le Petit Rhône où les digues existantes auraient du mal à contenir une crue cinquantennale. Les refaire n’est pas un luxe, mais une nécessité. Le secteur concerne le pont suspendu de Fourques jusqu’à Albaron, environ 25 km côté Bouches-du-Rhône, et deux tronçons de 7 km et 22 km, côté Gard. Nous allons également renforcer les digues au droit de Salin-de-Giraud et Port-Saint-Louis-du-Rhône. Ces chantiers seront contractualisés dans le plan Rhône pour un montant global de 190 millions d’euros. En 2027, il ne restera qu’une petite partie à conforter les années suivantes, à savoir le Grand Rhône médian et le Petit Rhône, rive gauche.

Quels travaux prévoyez-vous pour 2022 ?
Nous allons sécuriser et conforter les digues urbaines du Vigueirat, en traversée de Fourchon. Nous lancerons l’appel d’offres en décembre pour un démarrage des travaux mi-2022 pour 5,5 millions d’euros HT. En 2023, nous démarrerons le Petit Rhône à raison de 25 à 30 millions d’euros par an jusqu’en 2027. Les chantiers sont généralement allotis pour faciliter l’accès aux marchés et la concurrence. Il n’y a pas une habitude en France à faire des digues de cette dimension. Il faut donc de la pédagogie auprès des entreprises… Elles se sont beaucoup professionnalisées.

Qu’en est-il de la protection du territoire par rapport à la mer ?
En plus de la problématique fluviale, le Symadrem gère en effet la problématique maritime avec la digue à la mer, côté Saintes-Maries-de-la-Mer, à l’exception de celle sous la responsabilité de la Compagnie des Salins du Midi. Dans le Gard, il n’y a pas de digue à la mer. Nous devons porter une stratégie littorale comme pour le plan Rhône. Les EPCI (Etablissements publics de coopération intercommunale) nous ont confié cette responsabilité dans le cadre de la Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations). Nous dressons actuellement un diagnostic précis du territoire sur les ouvrages qui existent, leur état, leur capacité de protection, les besoins d’intervention… en s’intéressant à deux types d’aléas : l’érosion côtière, là où le sable dérive et s’accumule, et la submersion marine, en cas de tempête maritime. La dernière submersion marine remonte à 1982 aux Saintes-Maries.
Ces risques vont augmenter en raison du changement climatique alors qu’on ne perçoit pas ces effets sur les crues du Rhône. Depuis 1970, le niveau du Rhône a baissé de 25 %. Le débit moyen était de 2 000 m3/seconde, aujourd’hui, il est de 1 500 m3/s et la Compagnie nationale du Rhône prévoit qu’il baisse encore dans les prochaines années. Le niveau de la mer en revanche est monté de 7 cm en 20 ans, soit exactement dans les estimations du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Cette élévation aura des impacts sur l’érosion côtière et l’occurrence des submersions marines. Nous espérons terminer ce diagnostic pour fin 2021-début 2022.

Un calendrier des travaux sera-t-il dévoilé ensuite pour préserver le littoral ?
Deux organes se prononceront sur les chantiers à mener. Un comité technique qui rassemble tous les services de l’Etat et les grandes collectivités, soit une trentaine de structures, et un comité de pilotage qui, lui, rassemble 120 structures. Il ne s’agit pas de parler de solutions, mais d’étudier plusieurs scenarii d’aménagement sur le court terme, 2020-2030, sur le moyen terme, 2030-2050, et sur le long terme, 2050-2100, en fonction des différentes hypothèses du GIEC, extrêmes ou pas, afin d’évaluer quelles options mettre en œuvre, évaluer celles qui pourraient être opérationnelles en 2030 mais potentiellement obsolètes à 2100, ou a contrario celles qui seraient non rentables actuellement mais qui le deviendraient avec une augmentation des occurrences de submersion, estimer les coûts de réalisation mais aussi de fonctionnement, l’évolution du rivage…
A ce jour, nous ne savons pas du tout ce que le Symadrem devra faire. Nous essayons d’être neutres entre ceux qui disent qu’il faut protéger le trait de côte à tout prix et ceux qui préfèreraient laisser la nature l’envahir progressivement… Nous allons chiffrer, partager les éléments de coûts, et les élus et les financeurs feront leur choix. Je pense que sur Les Saintes-Maries, il n’y a pas vraiment de débat, il faudra continuer à préserver la commune car le coût d’entretien de la digue est sans commune mesure avec un transfert complet du village en amont des terres. Les ouvrages de protection au droit de la cité ont coûté 12 millions d’euros et nécessitent environ 200 000 euros d’entretien annuel. Si on la délocalisait, nous serions à 1 milliard d’euros minimum. J’ai du mal à imaginer que ce soit une option pour 2100. Après, on verra…

Comment se répartissent les investissements entre travaux neufs et entretien ?
Aujourd’hui, notre budget de fonctionnement est de 4 millions d’euros dont 1 million d’euros consacré à l’entretien. En investissement, sur les six dernières années, on a dépensé 30 millions d’euros par an. On va ralentir un peu dans les deux prochaines années pour franchir les procédures et règlementations. Les 190 millions d’euros seront engagés en cinq ans.

Lire notre entretien complet avec Thibault Mallet, directeur du Symadrem, dans le numéro 1419 de TPBM, paru le 1er décembre 2021. Cliquez ici pour découvrir nos offres d'abonnement à partir de 20 €/an.
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