AccueilEconomieStations des Hautes-Alpes : un manque à gagner de 120 M€ pendant les vacances de Noël

Stations des Hautes-Alpes : un manque à gagner de 120 M€ pendant les vacances de Noël

La fermeture des remontées mécaniques pendant les vacances de Noël et l'incertitude quant à leur date d'ouverture plonge les Hautes-Alpes, département qui vit essentiellement du tourisme porté aux deux-tiers par les stations, dans un profond désarroi économique.
Stations des Hautes-Alpes : un manque à gagner de 120 M€ pendant les vacances de Noël
Office de tourisme d'Orcières - Pendant les vacances d'hiver, un recul de 70 % de la fréquentation des stations des Hautes-Alpes a été enregistré.

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Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Les vacances d'hiver ont vu un recul de 70 % de la fréquentation des stations des Hautes-Alpes, de 80 % de leur activité économique et un manque à gagner de 120 M€. « La semaine de Noël s'est révélée pathétique avec un taux d'occupation de 16,8 % contre 72,5 % en 2019, et celle du jour de l'an légèrement meilleure avec une effervescence autour du 31 décembre et un taux d'occupation de 28,3 % contre 88,5 % en 2019 », indique le directeur de l'Agence de développement des Hautes-Alpes, Yvan Chaix. Un coup dur pour toutes les stations, même si celles qui comptent des structures d'hébergement davantage tournées vers les résidences secondaires ont bénéficié de ce petit sursaut du 31 décembre. « Et on ne parle là que des séjours. Les personnes qui viennent skier à la journée nous ont totalement fait défaut », note Yvan Chaix.

Les espoirs de réouverture des remontées mécaniques le 7 janvier ont totalement été balayées par les annonces du Premier ministre, hier soir. Les stations seront fixées le 20 janvier sur une possible réouverture des remontées mécaniques début février. Sans la présence de la clientèle étrangère et des classes de neige habituelles du mois de janvier, cette prolongation ne va faire qu'aggraver la situation. Les vacances de février pèsent très lourd, entre 40 et 45 % du chiffre d'affaires annuel de la saison. « A ce jour, le taux d'occupation prévisionnel atteint 46 %, contre 68,5 % l'an dernier », signale Yvan Chaix, qui craint que les annonces de Jean Castex ne précipitent les annulations.

La crainte d'une saison blanche

Yvan Chaix avoue ne pas comprendre le positionnement du gouvernement d'un point de vue sanitaire.

« Le gouvernement a décidé de fermer les remontées, pas à cause du risque de contamination sur les domaines skiables mais pour éviter les brassages de population. C'était une fausse bonne idée. Pendant les vacances de Noël, les Français qui ne sont pas venus en montagne sont partis ailleurs, en bord de mer, en ville, à la campagne. Il faut noter que cette décision n'a pas eu d'impact sur l'épidémie qui reprend de plus belle. Il n'y a pas plus de risque ici qu'ailleurs et d'un point de vue économique, c'est catastrophique », estime-t-il.

Si tous les acteurs ont salué les dispositifs d'accompagnement de l'Etat pour compenser la fermeture des remontées pendant les vacances, ces 400 M€ d'aides ne couvrent pas les pertes actuelles, qui se chiffrent à 120 M€ rien que pour les Hautes-Alpes. « Imaginons une saison blanche. Ce seront deux milliards d'euros que le gouvernement devra débourser ! »

Certes, les stations subissent le même sort que les bars, restaurants, salles de sport et autres lieux culturels, mais finalement le préjudice impacte l'ensemble de l'économie du territoire. Sur le 1,22 milliard d'euros de consommation touristique, les deux tiers sont portés par les stations. Le tourisme a une très forte capacité d'entraînement sur les autres secteurs ; il représente 35 % de la richesse locale et 15 000 emplois. Un moteur à l'arrêt pour une durée indéterminée...

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