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Signes : NACA trace sa route

Gladiateur passionné de l’entrepreneuriat innovant, Xavier Pillet développe avec sa société UFO la marque de casques d’avant-garde NACA depuis son usine de Signes, impressionnant outil industriel de production.
Signes : NACA trace sa route
O. Réal - Xavier Pillet, entrepreneur innovant et passionné.

EconomieVar Publié le ,

Xavier Pillet est rompu à l’entrepreneuriat qu’il décline sous de nombreuses formes novatrices et industrielles depuis une quarantaine d’années, toujours avec son fidèle directeur de production Thierry Palomba et à l’écoute de l’expertise en stratégie financière d’Alain Vinzant, associé dans l’aventure UFO/NACA. Spécialisée dans la transformation de matériaux composites pour des usages divers à l’international (ailerons de planches de surf, fixations de snowboard, ailes de drones sous-marins, pièces de carrosserie…), UFO a quitté la zone industrielle de La Garde pour le Parc d’activités du plateau de Signes en 2019. Moyennant un investissement d’1,6 million d’euros, terrain (de 5 000 m2) compris, un grand bâtiment de production a été édifié, sur 1 500 m2 au sol, et près de 500 m2 de bureaux, « dans des conditions rendues possibles grâce au prix au mètre carré de foncier pratiqué ici, particulièrement abordable. C’est d’autant plus intéressant que nous sommes situés le long du circuit du Castellet, donc avec une excellente visibilité dans nos secteurs d’avenir, en l’occurrence la moto », souligne Xavier Pillet.

Ces dernières années et potentiellement les prochaines, UFO avance en effet casquée. De la conception à la production de casques, en passant par le prototypage, la fabrication des moules, des pièces, les tests, les homologations, le design… toute la chaîne de fabrication est pensée, intégrée, projetée. Au sein de cet outil industriel relativement rare à ce niveau dans le Var, à la fois moderne et épuré dans sa forme minimaliste, la R&D bat son plein pour garder cette longueur d’avance qui fait la différence dans la compétition industrielle comme sportive. Le composite reste la base, tout comme un process de haute technologie longtemps décliné pour d’autres entreprises et plus particulièrement mis au service de sa propre marque désormais, NACA. Un nom inspiré de la NASA, dont NACA était l’ancêtre de 1915 à 1958. « La bibliothèque de profils aérodynamiques de cette entité, notamment en matière de ventilation, est ma bible », clame Xavier Pillet, la tête dans les étoiles mais les pieds sur terre.

Valeur ajoutée « maison »

Tous les aspects sont passés au crible, aérodynamique donc, poids, taille, rigidité, solidité, sécurité, capacité supérieure d’absorption des chocs, confort aussi bien entendu. Dans cette quête du Graal, la plus grande légèreté et la taille réduite s’invitent à la table (ronde) de la performance.

« On ne sent quasiment plus le casque, la pression est bien moindre sur les cervicales, on peut tourner la tête plus facilement. Les retours des pilotes sont formidables. Leurs difficultés à revenir à leurs casques habituels sont un encouragement à poursuivre notre rupture technologique, quand bien même c’est plus compliqué à fabriquer. Cela étant, le choix de rester en France, de privilégier les circuits courts, de couvrir nous-mêmes l’essentiel de la chaîne de fabrication, sont autant d’atouts au service de la compétitivité de nos produits. »

La large personnalisation n’est pas la moindre des originalités de l’offre, avec plus de 500 000 combinaisons possibles de design, de couleurs, de motifs… proposées via le configurateur du site Internet, sans oublier les « artistes » de l’usine qui peuvent imaginer du clé en main sur place.

Le marché de la moto est visé dans un premier temps, depuis l’homologation récente (fin 2020), après deux années de validation des propriétés dans toutes les conditions (à chaud, à froid, concernant la résistance à la pénétration, entre autres critères), poussant le challenge très loin. L’autre volet, tout aussi majeur à présent, réside dans la commercialisation de ce produit abouti auprès d’une clientèle ciblée néo-rétro, élargie aux amateurs de motos de sport. Cela touche essentiellement le particulier, même si NACA est présente aussi sur les circuits en vue de séduire quelques pilotes officiels, histoire de soigner l’image de (sa) marque. Eliot, fils de Xavier, étant en charge du volet événement de l’enseigne familiale, dans laquelle travaille aussi sa fille Ophélie à la direction administrative et des ventes, tandis que son autre fille Dorothée évolue également dans la vente, mais aux Etats-Unis. Bon sang ne saurait mentir…

Casque d’une autre planète

Comptant une vingtaine de personnes au siège de Signes, UFO et sa filiale NACA lèvent actuellement des fonds afin de développer la force commerciale française et internationale susceptible de lui permettre de récolter les fruits de ses investissements, maintenus d’ailleurs malgré la période covid compliquée pour le business. Une croisée des chemins de première importance pour faire sa place sur ce segment casques de moto, mais aussi sur nombre de déclinaisons déjà opérationnelles dans l’équitation, dans le cyclisme avec plusieurs produits très compétitifs, les sports d’eau en vue des Jeux olympiques de 2024 et bien d’autres domaines.

En outre, si NACA se « contente » des casques, UFO continue de tracer sa route dans les matériaux composites de haut de gamme, notamment ces derniers temps sur la moto de prestige d’Aston-Martin, la Brough Superior (la Rolls des motos en exemplaires limités). « Nous avons la culture de la cosmétique, de la R&D, de la perfection », revendique Xavier Pillet. « Ne craignez pas d’atteindre la perfection, vous n’y arriverez jamais », aurait pu lui répondre Dali dans un échange anachronique. Néanmoins, quand on a pour slogan « Helmet from another planet » (« casque d’une autre planète »), on ne craint pas grand-chose ni grand monde…

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