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Septèmes-les-Vallons veut renouer avec l’agriculture

Après la création d’une chèvrerie municipale, la commune envisage l’installation de maraîchers sur des terres agricoles avec l’ambition de s’intégrer dans le Plan alimentaire territorial porté par la Métropole.
Septèmes-les-Vallons veut renouer avec l’agriculture
D.R. - L’extension réalisée cette année est construite en pin d’Alep, avec l’objectif de servir de vitrine pour cette essence récemment utilisable comme bois d’œuvre.

TerritoiresBouches-du-Rhône Publié le ,

Le récent incendie qui a ravagé une grande partie de la réserve naturelle de la plaine des Maures, le mois dernier, a remis en lumière la question épineuse de l’entretien des zones forestières, via le débroussaillement notamment. Si cette opération n’éteint pas totalement le risque d’incendie, elle diminue les risques de départs de feu et limite leur propagation. C’est en partant de ce constat que la commune de Septèmes-les-Vallons a décidé de créer une chèvrerie municipale afin de compléter, via le pastoralisme, les opérations de débroussaillement menées par la commune et le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône notamment.

Si l’idée est née après l’incendie de 1989, elle a longuement mûri avant de se concrétiser. « Il s’agissait au départ d’une réflexion informelle, se souvient Patrick Magro, conseiller municipal septémois délégué à la Gestion durable de la forêt et sylvopastoralisme. Une première étude menée, six ans plus tard par le Cerpam, une association spécialisée dans le pastoralisme, a mis en évidence la non-viabilité économique du projet. L’installation d’un chevrier, sur le territoire de la commune au début des années 2000, relance néanmoins le projet. Une seconde étude de faisabilité est relancée, en intégrant cette fois les aspects économiques et environnementaux. La décision est notamment prise d’opter pour un troupeau de chèvres du Rove, mis à disposition du berger. L’espèce présente en effet l’avantage d’être parfaitement adaptée à un milieu naturel de maquis et de forêts, tout en permettant la fabrication de fromages à haute valeur ajoutée, grâce à l’AOP "Brousse du Rove". Nous avons finalisé l’achat du terrain, en piémont du massif de l’Etoile, sur lequel est implantée la chèvrerie municipale depuis 2017 via un bail emphytéotique signé avec le comité d'entreprise de la RTM, propriétaire de la parcelle. »  

Une construction écoresponsable exemplaire

L’opération, d’un montant de 380 000 euros, s’est accompagnée d’un montage financier incluant divers partenaires institutionnels (Région, Conseil départemental, Métropole et la Ville de Septèmes). Construite en bois des Alpes, dans l’optique de s’intégrer au mieux dans le paysage alentour, la chèvrerie accueille depuis quatre ans un troupeau de 130 chèvres, avec une vocation « environnementale, économique et pédagogique » insiste le conseiller municipal. « Tous les fromages -commercialisés en circuit court -, sont vendus et une vingtaine de classes y sont régulièrement accueillies, avec l’ambition de les sensibiliser à l’élevage, au milieu naturel et à la protection de l’environnement. »

Une extension de 50 m2, destinée à abriter le foin, les mâles et les chèvres malades a également vu le jour cette année, avec l’objectif d’une construction écoresponsable exemplaire. « Nous avons choisi de l’édifier en pin d’Alep, avec des bois issus de la forêt de Castillon, entre l’étang de Berre et le Golfe de Fos, et de travailler avec des prestataires régionaux de la scierie jusqu’au charpentier », explique Patrick Magro.

En dépit de fortes tensions en termes de foncier disponible, la commune souhaite désormais renouer avec une tradition agricole qui s’était progressivement étiolé. « La commune compte aujourd’hui 23 ha de terres agricoles, contre 1ha en 1980 », se réjouit Patrick Magro, qui souhaiterait que Septèmes-Les-Vallons « prenne sa place » dans le PAT (Plan alimentaire territorial) porté par la Métropole Aix-Marseille Provence. L’implantation de maraîchers est ainsi envisagée « dans un futur proche », avec l’objectif de produire une partie des 1200 repas servis chaque jour dans les cantines scolaires de la commune.

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