AccueilEconomieRoland Gomez : « La CCI de région s'est recentrée sur son rôle d'influenceur politique »

Roland Gomez : « La CCI de région s'est recentrée sur son rôle d'influenceur politique »

Alors que son mandat se terminera à la fin de l'année, Roland Gomez, le président de la CCI de région, revient sur ses trois ans d'engagement pendant lesquels il a posé les bases d'une CCI pilote en France sur la mutualisation des compétences entre territoires.
Roland Gomez : « La CCI de région s'est recentrée sur son rôle d'influenceur politique »
CCI Provence-Alpes-Côte d'Azur - Roland Gomez est le président de la CCI de région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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TPBM : Quelle était la situation de la CCI Provence-Alpes-Côte d'Azur au moment de votre prise de responsabilité en juin 2018 ?
Roland Gomez :
Lorsque je suis arrivé, la ressource fiscale affectée aux CCI territoriales était déjà en forte diminution. Il nous fallait impérativement réaliser des économies sur nos charges de fonctionnement, repenser notre modèle économique et développer notre approche business.
Je suis de nature très cartésienne et pragmatique. Le bon sens m'a toujours porté et j'ai voulu agir comme je l'ai fait à Proman, c'est-à-dire en chef d'entreprise. J'ai donc pris les décisions qui s'imposaient en repensant notre modèle et en donnant à chaque fois la priorité au terrain, aux CCI territoriales. J'ai surtout considéré que je devais donner l'exemple. Nous avons rationnalisé le fonctionnement de la CCI de région et baissé notre budget de 20 %.
J'ai aussi opté, de manière inédite, pour un seul et même directeur général, Stéphane Gueydon, qui a continué à diriger la CCI du Var. D'ailleurs, la règlementation a dépuis évolué et il est aujourd'hui possible pour un directeur général de cumuler ces deux fonctions. Lorsque j'ai adopté pour ce mode de fonctionnement, ce schéma n'était même pas envisagé. Une de mes premières décisions a également été de redonner l'opérationnel et donc les ressources associées aux CCI territoriales. La CCI de région s'est recentrée sur son rôle d'influenceur politique.

Au moment de votre élection, vous aviez formulé des déclarations critiques sur le mode de fonctionnement de la CCI et son organisation. Pour quelles raisons ?
Pour moi, une CCI de région est un espace de dialogue et d'échanges. Ce n'était pas suffisamment le cas, il y avait beaucoup de tensions qui freinaient notre déploiement. Il a été nécessaire de recentrer les moyens et l'action de la CCI sur sa raison d'être, à savoir l'influence politique et l'appui aux sept CCI territoriales, au-delà de ses responsabilités en matière RH et budgétaire. Notre raison d'être réside dans notre capacité à représenter notre réseau dans ses relations avec ses partenaires économiques, institutionnels, et toutes les organisations professionnelles. La CCI de région n'est pas la huitième chambre. C'est la maison commune de toutes les CCI territoriales de Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Sur quels points avez-vous évolué pendant votre mandature ?
La patience (rire). La diplomatie (rire). Plus sérieusement, sur la nécessité, pour avancer ensemble au service de nos entreprises, de trouver des consensus qui suscitent l'adhésion de tous et permettent à notre réseau d'agir efficacement. On va mois vite c'est certain, mais la collaboration est durable et on va plus loin. La CCI de région c'est, toute proportion gardée, l'Union Européenne : nous devons procéder par compromis de sorte que chaque territoire se sente pris en considération par le projet collectif.

Justement, comment faire vivre un réseau complexe avec de fortes identités, au sein duquel vous avez trois CCI métropolitaines et quatre rurales ou de montagne ?
J'ai toujours écouté tout le monde, donné autant d'importance à tous les territoires. Je le fais au quotidien en tant que chef d'entreprise. Le réseau est avant tout fait de relations humaines et d'échanges. Nous ne sommes pas toujours d'accord mais nous nous efforçons de dégager une position commune acceptée par la majorité. Ça a été le cas pour la distribution de la ressource fiscale, un sujet explosif. Après de nombreuses discussions, parfois musclées, nous nous sommes mis d'accord sur une clef de répartition, en fonction des spécificités de chacun.

Le nouveau statut de droit privé des agents, pour ceux qui entrent et pour ceux en place qui le choisissent, incarne-t-il le changement de paradigme des CCI ?
Ce sera une évolution importante, qui va avec la transformation de notre modèle et nous permet d'être plus réactif au regard de la concurrence, mais cela ne change rien au quotidien, ni dans la mise en œuvre des actions. Un collaborateur, qu'il soit du public ou du privé, exerce les mêmes fonctions et doit délivrer les résultats attendus.

Qu'est-ce que la crise de la Covid-19 a changé pour le réseau consulaire ?
Pour moi, le changement majeur se trouve dans la perception des CCI par le gouvernement, les parlementaires et le grand public. Ce contexte complexe a été l'occasion pour les CCI territoriales de faire la démonstration de leur capacité à apporter un appui efficace aux entreprises dont elles étaient le principal soutien. Les CCI sont en première ligne dans cette crise, pour accompagner au mieux les entreprises, en proximité et au plus près de leurs besoins.

Quel regard portez-vous sur l'institution à quelques mois de la fin de votre mandat ?
Au cours de ma présidence, le fonctionnement a été véritablement partagé et la reconnaissance des présidents démontre que le mandat a été réussi et nous a permis de construire pour l'avenir de la CCI de région. C'est la première fois que l'ensemble des présidents reconnaissent l'utilité et la légitimité de leur « maison régionale ».

Sur quels points la CCI Provence-Alpes-Côte d'Azur doit poursuivre sa mutation lors du prochain mandat ?
Elle doit continuer à développer un mode de fonctionnement qui permette au réseau des CCI de maitriser son évolution et d'anticiper les changements. Je souhaiterais que l'organisation inédite et collégiale que nous avons mise en place en 2018 puisse se poursuivre. C'est à mon avis la seule voie à emprunter pour éviter comme cela se passe parfois sur d'autres territoires, une confrontation systématique entre les CCI territoriales et la CCI de région.

Notre interview complète est à retrouver dans le n°1395 de TPBM, à paraître le 16 juin. Cliquez ici pour plus d'informations sur nos offres d'abonnement, à partir de 20€/an.

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