AccueilTerritoiresRichard Curnier : « Accélérer un développement économique plus respectueux de l'environnement »

directeur régional de la Banque des territoires Richard Curnier : « Accélérer un développement économique plus respectueux de l'environnement »

Sur les 100 milliards d'euros dédiés à la relance économique, 26 milliards seront apportés par la Banque des territoires (groupe Caisse des dépôts et consignations), bras financier de l'Etat. Une manne que son directeur régional Provence-Alpes-Côte d'Azur, Richard Curnier, devra s'attacher à injecter dans tous les segments de l'économie locale : habitat, industrie, tourisme, commerce, etc.
Richard Curnier : « Accélérer un développement économique plus respectueux de l'environnement »
Robert Poulain - Richard Curnier, directeur Paca de la Banque des territoires.

Territoires Publié le ,

TPBM : La Banque des territoires est en première ligne sur la relance avec une enveloppe de financements de 26 milliards d'euros. D'où vient cet argent ?
Richard Curnier :
C'est l'épargne des Français. Depuis le début de l'année 2020, la collecte des livrets d'épargne réglementée s'est accrue de 32 milliards d'euros. Fin septembre, l'encours cumulé des Livrets A et des Livrets de développement durable et solidaire (LDDS) a atteint le niveau record de 443 milliards d'euros. Ces fonds que nous gérons sont mobilisés dans des secteurs qui touchent le quotidien des Français et qui contribueront à accélérer un développement économique plus respectueux de l'environnement.
Ce plan sera déployé sur quatre axes prioritaires : la transition écologique, le logement, le soutien aux entreprises et la cohésion sociale. Avec l'ambition d'aller vite : l'objectif est d'investir dans les deux ans à venir près de 80 % de cette enveloppe de 26 milliards d'euros. Pour cela, nous avons simplifié nos process avec une montée en gamme du digital : les demandes de prêts peuvent être effectuées de manière dématérialisée sur notre plateforme numérique. Et nous avons la possibilité de décider à l'échelon de chaque direction régionale d'octroyer jusqu'à 2,5 millions d'euros de fonds propres au service de l'investissement. Cette organisation est cruciale car sinon l'impact de la relance serait fortement réduit.

Près de trois mois après l'annonce du plan, quelles sont les premières déclinaisons concrètes ?
En un mois, nous avons décaissé près de 226 millions d'euros pour les bailleurs sociaux et les collectivités. Nous avons par ailleurs déployé un arsenal de soutien exceptionnel pour les professions juridiques réglementées. Cette aide prend la forme d'un report des échéances des prêts, d'autorisations de découvert, 27 millions d'euros à ce jour, et de prêts de trésorerie, 37 à ce jour [l'interview a eu lieu le 10 novembre, NDLR].

Le financement du logement social reste l'une des missions prioritaires de la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Quels leviers le plan de relance va-t-il actionner ?
CDC Habitat a lancé un grand plan d'achat de 40 000 logements neufs en état futur d'achèvement auprès des opérateurs immobiliers. Au 8 novembre, notre filiale a acquis 7 516 logements, dont 840 logements locatifs sociaux dans la région. Au-delà du soutien à la production sociale, il s'agit de favoriser la construction d'une offre adaptée pour les « key workers » : les soignants, les policiers, les enseignants, etc. Le confinement a montré l'importance de créer des logements abordables près des lieux de travail de ces personnes qui exercent des métiers stratégiques.
Nous avons également prolongé et étoffé notre arsenal de soutien aux organismes HLM : 400 millions d'euros de Prêts haut de bilan (PHB) bonifié 2.0 par Action Logement Services pour accompagner la reprise des chantiers de construction et de réhabilitation, une dernière tranche de 600 millions d'euros de PHB à taux zéro pour la production neuve. Nous avons mis en place « Octofoncier », un prêt très longue durée - jusqu'à 80 ans - destiné à financer l'achat du foncier par les bailleurs qui souhaitent réaliser des opérations de logements sociaux en zone tendue.
Nous avons lancé une grande campagne d'émission de titres participatifs d'un montant de 900 millions d'euros pour soutenir les investissements à moyen terme des Offices publics de l'habitat (OPH). L'objectif est de renforcer le haut de bilan de ces organismes publics par l'acquisition de parts de leur capital. Nous allons ainsi prochainement signer pour 10 millions d'euros de titres au sein de 13 Habitat[l'OPH du département des Bouches-du-Rhône, NDLR].
Nous soutenons par ailleurs les Organismes de foncier solidaire (OFS) en leur proposant le prêt Gaïa foncier long terme. A ce jour, nous avons en portefeuille la réalisation de 113 logements par les deux OFS - Coop foncière Méditerranée et celui du groupe Gambetta - à Aubagne, Cannes et La Croix-Valmer.
Enfin, nous poursuivons le déploiement du véhicule « Tonus territoires » qui investit en nue-propriété dans la construction de logements sociaux en zones tendues. L'organisme HLM reste l'usufruitier du bien pendant une période de 15 à 20 ans, économisant un apport de fonds propres. Et il a la possibilité de céder au véhicule des logements de plus de 15 ans financés en prêts prêt locatif social en contrepartie du réinvestissement des plus-values dans la construction neuve.

Quels sont les autres axes du plan de relance ?
Nous avons lancé début juin un plan spécifique fléché vers le tourisme. Ce plan doté d'une enveloppe de 1,3 milliard d'euros est destiné à soutenir ce premier secteur économique du pays mis à mal par la crise sanitaire. Nous investissons en fonds propres dans des sociétés immobilières et des sociétés de projet, et participons activement aux levées des dettes. Nous sommes ainsi présents dans les foncières comme celle qui porte le projet de reconversion du hangar J1 sur le port de Marseille, celle qui a développé la nouvelle auberge rue Jean-Trinquet à Marseille. Avec notre filiale Icade, nous sommes également membre d'un des groupements en lice sur le projet « De Mayol à Pipady » à Toulon et sur le programme de reconversion de l'ancienne caserne Berwick à Briançon.
Nous intervenons selon trois axes : tout d'abord, il s'agit de permettre l'accès à la ressource des opérateurs qui veulent investir dans des projets touristiques de moyen/long terme. Nous avons mobilisé, via Bpifrance, quelque 50 millions d'euros de prêts sans garantie sur dix ans au bénéfice de 108 ETI-TPE-PME du secteur touristique régional. Nous accompagnons ensuite la consolidation du secteur en permettant le rapprochement des acteurs. Enfin, nous soutenons les filières : le thermalisme comme le projet d'extension de l'établissement thermal de Digne-les-Bains, la montagne à travers les projets de nouvelles résidences à Orcières-Merlette, Risoul, Superdévoluy, Serre Chevalier… la plaisance comme le projet Marina Baie des Anges à Antibes.

Lire notre interview complète de Richard Curnier dans le n°1365 de TPBM, paru le 18 novembre. Cliquez ici pour plus d'informations sur nos offres d'abonnement, à partir de 20 €/an.

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