AccueilArchitectureRendez-vous d’archi : BAM, du cultuel au culturel

Rendez-vous d’archi : BAM, du cultuel au culturel

L’agence marseillaise BAM (Bureau Architecture Méditerranée), auteur du projet lauréat de la grande mosquée de Marseille, finalise le programme de réhabilitation et d’extension du Musée d’art contemporain (MAC).
Maxime Repaux et Frédéric Roustan, le duo aux commandes de l’agence Bureau Architecture Méditerranée.
J. Dukmedjian - Maxime Repaux et Frédéric Roustan, le duo aux commandes de l’agence Bureau Architecture Méditerranée.

ArchitectureBouches-du-Rhône Publié le ,

Aux manettes de l’agence BAM (Bureau Architecture Méditerranée), Maxime Repaux et Frédéric Roustan sont rodés aux projets au long cours. De ceux qui voient parfois s’écouler plusieurs années entre leur désignation, à l’issue d’un concours, et son achèvement. Ou son abandon pur et simple.

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Le projet de construction de la grande mosquée de Marseille est de ce point de vue emblématique. Huit après la désignation de BAM, à l’issue d’un concours, et en dépit de la pose d’une première pierre en 2010, le projet de grande mosquée est enterré en 2016. Celui de la réhabilitation du lieu de culte musulman de la rue Camille-Pelletan, dans le quartier de la porte d’Aix, achevé la même année, ne sera pas non plus un long fleuve tranquille.

L’agence a néanmoins acquis une réputation de spécialiste pour cette typologie de bâtiment, en cohérence avec son ADN, qui « puise ses racines - et son inspiration - dans les cultures méditerranéennes ».

Une présence en Algérie

Autrement dit, « une architecture définie par un cadre de vie alliant le dedans et le dehors » et intégrant des éléments (loggias, patios, moucharabiehs…) adaptés aux contraintes bioclimatiques des deux rives de la Méditerranée. Dans cette logique, l’agence a pris pied en Algérie depuis 2002, où elle dispose d’une antenne à Alger, avec l’ambition de se positionner sur des projets internationaux.

La rénovation du MAC de Marseille reprend le principe de « prolongement des espaces vers l’extérieur ». (Crédit : BAM)

La réhabilitation et l’extension du consulat général algérien, à Marseille, a constitué paradoxalement pour le duo un premier pas dans ce sens, en lui permettant de se positionner sur des projets de plus grande ampleur comme la construction d’un nouveau parlement de la République d’Algérie. Interrogée dans le cadre d’une consultation restreinte, l’agence marseillaise s’est adossée pour l’occasion à des majors du BTP, pour répondre à la demande du gouvernement algérien d’une « solution clé en main », sur laquelle deux autres consortiums étaient appelés à soumissionner.

La Méditerranée, fil conducteur

Pour l’heure, l’actualité de l’agence concerne le Musée d’art contemporain (MAC) de Marseille, dont le duo a signé la rénovation.

« Nous sommes devenus des spécialistes de la réhabilitation des bâtiments publics des années 80, marqués par un système de préfabrication lourde », s’amusent Maxime Repaux et Frédéric Roustan, qui ont piloté récemment celle du Conservatoir municipal de musique, de danse et d'art lyrique de Vitrolles.

L’aspect extérieur de ce dernier, massif, symbolise leur vision d’une « architecture méditerranéenne, aux multiples références culturelles et aux origines diverses », avec son enduit à la chaux ocre rouge appliqué sur l’isolation thermique extérieure. Une référence assumée « aux villas romaines, aux constructions en terre du M’zab* et aux roches des environs de Vitrolles et de Roussillon » que revendique le duo.

* Le M’zab est une région berbérophone du nord du Sahara algérien, située dans la wilaya de Ghardaïa, à 550 km au sud d’Alger.

Le MAC prend l’air

Excentré, méconnu des Marseillais et des touristes, le Musée d’art contemporain de Marseille (MAC) devrait retrouver prochainement une visibilité qui lui faisait défaut depuis plusieurs années, à l’issue du lifting mené par l’agence BAM. L’opération prévoyait à l’origine une rénovation énergétique et muséographique du lieu. Elle s’est finalement transformée en une réhabilitation plus ambitieuse. « Notre première intention était de reconfigurer le hall et la séquence d’entrée pour donner plus de présence et de visibilité au lieu », expliquent Maxime Repaux et Frédéric Roustan. La démolition-reconstruction du hall et le doublement de sa hauteur « permettront d’y recevoir des grandes œuvres et de créer un rooftop au-dessus du hall », précisent les architectes. Une passerelle en pente douce offre désormais un accès au toit, sur lequel pourraient prendre place un bar, un espace d’exposition extérieur et des spectacles…

L’opération permet aussi de renouer, du même coup, entre le MAC et le jardin public situé à l’arrière (qui accueillait des sculptures), « en créant un lien fonctionnel et symbolique entre les deux espaces », note le duo d’architectes. Les rénovations énergétiques et muséographiques ont quant à elles été menées « avec des techniques simples et des matériaux robustes garantissant la longévité du bâtiment » et la bonne conservation des œuvres. Leur élément le plus visible est le contrôle d’ensoleillement des verrières, en surplomb des salles d’exposition. Le dispositif permet de jouer sur les lumières artificielles ou naturelles, avec l’objectif de proposer, dans le cadre de la scénographie, « une mise en valeur des œuvres par un éclairage tamisé ou au contraire très contrasté ».

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