AccueilArchitecture[Rendez-vous d'architectes] Et MOA, émoi, et moi…

[Rendez-vous d'architectes] Et MOA, émoi, et moi…

Julien Monfort et Laure Pantel de l'agence marseillaise d'architecture, d'urbanisme et de design MOA Architecture, m'ont fixé rendez-vous au Café populaire, qu'ils ont réalisé, pour dévoiler leur projet de bureaux novateur dont le chantier va commencer sur les bords de la Garonne, à Bordeaux.
[Rendez-vous d'architectes] Et MOA, émoi, et moi…
@JM Landecy

Architecture Publié le ,

Julien Monfort (47 ans) n’a choisi pas l’acronyme de son agence, MOA, par prétention mais en clin d’œil à OMA (Office for Metropolitan Architecture), celle de l’architecte néerlandais de réputation internationale RemKoolhaas auprès duquel il a travaillé plusieurs années à Rotterdam. De retour, après d’autres détours (NewYork, Paris, Berlin), dans sa cité phocéenne natale, pour créer sa propre structure, avecLaurePantel(34 ans) comme associée, il en a conservé aussi le style : souvent radical et ultra-contemporain quand la fonction s’y prête.

A bloc

Dans ce registre, à Marseille, MOA Architecture a signé le Blok, concept inédit, aujourd’hui disparu, de restaurant et de courts de futsal lancé à La Valentine, il y a quelques années, par un ex-joueur de l’OM (Jean-Philippe Durand). Primé par le CAUE 13* en 2009, ce bâtiment sur pilotis, très moderne et presqu’entièrement vitré, a été en effet dénaturé ensuite par deux fois.

« Son occupant actuel, une enseigne de chaussures, l’a totalement occulté et transformé en… boîte (à chaussures) noire, le contraire de l’architecture », raconte son auteur.

En revanche, à Bordeaux, où leur confrère parisien Nicolas Michelin (agence ANMA) en charge de l’urbanisme de l’opération dite des Bassins à flot - un quartier en plein renouveau et où de nombreuses constructions sont en cours - leur a demandé de réaliser un complexe de bureaux de 10.000 m2, pour un budget de 10,5 M€, c’est bien volontairement que les architectes marseillais leur ont donné un aspect de… hangars portuaires !

@MOA Architecture

Revisités à leur façon : grandes structures métalliques, nefs de verre, failles interstitielles exploitées et plantées, entre-deux cultivés, jeu extérieur/intérieur… Le décor est planté pour des bureaux traversant en bord de quai. Comme de faux docks qui auraient été parfaitement restructurés. Le chantier est sur le point de démarrer, obligeant les architectes à prendre la tangente.

Concertation et esprit d’équipe

Malgré de belles références et de premières œuvres remarquées, « ça reste pour nous difficile de travailler à Marseille », regrette Julien Monfort. A l’inverse, là encore, ça se passe beaucoup mieux sur les bords de la Garonne où « on pratique l’urbanisme concerté, négocié entre tous les décideurs une fois par mois, souligne le maître d’œuvre. Si le PLU** interdit, par exemple, une spécificité issue de la pertinence d’un lieu, la question est clairement posée d’un point de vue technique, juridique, etc., et la décision prise, puis actée. Pour tout projet urbain de cette envergure, il faut une vraie volonté qui n’existe pas toujours », ajoute celui qui précise aussi que « l’intelligence est essentiellement collective » à propos du travail de conception mené à son agence***.

Guitariste jazz à ses heures, l’homme du duo fondateur de celle-ci aime également, pour décrire son métier, la comparaison avec ce genre d’artistes. « Les bons musicos, soutient-il, ce ne sont pas forcément les meilleurs instrumentistes et ceux qui jouent le mieux, mais ceux qui ont un gros son et surtout qui sont à l’heure », règles donc en vigueur chez MOA.

* Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement des Bouches-du-Rhône.
** Plan local d’urbanisme.
*** Laquelle emploie également trois jeunes architectes salariés : Marie Brosch Parez, Anna Johansen et Christophe Piqué.

L'intégralité du portrait de l'agence MOA Architecture est à retrouver dans le numéro 1101 de TPBM (parution le 28/10/2015)

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