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[Rendez-vous d'architectes] Duo chi va sano

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[Rendez-vous d'architectes] Duo chi va sano
JP Pierrat - Avant de partager leur métier et passion, Stefania Guiducci et Marzio Mercandelli se sont côtoyés dans les bassins.

Anciens nageurs de compétition, Stefania Guiducci et Marzio Mercandelli frayent leur chemin pro provençal entre préservation du patrimoine et architecture bio. Ce duo d'architectes italiens installé à Marseille réalise notamment à Saint-Marcel la nouvelle résidence, pour plus de dolce vita, des compagnons d'Emmaüs.

« C’est leur maison. Ce sont eux par exemple qui ont choisi la couleur du mur de leur logement parmi un nuancier que nous leur avons proposé, qui ont demandé aussi qu’il y ait en général de la couleur et, bien souvent, les futurs occupants ont fait leur choix en référence à la région, au pays, selon l’horizon dont ils sont originaires, dans des teintes et des tons vifs le plus souvent. Nous avons vraiment tenu à ce qu’ils participent à l’élaboration du projet, à ce qu’ils se l’approprient. Nous n’aimons pas imposer, nous préférons la concertation », expliquent en chœur Stefania Guiducci et Marzio Mercandelli à propos de la résidence sociale1 de 48 logements dont ils achèvent la construction à Marseille, boulevard de la Cartonnerie (11e), pour les compagnons et compagnes du mouvement Emmaüs de Saint-Marcel. Un bâtiment neuf édifié à l’emplacement de vieux hangars de la communauté qui ont été démolis et destiné à remplacer les actuels logements de bric et de broc hors norme depuis belle lurette et situés juste à côté (lesquels seront ensuite à leur tour mis à terre).

Acclimatation… 

Originaires de la région au nord de Milan, ces deux « jeunes architectes » quadra ont en effet dupliqué depuis quelques années dans la cité phocéenne leur agence d’architecture Archigem. Pour cela, le duo transalpin s’associe régulièrement avec le cabinet CAD Durand de Gilles Durand dont il partage aussi l’adresse et des locaux.  Ce qui est le cas pour la maîtrise d’œuvre de cette résidence, eux s’étant plus précisément chargés de la conception architecturale puis du suivi des travaux. Et si, quand ils ont débarqué pour la première fois dans leur ville d’adoption - qui leur « a tout de suite plu », disent-ils -, ni l’un ni l’autre ne possédait la langue de Molière, tous deux se sont rapidement acclimatés et ont depuis très largement retrouvé, en français dans le texte, leur volubilité latine.

(@JP Pierrat) De grands portraits photos de compagnons d’Emmaüs doivent être encore accrochés aux façades de la résidence en guise de touche finale.

Aujourd’hui, toutefois, sur le chantier qui touche à sa fin et dont ils règlent les ultimes détails, Stefania, légèrement enrouée, laisse plus volontiers le monopole de l’explication à son alter ego.

« Nous avons dû opérer à l’économie, rappelle ce dernier, autour de 1.000 euros par m2. D’où le choix de matériaux simples et éprouvés et d’un mode constructif adéquat (béton, isolation extérieure…) »

Ce qui n’a pas empêché les préoccupations d’ordre environnemental qui leur sont chères. Spécialisé en bio-architecture, l’architecte italien se déclare adepte notamment de la filière sèche et du bois dès que possible. Ici, cela s’est surtout traduit au niveau de la toiture-terrasse qui abrite panneaux solaires, récupération d’eaux de pluie et chaudière à gaz. Un léger débord métallique, qui rappelle les couvertures bac acier des toits environnants, vient couronner le tout. « Ça sert aussi à protéger le haut des murs de façades », glisse l’architecte.

… Et appropriation

Calé au centimètre carré près du Plan local d’urbanisme (PLU), le petit immeuble compact de 2.000 m2, à trois étages et à la découpe volumétrique semblable aux entrepôts alentour, dispose ainsi de patios-puits de lumière et d’une verrière zénithale. Il comprend aussi des espaces communs (garage à mobylettes et vélos, buanderie…), ainsi qu’une salle de restauration self-service, avec bar de récup2 et écran-géant pour les matchs de foot, en rez-de-chaussée3 et tournée vers l’Huveaune coulant juste derrière. Dans une seconde étape, les deux maîtres d’œuvre transalpins ont d’ailleurs prévu d’en réaménager les berges en terrasse extérieure au lieu du réfectoire en place lui aussi voué à disparaître.

Les architectes se sont également battus, avec l’assentiment des futurs résidents, pour conserver les arbres présents sur le terrain, dont un platane majestueux. « Les compagnons sont impatients d’y être, confirme l’un des 3 coresponsables du centre, Marc Chotard. Ils se sont occupés tout seuls de l’attribution des logements ou encore de l’établissement du règlement intérieur, bannissant d’eux-mêmes la cigarette de leur maison flambant neuve. » Le signe d’une appropriation en très bonne voie. Bravissimo !

1Maîtrise d’ouvrage : Communauté Emmaüs et Sogima. Chiffré à 2,6 ME de travaux, le projet a été réalisé avec le soutien financier de la Communauté Urbaine Marseille Provence Métropole (MPM), du Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône, du Conseil Régional Paca et de la Ville de Marseille.
2L’ensemble du mobilier a bien entendu été chiné par les compagnons dont c’est l’activité comme chacun sait.
3Celui-ci a été surélevé pour répondre à la réglementation des zones inondables.




J. P. Pierrat
Journaliste

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