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Rendez-vous d'archi : le BK Club O.K.

Bouches-du-Rhône Publié le - - Architecture

Rendez-vous d'archi : le BK Club O.K.
J. Ph. PIERRAT - Clotilde Berrou et Marc Kauffmann re-réhabilitent la salle de spectacle la Cartonnerie de la Friche Belle de Mai.

A la fois plutôt récent mais aussi de longue date, le duo composé des architectes marseillais Clotilde Berrou et Marc Kauffmann, réunis sous le blason du « BK Club Architectes », mérite qu'on défriche son travail.

Une sorte… « d'autocritique » ! C'est ainsi que Clotilde Berrou et Marc Kauffmann définissent la réflexion qu'ils ont menée pour établir le nouveau schéma directeur d'aménagement de la Friche la Belle de Mai que cette dernière leur a confié. Avant de se lancer ensemble et de voler de leurs propres ailes, il y a trois ans, sous le nom évocateur de BK Club Architectes, pour mieux souligner l'esprit d'équipe qui anime le duo, ces architectes, tous deux âgés de 40 ans, ont en effet exercé auparavant dans les rangs d'ARM Architecture, l'ex-agence de Matthieu Poitevin et Pascal Reynaud à laquelle on doit en grande partie l'aspect actuel de cette ex-manufacture des tabacs devenue emblématique, dans la cité phocéenne, de la reconversion réussie d'une friche industrielle.

De schémas directeurs…

En tant que chef de projet, puis architecte associée, la première a en particulier veillé à l'aménagement de la crèche du lieu… dans un ancien réservoir, mais pas que. A ce titre, ils ont également participé à la réalisation du précédent schéma directeur qui actait la poursuite de la transformation de l'ancienne usine de la Seita (Société d'exploitation industrielle des tabacs et des allumettes) en un lieu dédié à la production artistique. Aussi connaissent-ils parfaitement les lieux où ils se repèrent les yeux fermés et où ils se sentent comme chez eux.

« Après les grandes réalisations de MP 2013, la Friche, qui s'est encore davantage institutionnalisée, amorce une nouvelle évolution, expliquent-ils sur place, et à cette occasion, comme dans une mise à jour, on corrige notamment ce qui avait été clairement oublié, c'est-à-dire de l'ouvrir vers la Belle de Mai. On a proposé en particulier pour cela l'implantation d'une école pour laquelle un concours a été lancé. »

Du côté de l'ancienne cartonnerie actuellement en chantier et où ils ont fixé rendez-vous, cette nouvelle ère se fait également jour. « Grâce à la construction d'un parking en silo à l'emplacement de l'ancienne maison du gardien qui sera démolie, une véritable esplanade ou parvis prendra place devant », poursuivent les auteurs du nouveau schéma. Quant à la salle de spectacle elle-même, cette fameuse cartonnerie où étaient empaquettées à l'époque les cigarettes et dont la réutilisation et réhabilitation avait donné en quelque sorte le coup d'envoi à cette vaste métamorphose de l'endroit, elle est à nouveau en pleine restructuration, pour la deuxième fois de son existence. Et qui mieux alors que le BK Club pour s'en charger.

Actuellement en plein travaux, l'ex-cartonnerie sera plus rapidement polyvalente et d'un meilleur confort notamment thermique. (Crédit : Jean Philippe Pierrat)

… en interventions millimétrées

Lequel a déjà livré l'an dernier pas très loin une nouvelle salle de répétition de danse. Des interventions mesurées (2 500 m2 pour celle en cours, 300 m2 pour la salle de répét.), millimétrées, que le duo apprécie après des mégaprojets au long cours comme ceux de la Friche ou encore le Centre national des arts du cirque à Châlons-en Champagne (Marne) dont Marc a signé la réalisation en tant qu'architecte associé alors de Caractère spécial (la nouvelle agence de Matthieu Poitevin). « On aime ces changements d'échelle », confirment-ils tous deux.

Pour le Mucem, autre maître d'ouvrage renommé, par exemple, en concevant aménagements, mobiliers, accueil librairie, concept shop, espace VIP et autres scénographies, ils ont ainsi retrouvé pareillement le plaisir « de tout dessiner en détail ». Attachés autant l'un que l'autre au chantier qui leur paraît fondamental, ils se déclarent parfaitement complémentaires et leur union tient de la vraie fratrie professionnelle. « On s'entend comme frère et sœur, raconte en souriant Clotilde sous le regard acquiesçant de Marc. On se connaît par cœur, depuis de nos 18 ans et notre prépa. On a fait toutes nos études ensemble et on a travaillé ensuite dans les mêmes agences », dont celle de François Seigneur à Arles où ces jeunes architectes formés à l'Ecole nationale supérieure des arts et industries de Strasbourg ont appris notamment à faire des maquettes « en concombre »… Et pas que ça d'ailleurs si l'on en croit leur appétence pour l'utilisation détournée et le réemploi de matériaux, la réappropriation et l'évolution des lieux, le recyclage, la réversibilité ou encore la co-construction, autant de principes pour lesquels leur club figths.




J. P. Pierrat
Journaliste

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