AccueilEconomieRégionales : l'union de la construction face aux candidats

Régionales : l'union de la construction face aux candidats

Pour rester strictement dans les sujets technos et éviter toute tentation de « show », les présidents des fédérations régionales des travaux publics (FRTP), du bâtiment (FRB) et des carriers (Unicem Paca) ont préféré être reçus tour à tour par les trois candidats en tête des sondages pour les questionner directement sur ce qu'ils comptent faire vis-à-vis de leurs secteurs respectifs s'ils sont élus à la tête de la région. Florilège de leurs interrogations, inquiétudes et propositions.
Régionales : l'union de la construction face aux candidats

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« Il était important de pouvoir faire part, ainsi réunis en un seul "bloc constructif", une première en Paca, de nos principales préoccupations au futur président de la région même si les travaux publics sont encore plus que d’autres impactés par les décisions politiques à ce niveau, rappelle Laurent Amar, président de la FRTP Paca (Fédération régionale des travaux publics), la région étant compétente notamment en matière de développement économique et numérique, ce qui suppose des infrastructures pour, ou encore en matière d’aménagement du territoire, de transports, de développement durable et d’équipements structurants. »

Laurent Amar, président de la FRTP Paca

« Et il est d’autant plus important pour nous de pouvoir donner une vision à nos adhérents de ce qui va se passer aux lendemains des élections, que le contrat de plan Etat-région 2015-2020 tel qu’il a été arrêté comprend un volet très lourd d’infrastructures représentant 63 % des investissements prévus et pour lequel la part de l’Etat est a priori la moitié, mais n’est pas pour le moment financée. Nous voulions donc en particulier savoir comment les candidats s’y prendront pour aller chercher ce financement, au risque sinon d’une année blanche en 2016, une de nos pires craintes. »

Projets structurants…

« Nous leur demandons bien entendu aussi à chacun leurs priorités sur les grands projets structurants régionaux comme l’achèvement de l’A51, la LGV *, le Grand port maritime…, poursuit le président de la FRTP, et là encore, avec quels financements ils entendent les mener. Enfin, il y a parmi les nouvelles compétences de la région l’établissement du Schéma régional d’aménagement et de développement durable du territoire (Sraddt), porteur lui aussi d’enjeux pour nos activités et à propos duquel nous avons également souhaité connaître leur position. Last but not least, nous les avons questionnés sur la façon dont ils comptent aider les autres collectivités territoriales, et surtout, de la façon dont ils envisagent leurs relations avec la métropole Aix-Marseille-Provence qui fait l’objet pour le moment d’une mise en place ubuesque et plus précisément dans ce cadre, sur le financement du réseau des transports collectifs sur lequel il va falloir se décider. Nous avons pour notre part des suggestions de priorité et des idées sur tous ces dossiers que nous n’avons pas non plus manqué de leur faire passer », ajoute Laurent Amar.

Baisse des dotations, arrêt brutal des investissements… Serge Ramonda, président de la Fédération régionale du bâtiment (FRB), partage pour sa part bien des inquiétudes avec son homologue des travaux publics.

« Malgré les contraintes budgétaires, nous devons au contraire veiller et inciter à une commande publique exemplaire qui soit de qualité et privilégiant les savoir-faire et les emplois locaux, et pour laquelle la région doit montrer l’exemple, explique le président de la FRB. Il faut pour cela lutter dans les marchés publics contre les offres anormalement basses et développer les avances sur marché que nous souhaiterions voir augmenter à 30 % du montant contre 5 % aujourd’hui, engagements sur lesquels nous avons demandé aux candidats leurs intentions.

Serge Ramonda, président de la FRB

… et partenariats innovants

Autre sujet d’inquiétude, poursuit Serge Ramonda, l’apprentissage dont les effectifs ont diminué de moitié depuis 2008… "Aussi, pour stopper cette hémorragie, souhaitons-nous renforcer le partenariat que nous avons avec la région en matière de formation, une de ses compétences, notamment en introduisant une dose d’apprentissage dans les clauses d’insertion des marchés publics. Et puis, à l’heure où la moitié des dirigeants d’entreprises du BTP ont plus de cinquante ans, nous leur avons demandé aussi comment la région pourrait-elle être, selon eux, un véritable partenaire pour nous aider et nous accompagner dans la transmission et la reprise d’entreprise. Un tel partenariat pourrait, par exemple, agir au niveau de la formation des repreneurs ".

"Certes, tandis que les caisses sont vides, nous demandons beaucoup, mais le tout est de trouver les bons compromis pour relancer l’économie. Il faut notamment trouver les moyens d’amplifier et de booster la modernisation et la transition énergétique des bâtiments de la région, en premier lieu des lycées, et valoriser davantage encore le patrimoine historique et le potentiel touristique aux retombées économiques importantes pour le BTP. Sans oublier le Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU) auquel la région doit aussi s’associer ou encore les déchets, le contrat de plan Etat-région, autant de dossiers où nous avons tous intérêt à travailler ensemble et où l’institution régionale a un rôle fondamental à jouer. »

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