AccueilTerritoiresRéchauffement climatique : quel avenir pour les forêts de Provence ?

Réchauffement climatique : quel avenir pour les forêts de Provence ?

Dans le Sud de la France les espaces forestiers sont fragilisés par les effets du réchauffement climatique. L’association des communes forestières des Bouches-du-Rhône a engagé un travail d'adapter nos forêts à ces changements.
Les forêts de Provence vont devoir s'adapter au réchauffement climatique.
F. D. - Les forêts de Provence vont devoir s'adapter au réchauffement climatique.

TerritoiresBouches-du-Rhône Publié le ,

A quoi ressembleront les forêts du Sud de la France dans 50 ans ? C’est sur les terres de Christian Delavet, maire de Saint-Antonin-sur-Bayon et président de l’association des communes forestières des Bouches-du-Rhône, qu’était organisée une formation sur le thème : l’impact du changement climatique sur les espaces forestiers. L’objectif étant, avec l’Office national des forêts, de proposer des solutions pour adapter les pratiques sylvicoles et les peuplements à ce nouveau contexte. « La forêt est une préoccupation croissante dans les démarches d’aménagement du territoire qui sont multifonctionnelles et dont les enjeux sont extrêmement forts », explique Christian Delavet qui est directement concerné. La surface de sa petite commune de 121 habitants est de 1 750 ha, dont plus de 1 740 d’espaces naturels et agricoles pour seulement 3 ha d’urbain.

Christian Delavet, maire de saint-Antonin-sur-Bayon et président de l’association des communes forestières des Bouches-du-Rhône.

L’importance de l’environnement

Il constate : « depuis des années, il y a un changement des mentalités. Nous sommes sortis des schémas des années 1970. Les élus ont conscience de l’importance de l’environnement et souhaitent un avenir meilleur pour la planète. Ce qui suppose une montée en culture et en compétence afin d’avoir un positionnement qui soit pertinent et réaliste. Pour cela, il faut accentuer le débat car des groupes de pression considèrent que la forêt doit être un espace où l’homme n’intervient plus. Des messages qui ne correspondent pas à la réalité car le monde change, les connaissances changent et il est indispensable d’échanger pour progresser ensemble ».

« On peut produire du bois sans la détruire »

La forêt est une composante majeure de l’aménagement d’un territoire. L’espace boisé doit rester un patrimoine garanti dans le temps, que ce soit pour des raisons sociales, d’accueil du public, écologiques pour sa biodiversité, ou encore d’utilisation d’une ressource locale et durable, biosourcée. C’est ce qu’a indiqué Laurence Le Legard-Moreau, responsable des services forêt et bois de l’Office national des forêts (ONF). Elle a ajouté : « contrairement à une idée reçue, il n’y a pas un centimètre carré de terre en Europe qui n’ait pas été foulée par l’homme. Il existe très peu de forêt primaire dans le monde. Aujourd’hui, il y a plusieurs façons de gérer sa forêt et on peut produire du bois sans la détruire, même si des reportages à charge diffusent une idée contraire de l’abattage des arbres. En Provence, nos forêts sont jeunes. Ce qui nous oblige à conserver des zones de forêt qu’on ne va absolument pas toucher, des îlots de sénescence, qui sont réglementés ».

Laurence Le Legard-Moreau, responsable des services forêt et bois de l’Office national des forêts

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Des plantes adaptées à un climat chaud

Une des problématiques est d’évaluer ce que seront les plantes de demain. Pourquoi ? « Parce que le peuplement actuel est en train de crever ce qui signifie qu’il n’y a pas de génération pour le renouvellement. D’où le besoin de trouver des essences de substitution car le dilemme de la profession est de savoir quelles plantes seront adaptées au climat dans 50 ans », précise Laurence Le Regard-Moreau. Pas question donc de se tromper car une plantation forestière représente un coût qui n’est pas neutre, de 10 000€/ha à 16 000€/ha. « Planter n’est pas anodin. L’arbre est un être vivant qui a des besoins en eau, en type de sol, etc. (…). Après un feu de forêt, par exemple, il ne faut pas replanter tout de suite. La nature a besoin de temps et il faut attendre cinq ans pour voir si la régénération sera suffisante ou pas. A certains endroits, on a eu des semis treize ou quatorze ans plus tard », ajoute-t-elle. Ce qu’elle défend, ce n’est pas de faire de gros travaux, mais d’aller dans le sens de la nature car, ce que nous faisons aujourd’hui est ce que nous verrons dans trente ans. Aujourd’hui, nous récupérons le travail des anciens. A une époque, l’État avait décrété que la France devait être autonome en pâte à papier et il y a eu un reboisement à tout va qui a impacté tout le pays. Aujourd’hui, on est dans le chirurgical contrairement à ce qui a été fait il y a 50 ou 100 ans. A l’époque, la prise de conscience écologique était très différente.

Élus et représentants des collectivités se sont rendus dans la forêt de Saint-Antonin-sur-Bayon pour mieux comprendre la forêt.

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Des forêts provençales jeunes

Alors qu’au niveau national, la majorité des zones boisées remontent au défrichement du Moyen-Âge. En Provence, historiquement, il y avait très peu de forêt, tout était pâturé, cultivé. De ce fait, nos forêts provençales sont jeunes, 150 ans environ, et « elles sont l’avenir de la Provence ! C’est cet écrin qui, bien que nous soyons dans un des départements les plus peuplés de France avec une forte connotation, nous avons cette impression de nature permanente qui donne un aspect doux à notre cadre de vie. Elle se vit dans le quotidien des gens et nous apporte beaucoup », note Laurence Le Regard-Moreau.

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