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Quel habitat pour demain en montagne ?

Chercheurs, professionnels de l'architecture et de l'urbanisme français et italiens ont réfléchi à l'habitat de demain dans les Alpes du Sud, face au changement climatique. Travail qui a donné naissance à une publication.
Quel habitat pour demain en montagne ?
M.-F. Sarrazin - L'architecte et urbaniste gapençais Paul Wagner, directeur de la rédaction de cette publication.

UrbanismeHautes-Alpes Publié le ,

Le changement climatique est une réalité d'autant plus tangible en montagne que les effets se voient au quotidien et s'en trouvent même décuplés. Face à ce constat, le projet HABIT.A, engagé dans le cadre du programme européen Alcotra, s'est penché sur l'habitat de demain. L'ordre des architectes de la région Paca et de la province de Cuneo dans le Piémont, le Pays Sud (Serre-Ponçon, Ubaye, Durance), Envirobat-BDM et son homologue transalpin IISBE Italia ont porté ce projet dont l'aboutissement s'est traduit par la réalisation d'un ouvrage de 150 pages bilingue français-italien. « Habiter les Alpes du Sud ; demain, face au changement climatique » a été distribué à tous les professionnels de l'urbanisme et de l'architecture, aux fédérations du BTP et de l'hôtellerie, lycées et collèges, élus et parlementaires des Alpes du Sud. Une mine d'informations sur laquelle ont travaillé des architectes, urbanistes, sociologues, anthropologue et agronome français et italiens. Parmi eux, l'architecte et urbanisme gapençais Paul Wagner, directeur de la rédaction de cet ouvrage.

« Il faut imaginer un futur qu'on ne connaît pas. C'est ce qu'on appelle la résilience, la capacité à s'adapter à l'imprévisible »

L'un des premiers chapitres est consacré à l'évolution du climat : l'élévation des températures encore plus forte en montagne et des risques naturels.

« On est dans le déni, lâche Paul Wagner. On a la responsabilité de ne pas aggraver le changement climatique, mais il faut se préparer à s'adapter. C'est une question à laquelle on ne réfléchit pas beaucoup. Il faut imaginer un futur qu'on ne connaît pas. C'est ce qu'on appelle la résilience, la capacité à s'adapter à l'imprévisible. »

L'équipe a ensuite essayé d'esquisser les conséquences sociales et économiques de ces changements, dont les migrations. Celles des personnes des pays défavorisés, des citadins qui viendront chercher un climat plus clément et des jeunes en quête de qualité de vie. « Le territoire a des cartes à jouer », estime l'architecte.

Avant de mettre en lumière des constructions exemplaires des deux côtés de la frontière et par là même les labels qui encouragent les réalisations durables, l'ouvrage s'attache à rappeler les grandes caractéristiques de l'habitat traditionnel, et celles plus récentes liées au développement du tourisme pour tirer les leçons de l'histoire. Il fut un temps où les problèmes d'urbanisme se réglaient parfois oralement. « Puy-Aillaud, au-dessus de Vallouise, a la particularité d'être très dense. Et pourtant, il n'y a pas une seule maison qui ne reçoive pas le soleil. Autrefois, il y avait un consensus social qui faisait que les choses se passaient bien, peut-être pas sans discussion âpre, mais avec beaucoup de bon sens. »

Car aujourd'hui, maîtres d'ouvrage et maîtres d'œuvre, même avec la meilleure volonté pour mettre en place des solutions intelligentes, se heurtent à divers freins : la réglementation, « certains principes de précaution excessifs », le foncier contraint à certains endroits par « des surfaces et des formes de terrain inappropriées »...

Les leçons de l'histoire, c'est aussi qu'il faut inscrire le bâtiment dans la durée, en prévoyant son évolutivité, penser en termes de coût global à long terme plutôt qu'en coût de construction, construire de manière frugale, privilégier le biosourcé sans se fermer aux autres matériaux d'origine plus lointaine mais dans certains cas plus efficients. Là encore, les choses ne sont pas simples.

Mais cet ouvrage se veut positif : « L'adaptation au changement climatique est un nouveau challenge, mais on en a connu des tas. On donne des pistes, on ouvre l'esprit sur les problèmes, mais on ne donne pas de solution : c'est le travail des élus et des professionnels », tranche Paul Wagner.

L'interview complète de Paul Wagner est à lire prochainement dans le numéro 1390 de TPBM (parution du 12/05/2021). Cliquez ici pour consulter nos offres d'abonnement (dès 20€/an).

Pour consulter et obtenir l'ouvrage :

La publication est gratuite. Vous pouvez la consulter au format PDF sur le site d'EnvirobatBDM.

Pour recevoir un exemplaire, il faut s'adresser à l'ordre des architectes Paca (7,5€ par exemplaire) :

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