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Provence-Alpes-Côte d'Azur : la région a son groupe d'architectes d'urgence

Trente architectes viennent d'être formés par le Conseil régional de l'ordre des architectes Paca et la Fondation Architectes de l'urgence suite à la tempête Alex. D'autres le seront à Marseille au premier semestre 2022.
Patrick Coulombel, directeur de la FAU, Arnaud Réaux, vice-président du CROA PACA, aux côtés d'Alain Jardinet, premier adjoint à la mairie de Saint-Martin-Vésubie.
R. Mario - Patrick Coulombel, directeur de la FAU, Arnaud Réaux, vice-président du CROA PACA, aux côtés d'Alain Jardinet, premier adjoint à la mairie de Saint-Martin-Vésubie.

ArchitectureAlpes-Maritimes Publié le ,

Après la solidarité et l'urgence, la constitution d'un groupe d'architectes formés, capables d'intervenir très rapidement sur tout le territoire régional, en cas de catastrophe naturelle, quelle qu'elle soit... En octobre 2020, suite au passage de la tempête Alex dans les hautes vallées des Alpes-Maritimes, le Conseil régional de l'ordre des architectes Provence-Alpes-Côte d'Azur (Croa Paca) avait très rapidement lancé un appel à volontaires auprès des architectes du département pour venir en aide sur le terrain aux populations et aux communes sinistrées.

Une initiative qui avait permis, grâce à l'appui de la Fondation Architectes de l'urgence (FAU) et du Syndicat des architectes de la Côte d'Azur (SACA) de former en urgence une vingtaine de professionnels qui ont ensuite pris part, pour sept d'entre eux, au travail de la « cellule bâtimentaire » de la DDTM 06. Cette cellule, organisée en petites équipes (sapeurs-pompiers, architectes et ingénieurs) a permis de réaliser un état des lieux des nombreux bâtiments touchés par la tempête et d'établir une première classification des ouvrages en fonction des dommages subis. Une mission et un travail d'investigation que les architectes ont mené principalement dans la commune de Saint-Martin-Vésubie et ce en un temps très court (cinq jours alors que la mission était prévue pour en durer 20).

Dossier | La tempête Alex, un an après

Intervenir à J+1

« Nous avons voulu donner une suite à cette mobilisation en relançant un appel à volontaires afin de constituer un groupe d'architectes spécialisés dans l'urgence, formés et prêts à intervenir lors de nouvelles catastrophes naturelles », explique Arnaud Réaux, vice-président du Croa Paca. Ils sont désormais 30, issus de toute la région parmi les nombreux candidats ayant postulé, qui viennent de recevoir cette formation conduite par la Fondation architectes de l'urgence. Elle s'est achevée le 3 décembre par une visite sur le terrain à Saint-Martin-Vésubie. Cette formation porte sur les risques bâtimentaires et sur la capacité des architectes à délivrer des diagnostics globaux sur l'état des constructions et sur les mises en sécurité à opérer. « Il y a un volet également très important à prendre en compte dans ce type d'événement qui est l'état psychologique des populations sinistrées. Il est absolument nécessaire d'assister les victimes avec beaucoup d'empathie », rappelle Patrick Coulombel, directeur de la Fondation. Une allusion aux délais pris par la cellule bâtimentaire pour communiquer les résultats de ces investigations aux propriétaires des biens sinistrés, alors que ceux-ci se trouvaient dans un état psychologique très difficile.

Dès l'année prochaine, de nouveaux architectes seront formés à Marseille, afin de multiplier leur nombre au niveau régional et d'étendre leur expertise à tous les types de catastrophe naturelle.

« L'ambition est de créer une cellule régionale au sein du Croa, prête à intervenir à J+1 sur le théâtre des catastrophes qui pourraient survenir dans la région », confirme Arnaud Réaux.

Contribuer à l'aménagement futur

Plus largement les architectes voudraient étendre leur intervention au processus de reconstruction et apporter leur contribution à l'aménagement futur des vallées, à la préparation et à la résilience des territoires face à des événements climatiques appelés à se reproduire... A Saint-Martin-Vésubie, ils ont pu constater, plus d'un an après le passage de la tempête Alex, l'ampleur des travaux restant à réaliser. « Si les voies de communication ont été rétablies grâce à la mobilisation des collectivités, il reste à présent à mener les travaux de reconstruction des berges et à traiter la question des biens sinistrés avec la mise en œuvre du fonds Barnier », explique Alain Jardinet, premier adjoint à la mairie de Saint-Martin-Vésubie.

Pour le premier volet, le Smiage a lancé ce chantier sur un linéaire de 8 km le long du Boréon et de la Vésubie. Avec une contrainte majeure : là où l'emprise du cours d'eau représentait avant la tempête Alex une largeur de moins de 10 mètres, le lit majeur s'établit désormais à 45 mètres, une zone qui restera vierge de toute occupation ! Il restera ensuite à concevoir des aménagements paysagers pour ces berges et à reconstituer des paysages profondément bouleversés. Pour les biens éligibles au fonds Barnier, les délais seront plus longs. A Saint-Martin-Vésubie, 91 habitations et équipements ont été détruits et 75 sont voués à la démolition. La commune compte le plus grand nombre d'habitations sinistrées ou se retrouvant en zone de danger et de fait vouées à la démolition. « Les procédures sont enclenchées et une trentaine de maisons sont à la signature. Nous espérons que d'ici le mois de juin, 90 % des cas seront réglés à l'amiable », ajoute le premier adjoint.

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