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Manosque : projet de restauration pour la maison de Jean Giono

Durance Luberon Verdon Agglomération lancera en 2023 une opération de réhabilitation-extension pour mettre en valeur la maison de Jean Giono. L’objectif : créer un nouvel équipement culturel, patrimoniale et touristique à Manosque, d’ici 2025.
Mettre en valeur sans dénaturer la maison de Jean Giono, c’est le défi relevé par les architectes Régis Roudil et Sébastien Cord, accompagnés de Sarah Ten Dam, paysagiste dans ce projet de restauration.
Atelier Roudil Architectes-Cord- Ten Dam - Mettre en valeur sans dénaturer la maison de Jean Giono, c’est le défi relevé par les architectes Régis Roudil et Sébastien Cord, accompagnés de Sarah Ten Dam, paysagiste dans ce projet de restauration.

TerritoiresAlpes-de-Haute-Provence Publié le ,

Si l’on connaît bien l’œuvre de Jean Giono, grâce au succès de ses livres, on sait moins qu’ils ont, en grande partie, été écrits dans sa maison manosquine, appelée Lou Paraïs. Une demeure du 18e siècle où il a vécu avec sa famille entre 1930 et 1970. Inscrite aux monuments historiques depuis le 1er mars 1996, labellisée Maisons des Illustres par le ministre de la Culture de l'époque, Frédéric Mitterrand, et label « Patrimoine du XXe siècle », l’iconique bastide aux volets verts, qui domine Manosque, sur le flanc sud du mont d'Or, doit aujourd’hui être restaurée.

Mais plutôt que de lancer une opération partielle visant à conserver la seule villa de l’auteur, la communauté d’Agglomération a opté pour un projet global. « Le principal enjeu est la conservation et la valorisation de ce lieu,acquis par la Ville de Manosque en 2016 et transférée à DLVAgglo dans le cadre de sa compétence culture. Nous devons faire passer l’habitation privée au statut de maison d'écrivain. Ce lieu va devenir un pôle d'attractivité culturelle pour notre territoire, un marqueur de notre engagement en faveur du livre » : s’enthousiasme Sandra Faure, Vice-présidente de DLVAgglo en charge de la Culture.

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Un projet en trois chapitres pour réhabiliter la maison de Jean Giono

Si le bâti existant ne présente pas de désordres graves, une série d'interventions est pourtant nécessaire afin d'assurer un climat intérieur permettant une bonne conservation des collections. A sa mort l’auteur a laissé une bibliothèque personnelle d’un peu plus de 8 000 ouvrages. Des travaux d’étanchéité, de menuiserie, d’isolation et de traitement de l'air seront donc nécessaires sur la villa. « Les travaux permettront de retrouver la maison telle que Giono l’ a connue, afin de raconter la genèse d'une œuvre majeure de la littérature contemporaine. Ils permettront également de mettre le lieu aux normes de la réglementation qui s'applique aux établissements recevant du public, dans le respect du site et des règles s'appliquant aux monuments historiques », ajoute Sandra Faure.

Cette restauration s’appuiera sur les documents d'archives, notamment les archives photographiques, mais aussi sur les récits de la vie au Paraïs, et bien entendu ceux de sa fille cadette, Sylvie Giono. « Une attention particulière sera donnée à l'ambiance restituée, le projet n'étant pas de créer un musée, mais bien de retrouver la chaleur humaine de cette maison, l'énergie créatrice des lieux », assure Sandra Faure. Concrètement le projet comprend trois volets. Outre la restauration du Paraïs, DLVAgglo souhaite créer en extension, une « maison de site » d’une centaine de m2, qui accueillera les visiteurs et proposera des services de type librairie, boutique ou encore salon de thé. La troisième étape sera la valorisation des jardins qui fera le lien entre l’œuvre de Giono et la nature.

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Lou Paraïs, la maison de Jean Giono, devrait être totalement restaurée d’ici 2025. (Crédit : L.Gayte-Ville de Manosque)

« Du lointain au local, de l’espace public partagé à l’intime »

Dans leur projet architectural, Sébastien Cord, architecte du patrimoine, Régis Roudil pour l’Atelier Régis Roudil Architectes (mandataire), accompagnés par Sarah Ten Dam, paysagiste, ont choisi de développer ce qui pourrait être décrit comme un parcours. « Les visiteurs accéderaient d’abord à la maison de site, pour permettre des temps et des espaces de rassemblements et d’expositions. Puis ils chemineraient dans un jardin vivrier irrigué par le canal de Manosque et ils aboutiraient à son lieu de vie », synthétise Régis Roudil. « Notre première intention est de souligner la position stratégique et qualitative du site, dans son inscription en balcon sur la ville, d’inviter à la contemplation et à la promenade vers les beaux paysages, proches et lointains, caractéristiques de la Provence », poursuit-il.

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En ce sens, le projet propose notamment un remaniement des nivellements pour accueillir confortablement le public. L’entrée se composera d’un parvis traité en calade et agrémenté d’un point d’eau qui formeront un premier point de vue cadré vers le parc, entre le petit pavillon de jardin préexistant et la maison de site, « qui a été pensée comme un volume simple. En limites extérieures du terrain, les façades sont sobres, presque aveugles et prévues en pierres sèches. Il s’agit ici de reprendre la matière de la ville en lien avec les sols de son socle géologique. Par opposition, les façades ouvertes sur le jardin seront traitées en charpente et menuiseries bois. Le projet est conçu en pierre de Caseneuve et en charpente bois pin d’Alep ou cèdre de Bonnieux. La répétition des éléments de charpente sous-tend la notion d’ombres légères et marquent les différentes séquences de la visite. C’est dans cet esprit que la structure de notre projet repose sur un système porteur poteaux-poutres bois et un volume massif en pierre côté rue ».

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Les façades ouvertes sur le jardin seront traitées en charpente et menuiseries bois. (Crédit : Atelier Roudil Architectes-Cord- Ten Dam)

Une galerie vitrée

Un dispositif structurel qui offre une grande liberté dans l’aménagement du plan et permet de concilier coût, efficacité et évolutivité selon l’architecte qui ajoute : « Le cabanon préexistant sera conservé pour satisfaire le programme, mesurer les interventions, mais également rappeler la vocation maraichère du site avec ses modestes constructions vernaculaires, caractéristiques. Le projet propose ainsi de recomposer les parties attenantes du pavillon pour créer une aile mineure, capable de proposer une galerie vitrée entre le pavillon et la maison Giono ».

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Le coût de l'opération a été évalué à 1,3 M€ HT et DLVAgglo espère trouver un maximum de soutiens financiers qui viendraient compléter l’appui de l'Etat, qui intervient via la Direction régionale des Affaires Culturelles (DRAC) et le service des monuments historiques. « Nous attendons aussi impatiemment le résultat des gains générés par le loto du patrimoine, pour lequel nous avons reçu le soutien de la Fondation du patrimoine en août dernier », appuie Sandra Faure.

En terme de calendrier, la collectivité espère lancer les travaux en septembre 2023 pour une livraison en 2025. Sur le principe, les travaux devraient être réalisés en phases successives pendant 12 à 18 mois, permettant ainsi de maintenir les visites sur le site.

Les acteurs de l’opération :

Atelier Régis Roudil - Architecte Mandataire ; Atelier Cord - Architecte du Patrimoine ; Sarah Ten Dam - Paysagiste ; I2C - Bet Structure ; Adret - Bet Fluides - HQE ; Eco+Construire - Economiste

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