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[Portrait] Profession : technicien forestier

Les métiers de l'ONF (Office national des forêts) sont mal connus du grand public. Ces travailleurs de l'ombre œuvrent pourtant pour le bien de tous. TPBM est allé à la rencontre de l'un d'entre eux. Jacky Arcis est technicien sur le secteur de Savines Boscodon. Il évoque son métier.
[Portrait] Profession : technicien forestier
M. Fauchâtre - Jacky Arcis, technicien forestier, explique son travail

TerritoiresHautes-Alpes Publié le ,

C’est un homme calme, simple, grand, aux cheveux d’argent. JackyArcis est technicien forestier depuis 1980. Il est né comme la Loire, non loin du Mont Gerbier de Jonc, sur les hauts plateaux ardéchois, à plus de 1.350 mètres d’altitude. Fils d’un agriculteur, il est attiré par la nature : « Je suis né à côté d’une maison forestière. Tout petit, j’ai baigné dans ce milieu. »

Pour son premier poste, en 1980, en qualité de technicien forestier, il travaille à Aubenas, en Basse-Ardèche, au service DFCI (Défense de la forêt contre les incendies). Puis viennent dix années passées à Borée (Ardèche), un poste qui lui permet de travailler dans une sapinière hêtraie. Là, il se passionne pour la flore, pour laquelle il se spécialise et participe à la création de la réserve biologique du massif du Mézenc.

« À l’ONF (Office national des forêts), nous avons tous notre spécialité, moi, c’est la flore, précise le technicien forestier. J’ai fait une formation pour réaliser des inventaires botaniques. »

Arrivé avec femme et enfants en 1994 à Savines-le-Lac, le garde de l’ONF y trouve la montagne qu’il adore et un climat plus doux. « En Ardèche, il fait très froid. L’hiver, la neige se déplace sur le plateau ardéchois au gré de la Burle, un vent du nord glacial. »

Une double casquette

L’ONF est placé sous la double autorité des ministères de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, et de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie. C’est aussi un Epic (Etablissement public à caractère industriel et commercial), comme La Poste. L’office gère les forêts domaniales (Etat) et communales. L’argent de l’exploitation des forêts domaniales tombe dans son escarcelle, tandis qu’il perçoit 10% sur les ventes de bois en matière de gestion des forêts communales.

« En ce moment, la gestion de l’ONF est déficitaire, souligne le technicien forestier. Depuis la tempête de 1999, les recettes ont chuté. Le cours du bois sur pied a beaucoup diminué. »

Les recettes de l’ONF proviennent aussi, par exemple, de la location des chasses dans les forêts domaniales. En quelque sorte, l’office a créé une entreprise interne et ses prestations font l’objet d’un catalogue. Il se positionne sur les chantiers sans faire de concurrence aux professionnels, les ouvriers forestiers saisonniers étant encadrés par des fonctionnaires. Jacky Arcis explique :

« Nous fournissons des bancs, des gabions pour la protection des berges ou des talus. Nous travaillons comme maître d’œuvre avec les communes, montant pour elles les dossiers, et nous répondons aux marchés publics. »

Les tâches d’un garde forestier sont multiples. « Aujourd’hui, j’ai procédé à un martelage dans une parcelle de mélèzes », précise encore Jacky Arcis. « Il s’agit d’une opération très physique. Cela consiste à désigner des arbres pour la vente des bois, le marteau portant le sceau de l’ONF. Selon leur diamètre, leur hauteur estimée, nous établissons un catalogue et préparons une adjudication », indique le forestier. Les arbres vendus sont ensuite abattus, puis débardés. Le débardage à cheval est réservé à des forêts plus fragiles. Il est plus onéreux que celui réalisé par des engins. « Je veille à ce que les coupes se passent bien. Nous surveillons l’entretien des routes forestières. Sur mon secteur, il y en a environ 20 km. Avec les orages, des ravines viennent les dégrader. Nous entretenons les aires d’accueil en zone touristique et nous nous occupons du foncier car pour vendre des coupes, il faut délimiter des parcelles. Nous plantons des arbres, essentiellement des mélèzes, le sapin lui se régénérant naturellement, avant de procéder au dépressage qui consiste à enlever les petits arbres. »

La suite de l'article est à lire dans le numéro 1096 de TPBM (parution le 23/09/2015).

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