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Port fluvial d’Arles : et voguent les projets !

Sous l’impulsion de la Compagnie nationale du Rhône (CNR) et de la CCI du Pays d’Arles qui en est gestionnaire, le port fluvial d’Arles entre dans une nouvelle phase porteuse d’importants investissements…
Port fluvial d’Arles : et voguent les projets !
J.-C. Barla - Opération de déchargement de bobines d'acier sur les quais nord du port fluvial d'Arles.

EconomieBouches-du-Rhône Publié le ,

Le port fluvial d’Arles repart de l’avant. Les deux appels à manifestation d’intérêt lancés fin 2019 par la Compagnie nationale du Rhône sur 16,4 hectares et 7,5 hectares ont partiellement débouché sur des concrétisations. Occupant la parcelle de 7,5 hectares connectée à la voie ferrée, le transporteur et logisticien Combronde a ouvert durant l’été sa plateforme pour traiter les eaux de Nestlé Waters. « Nous travaillons déjà sur une phase 2 », confie Pierre Meffre, directeur de la valorisation portuaire de CNR. Royal White Cement (RWC), déjà positionné au sud sur une parcelle près du siège du port fluvial pour importer du ciment blanc, prévoit de se doter de nouveaux silos sur un terrain de 0,9 ha. Enfin, joint-venture entre LyondellBasell et Suez, QCP (Quality Circular Polymers), spécialisée aux Pays-Bas dans le recyclage de plastiques, devrait s’installer sur un terrain de 12 hectares. « Les travaux devraient débuter en 2022 », poursuit Pierre Meffre, satisfait que cette implantation conforte les espoirs du port sur le transport de matériaux issues de l’économie circulaire.

Le projet, qui devrait se dérouler en deux tranches, intègrerait zones de process et de stockage et des bureaux. Seule une parcelle de 3,5 hectares, au nord de Combronde, n’a pas trouvé preneur et devrait faire l’objet d’un nouvel appel à projets. Il resterait, selon la CNR, cinq hectares accessibles sur les 55,7 du port fluvial.

« Les opérateurs intéressés doivent utiliser du transport fluvial ou ferroviaire, indique Pierre Meffre. Nous sentons une vraie demande sur le fret ferré. Mais le fluvial peut encore développer ses capacités et se poser en réelle alternative à la route ».

Encourager le report modal

Stéphane Paglia, président de la Chambre de commerce et d'industrie du Pays d’Arles, et Julie Escalier, sa 1ère vice-présidente déléguée au port, en sont également convaincus. Plusieurs équipements de manutention ont été acquis sur la mandature. Le dernier : un outil de gerbage représentant 170 000 euros. A la suite d’une étude de préfiguration, d’autres investissements encore plus ambitieux sont envisagés pour accroître un trafic de l’ordre de 520 000 tonnes. « Le plan représente 6 millions d’euros d’investissements pour favoriser son expansion », indique Julie Escalier. Pour Benoît Ponchon, directeur du port fluvial, « la stratégie vise clairement à encourager le report modal. Notre rôle, c’est de s’adapter très vite, de nous doter des équipements qui accélèrent les opérations de manutention et de traiter avec le plus grand soin des marchandises à la fois diverses et très techniques, céréales, bois, ballast, engrais, ferrailles, sel de déneigement, liants, cendres volantes, bobines d’acier... Nous avons développé une vraie expertise ».

« Aujourd’hui, une telle infrastructure multimodale est un outil de développement de l’économie du territoire, renchérit Stéphane Paglia. Grâce au fleuve et au fer, on peut diminuer la présence des camions sur les routes et accompagner la transition de notre société. Les mentalités évoluent, nous devons apporter des solutions opérationnelles. Nous envisageons d’implanter une station d’avitaillement en hydrogène et gaz naturel liquide (GNL). Nous voulons aussi accueillir des conteneurs, il existe une demande ».

A l’étude également une plateforme biomasse, toujours pour renforcer l’axe « économie circulaire », et, du côté de Tarascon, un terminal de transport combiné rail-route. Vice-président de la communauté d’agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette, Jean-Michel Jalabert assure que « plusieurs centaines d’emplois peuvent en découler si on mène les projets jusqu’au bout ».

Maillon essentiel sur l’axe Rhône-Saône-Méditerranée

Le port fluvial se pose en tout cas en pilier de croissance sur le Rhône. Présidée par Cécile Avezard, l’association MedlinkPorts a remis au ministre des Transports cet été un « plan d’action pour dynamiser le transport fluvial sur l’axe Méditerranée-Rhône-Saône », autour de quatre axes déclinés en une soixantaine d’actions. Né du travail des professionnels du report modal, ce rapport réclame de diminuer le coût de la manutention et d’améliorer fiabilité et productivité, de capter de nouveaux flux, de favoriser l’investissement dans les systèmes de transports fluviaux afin d’inciter les chargeurs à y avoir recours et enfin, d’accélérer le verdissement et la digitalisation des services. Objectif : enrayer le recul du fluvial sur l’axe alors que le mode progresse en France et accroître le report modal qui stagne entre 4 et 6% selon les années contre 70% pour le routier.

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