Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'informations locales, économiques et judiciaires en PACA

Focus Les Orres : un parc expérientiel unique pour améliorer le modèle économique de la station

Hautes-Alpes Publié le - - Territoires

Les Orres : un parc expérientiel unique pour améliorer le modèle économique de la station
M.-F. Sarrazin - Plutôt que de subir les nouvelles technologies, le maire des Orres Pierre Vollaire préfère en tirer parti.

Pierre Vollaire, c'est le maire connecté du massif alpin. Cet entrepreneur est le fondateur de l'entreprise high-tech gapençaise ARD, cédée en 2012, et du forum dédié aux nouvelles technologies Ocova. Tout naturellement ce penchant investit progressivement la station des Orres dont il est le maire depuis 2014 si bien qu'un parc utilisant les nouvelles technologies devrait y voir le jour d'ici deux ans.

Fin 2020, la station des Orres ouvrira un parc expérientiel des sports et loisirs de montagne. Le premier au monde. Un lieu indoor et outdoor où il sera possible, grâce à la réalité virtuelle, à la réalité augmentée, à l'Internet des objets et aux hologrammes, de goûter d'une autre manière aux activités pratiquées habituellement en montagne. « Notre ambition, à travers la technologie, est de faire aimer et pratiquer la montagne à des jeunes et moins jeunes pour qu'ils en deviennent des consommateurs réguliers », martèle Pierre Vollaire, le maire de la station. Ce qui a amené l'élu à s'interroger sur l'avenir des Orres, c'est un chiffre : entre 1995 et 2015, les stations françaises ont enregistré une baisse de la fréquentation des jeunes de 30 %. « On doit de nouveau les intéresser, estime Pierre Vollaire. Le public veut de plus en plus vivre des expériences, des sensations et les partager avec sa communauté. »

Même s'il est important pour lui de continuer à investir sur les métiers de base des Orres, à savoir le ski et le VTT, en développant la qualité des équipements, le maire considère que le parc expérientiel permettra de favoriser un tourisme quatre saisons et d'améliorer le modèle économique général de la station. Le complexe devrait se situer au sommet de Bois Méan, aux Orres 1800, non loin de la via ferrata pour pouvoir créer des synergies avec les espaces naturels alentour. L'architecture sera à la fois novatrice et bien intégrée à l'environnement.

« Les expériences vécues sur le parc vont continuer à se dérouler sur le domaine »

Si le maire se montre encore prudent sur le contenu précis de ce parc, il en donne déjà les grandes lignes. Sur 2000 m², le parc indoor comprendra des animations autour du ski, du VTT, du bobsleigh, du parapente, de l'escalade notamment. Dans ce dernier cas, les pratiquants doivent s'agripper à des prises définies de manière virtuelle à un rythme plus ou moins soutenu. La partie outdoor, également en cours de définition, permettra de tester d'autres sensations, « un peu de glace, un peu de vertige », distille le maire, bien énigmatique.

Le programme prévoit des passerelles entre le parc et la nature environnante. « Les expériences ludiques vécues sur le parc vont continuer à se dérouler sur le domaine. Il sera possible d'organiser des challenges, des jeux, des mesures de performance avec des capteurs, de les partager avec sa communauté pour se mesurer aux autres. » Ces technologies se destinent également aux sportifs, qu'ils soient débutants ou de compétition, en leur permettant d'améliorer leurs performances en les équipant eux et les pistes de capteurs.

En complément, le centre station 1650, qui ne dispose que d'une piscine d'été ouverte deux mois dans l'année, va être doté d'un centre aquatique multisensoriel. Les espaces piscine, spa et fitness seront couplés aux technologies récentes liées à l'eau, à l'image, à l'immersion ou encore à l'aromathérapie pour procurer des sensations inédites.

« Nous ne voulons pas faire de la station un parc d'attraction »

Le maire cherche à mettre en œuvre des infrastructures et technologies aux contenus évolutifs pour renouveler ces expériences régulièrement.

« Nous voulons être suffisamment attractifs pour ne pas reproduire ce que chacun peut faire chez soi avec des lunettes de réalité virtuelle et nous ne voulons pas faire de la station un parc d'attraction où l'on ne vient qu'une seule fois. Nous souhaitons faire aimer la montagne et inciter les gens à pratiquer ces sports en réel », insiste Pierre Vollaire.

Le maire des Orres espère créer un modèle vertueux et « réplicable » ailleurs, dans les autres stations françaises. La reproductibilité des innovations, c'est justement l'une des conditions sine qua non pour obtenir des fonds dans le cadre du programme « Territoires d'innovation de grande ambition », lancé par l'Etat et géré par la Caisse des dépôts au titre du Programme d'investissements d'avenir, pour lequel les Alpes du Nord et du Sud font candidature commune. « Pour l'appel à projets, nous préparons une candidature à l'échelle du massif des Alpes, pilotée par le Cluster Montagne. Chaque station a un projet dans un domaine bien particulier. Le cahier des charges sort fin juin pour une réponse en janvier 2019. A la clé, de l'argent disponible sous la forme de fonds propres ou de subventions. »

« Il est primordial d'avoir des entreprises à nos côtés »

Le financement devrait également reposer sur des fonds de la région, de la Caisse des dépôts et des partenariats privés avec des entreprises françaises et internationales. « Il est primordial d'avoir des entreprises à nos côtés, sans quoi un modèle purement public aujourd'hui est voué à sa perte », estime-t-il. Le voyage de Pierre Vollaire en Corée du Sud a posé les jalons d'un partenariat futur. « Là-bas, la technologie est rentrée dans leurs gênes, leur culture. On mesure que le soleil se lève à l'est. »

La réalisation du projet dans sa globalité coûte 21 M€, 16 M€ pour le parc expérientiel et 5 M€ pour le centre aquatique multisensoriel : 4 M€ de terrains, 7 M€ de bâtiments, 9 M€ d'équipements et d'installations, 1 M€ d'aménagements de circulation. Le projet devrait générer la création de 100 emplois directs et indirects.

La forme juridique de la structure est à l'étude, avec l'aide de la Caisse des dépôts. « La Semlore [Société d'économie mixte locale des Orres, NDLR], l'acteur majeur qui intègre à la fois les remontées mécaniques et l'office de tourisme, donne de bons résultats. Il y aura la création d'une structure complémentaire, qui devra parfaitement s'intégrer à l'actuelle, car il ne s'agit pas de remettre en cause le modèle économique de la station. Le projet est destiné à compléter l'offre sans vampiriser ce qui fait la réussite des Orres, à savoir le ski. »




M.-F. Sarrazin
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

TPBM Semaine Provence Journal d'annonces légales et d'informations locales, économiques et judiciaires en PACA

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer