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Philippe Donat et Jean-Jacques Castillon : paroles de bâtisseurs varois

Var le - - Economie

Philippe Donat et Jean-Jacques Castillon : paroles de bâtisseurs varois
O. Réal - Jean-Jacques Castillon et Philippe Donat.

La passation de pouvoir à la présidence de la Fédération du BTP du Var entre Philippe Donat, président sortant, et Jean-Jacques Castillon, nouvellement élu, aura lieu le 23 mars, au Domaine de la Baratonne à La Garde. A cette occasion, la Fédération du bâtiment et des travaux publics du Var fêtera ses 80 ans. Paroles de bâtisseurs...

TPBM : Philippe Donat, six ans de mandature sur fond de crise, cela permet-il de bâtir l’avenir quand même ?
Philippe Donat : Oui, même dans l’adversité, on peut bâtir. Comme tous les chefs d’entreprise que nous sommes, au-delà du fait que quand tout va bien nous savons gérer, quand les crises nous rappellent à l’ordre, notre rôle doit être encore mieux maîtrisé. Nous avons eu l’obligation de nous remobiliser, à la fédération comme dans nos entreprises, pour passer ces périodes troublées tant en gardant la qualité de travail et de services, ainsi que notre autonomie financière. Cela oblige à être plus créatifs, plus imaginatifs dans nos organisations, générant aussi des avancées en la matière…

Jean-Jacques Castillon, avez-vous la même philosophie dans l’adversité ?
Jean-Jacques Castillon : Complètement, et si la crise perdure, il est évident que ce qui a été mis en place par Philippe (Donat), et avant lui par Serge (Ramonda), devra être continué et même amélioré. Ce n’est pas une mince affaire de gérer les difficultés. Espérons que la conjoncture s’améliore et que l’on ait autre chose à faire que d’essayer de passer la vague. Cela nous laissera plus de temps pour nos entreprises et pour les adhérents. Nous avons réussi à nous recentrer sur le primordial, en resserrant les boulons, en réduisant la voilure, à l’unisson du mot d’ordre national. Essayons de remettre de la voile et d’avancer plus vite.
P. D. : Tout ce qui a été fait est l’œuvre collective d’un bureau d’élus engagés et expérimentés, comme Jean-Jacques qui connaît parfaitement bien la maison, et d’une équipe à la Fédération que manage avec talent Cyril Bolliet, le secrétaire général.
J.-J. C. : Il y a une continuité dans la démarche et la volonté d’aller dans le même sens, contrairement aux alternances politiques qui défont souvent ce qui a été réalisé avant. Nous poursuivons l’œuvre commune, nous l’améliorons au fil du temps.

Passons en revue les grandes luttes et grands chantiers de ces dernières années et en cours. A commencer par le combat contre les Offres anormalement basses (OAB) et la concurrence déloyale. Quel est l’état des lieux ?
P. D. : C’est une problématique nationale comme départementale. Cela a été, c’est encore et ce sera demain une lutte de première importance, de fond aussi auprès des collectivités. Il ne faut pas lâcher sur le sujet, c’est trop grave et très compliqué car malgré nos efforts pour convaincre les donneurs d’ordre publics du danger des OAB, vis-à-vis de nous, de la qualité des travaux et de l’économie en général, le moins-disant a la vie dure…
J.-J. C. : Cette lutte régie par des textes n’est pas effective. Les collectivités, qui ont les moyens de l’appliquer si elles le veulent, ne le font pas ou peu, de peur d’être attaquées par un moins-disant et de se faire condamner. C’est une situation effectivement très compliquée, pour tout le monde d’ailleurs, mais il faudra bien en sortir, et si possible par le haut.
P. D. : Soyons clairs, nous avons tous fait une fois dans notre vie le prix le plus bas. Ce peut être un acte de bonne gestion d’un bon chef d’entreprise qui veut éviter de licencier. A ce propos, licencier n’est ni notre vocation ni dans nos gènes, c’est important de le rappeler. Mais, quand le prix bas est une stratégie d’entreprise, contrairement à la philosophie de la majorité d’entre nous, il est indispensable de veiller à ce qu’il ne soit pas anormalement bas, notamment par l’emploi de travailleurs détachés. La généralisation de la carte du BTP sur les chantiers devrait améliorer cela.

Retrouvez l'intégralité de cette interview dans le n°1173 (parution le 15/03/2017). 

80 ans en un ouvrage :

Pour les 80 ans de la Fédération du BTP du Var, le secrétaire général Cyril Bolliet a mis tout son cœur à l’ouvrage dans un document qui fera date. Le livre intitulé « 80 ans », tout simplement, est un formidable travail de mémoire, réalisé avec le grand talent qu’on lui connaît et qu’il a sublimé, au nom de tous les siens. Il est non seulement bien fait, bien écrit, bien pensé, avec ingéniosité, mettant en évidence l’histoire varoise au sein du récit national, mais aussi bien bâti. Les fondations sont solides, facilitant l’harmonie entre gros et second œuvre, offrant de la fluidité de lecture servie par une fraîcheur printanière permanente. L’humain est à tous les étages, à la fois dans le volet « itinéraire de l’organisation professionnelle » et dans ceux dédiés à « l’entreprise au cœur du combat ». Un regard sur l’histoire qui redonne de la valeur à la noblesse de l’engagement et rappelle la profondeur des racines. « Un présent sans passé n’a pas d’avenir », disait l’historien Fernand Braudel…




Olivier Réal
Journaliste

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