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Philippe Deveau, président de la FBTP 13 : "Le département manque de grands projets"

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Philippe Deveau, président de la FBTP 13 : "Le département manque de grands projets"
F. Delmonte - Malgré la reprise amorcée, Philippe Deveau, président de la FBTP 13, s'inquiète du manque de visibilité pour 2019.

L'activité du BTP a repris des couleurs en 2017 dans les Bouches-du-Rhône. La reprise qui s'est accélérée l'an dernier devrait se maintenir en 2018. Mais tous les nuages ne sont pas dissipés. La Fédération du BTP 13 (FBTP 13) s'inquiète du manque de visibilité pour 2019. Et les problèmes d'insécurité sur les chantiers demeurent. Le sujet sera à l'ordre du jour des premières « Assises de la sécurité » organisées ce 28 mars à Marseille.

Le secteur du BTP buccorhodanien a retrouvé des couleurs en 2017. « Après plusieurs années de crise, la reprise amorcée en 2016 s'est accélérée l'an dernier », observe Philippe Deveau. Et le président de la Fédération du BTP des Bouches-du-Rhône (FBTP 13) de mettre en avant le regain des mises en chantier de logements neufs qui ont vu leur nombre bondir de 13,5 % pour atteindre 14 800 unités. « Près de 15 000 logements, c'est quasiment le niveau de production d'il y a dix ans, avant la crise financière », avance le dirigeant.

Cette embellie rejaillit évidemment sur l'emploi. Au troisième trimestre 2017, le nombre d'emplois salariés a progressé de 2,4 % dans le département. Même tendance, mais plus marquée, sur l'intérim. « En panne depuis huit ans, le recours à l'intérim est enfin reparti à la hausse de 12,3 % à fin octobre 2017 », note Philippe Deveau. Cet élan retrouvé devrait se maintenir en 2018, la FBTP 13 tablant sur une croissance « de l'ordre de 2 % », rythme en ligne avec la prévision nationale.

Inquiétudes pour 2019

Tous les clignotants ne sont cependant pas repassés au vert. Le nombre d'entreprises ayant déposé le bilan s'est accru de 15 % en 2017 par rapport l'année précédente. « Près de 150 boîtes ont mis la clef sous la porte car elles n'ont pas réussi à financer leur croissance, victimes de leur faible trésorerie malgré des carnets de commandes bien garnis », pointe le président de la FBTP 13. Derrière ce paradoxe de « la mort en bonne santé », les professionnels épinglent la responsabilité des banques : « Il faut qu'elles soient plus au soutien des entreprises », lance Philippe Deveau, rappelant que « 60 % des entreprises de BTP départementales ont moins de 10 salariés ». La sensibilisation des banquiers est donc l'un des chevaux de bataille de la fédération dans les prochains mois. Après avoir rencontré le président de la fédération régionale des banques, le patron de la FBTP 13 a ainsi instigué une série de rencontres croisées entre dirigeants et chefs d'agence bancaire. « L'idée est de permettre à chacun de découvrir la réalité du quotidien des entreprises », explique Philippe Deveau.

Autre motif de préoccupation : le manque de visibilité pour 2019. « L'année prochaine s'annonce compliquée. Les bailleurs sociaux ont mis le pied sur le frein. Or, ils représentent près de 30 % de la production de logements via les achats en Vefa*. Moins de ventes en bloc, cela signifie une baisse des demandes de permis de construire », constate le dirigeant. Les chiffres de la Cellule économique régionale de la construction (CERC) apportent de l'eau au moulin de ces inquiétudes : fin 2017, le nombre de logements autorisés dans le département est en repli de 17,8 % (14 183 logements).

Assises de la sécurité

Au-delà de la conjoncture, la FBTP 13 reste mobilisée sur les grands dossiers qui structurent l'environnement des chantiers. Le premier de ces sujets est la sécurité. Cet enjeu crucial sera à l'ordre du jour des premières « Assises de la sécurité » qui se dérouleront le 28 mars prochain à Marseille en présence du préfet de police Olivier de Mazières.

« On a été précurseurs en 2004 avec l'opération "Ras le vol" montée en partenariat avec les forces de l'ordre et la justice. Ce plan de bataille s'est renforcé en 2015 avec la création du Groupe local de traitement de la délinquance (GLTD) par le parquet de Marseille. Ces Assises de la sécurité seront l'occasion de marteler l'importance de ces enjeux en présence de tous les acteurs concernés », indique le président de la FBTP 13.

Les points d'orgue de cet événement seront deux tables rondes, l'une sur la présentation du dispositif « Ras le vol », l'autre sur la mise en place du « lot zéro », lot dédié à la sécurité dans les marchés de travaux. Un sujet malheureusement toujours au cœur d'une actualité brûlante : le 7 février, un grave incident s'est produit sur le chantier de rénovation urbaine de la cité des Flamants, dans les quartiers nord de Marseille. « Plusieurs individus s'en sont pris violemment aux salariés d'Eiffage. L'un des compagnons a reçu un coup de burin sur la tête. A l'heure qu'il est, on ne sait pas s'il en gardera des séquelles. Une cellule psychologique a été mise en place. Le chantier a été interrompu durant deux semaines », relate Philippe Deveau.

Autre rendez-vous phare : les rencontres « Galaxie BTP ». Cet événement s'inscrit désormais dans le calendrier des dirigeants avec une troisième édition prévue le 19 avril. « Durant une matinée, les chefs d'entreprise ont l'opportunité de rencontrer l'ensemble des acteurs œuvrant dans la filière du BTP : assureurs, banquiers, organismes de formation, associations d'insertion, caisse des congés payés… », précise Philippe Deveau.

Vigilance sur les PPP scolaires

En marge de ces manifestations, la FBTP 13 mobilise des groupes de travail sur des thèmes intéressant l'avenir de la filière. Une équipe s'est ainsi mise en place pour plancher sur les contrats de Partenariat public-privé (PPP) lancés par la ville de Marseille pour la rénovation d'une trentaine d'écoles. « On veut comprendre, analyser, expliquer », explique Philippe Deveau. Critiquée par les architectes, la procédure ne suscite pas de rejet a priori au sein de la sphère du bâtiment. « Supprimer des écoles qui mettent les enfants en danger est une bonne chose », rappelle le patron de la FBTP 13. Difficile de faire la fine bouche vis-à-vis d'un programme qui représente « plus de 350 millions d'euros de travaux sur sept ans ». Mais pas question de laisser les marchés préemptés par les majors. « On souhaite la mise en place d'un observatoire associant les aménageurs, les promoteurs, les maîtres d'œuvre… », avance le dirigeant. Une vigie « qui devra veiller à l'accès des PME et autres TPE » à cette commande spécifique.

* Vente en l'état futur d'achèvement.




William Allaire
Journaliste

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