AccueilTerritoiresPellenc ST : l’industrie française du recyclage se construit à Pertuis

Pellenc ST : l’industrie française du recyclage se construit à Pertuis

Pellenc ST, seul fabricant de machines françaises de tri des déchets implanté à Pertuis, investit 10 M€ pour accroître sa production et son centre de recherche. L’industriel vauclusien vise la création de 100 nouveaux emplois d’ici trois ans.
Jean Henin, 43 ans, PDG de l’entreprise Pellenc ST depuis bientôt 10 ans, lance la réalisation de trois nouveaux ateliers pour répondre aux besoins de développement.
E. Brugvin - Jean Henin, 43 ans, PDG de l’entreprise Pellenc ST depuis bientôt 10 ans, lance la réalisation de trois nouveaux ateliers pour répondre aux besoins de développement.

TerritoiresVaucluse Publié le ,

L'avenir de la planète passe aussi par la gestion de nos déchets. Pellenc ST, qui depuis deux décennies réalise des machines de tri destinées aux déchets ménagers pour permettre leur recyclage, voit l’avenir en grand. L’entreprise de Pertuis investit aujourd’hui 10 M€ pour accroître sa capacité de production de 230 machines en 2021, à 300 dès la fin de cette année. Pour relever ce challenge, Jean Henin, 43 ans, PDG de l’entreprise depuis bientôt 10 ans, lance la réalisation de trois nouveaux ateliers pour répondre aux besoins de développement.

Le Grand Avignon projette de construire une déchetterie modèle

Un nouveau bâtiment de 1 350 m2 en cours de construction absorbe 4,5 M€ de l’investissement pour accueillir des équipements de simulation des futures machines de tri. En début d’année prochaine, les chercheurs disposeront d’une nouvelle halle de 900 m2 pour réaliser leurs expériences. Fin 2023, Pellenc ST sera livré d’un atelier de 2 140 m2 pour assurer la croissance de sa production.

Détection optique

Pour répondre à ses clients situés à70 % en Europe, au Japon et aux états-Unis, le seul fabricant français de machines de tri de déchets croise plusieurs technologies. Chez ses clients, les contenus de nos poubelles ménagères et sacs jaunes tombent sur un tapis de 80 centimètres à 2,8 mètres de large suivant les modèles de machines. Les déchets avancent à grande vitesse, entre 3 et 4,5 mètres par seconde, puis sont soulevés par un tapis d’air.

Pellenc ST s’agrandit pour mieux construire l’économie circulaire de demain

Une forte source lumineuse éclaire chaque élément. Par réflexion de la lumière, des spectromètres proches de l’infrarouge, détectent la nature du déchet par types de textiles, de plastiques, de métaux, de cartons ou de papiers. Suivant sa nature, chaque élément est éjecté de la ligne par des buses d’air comprimé. Chaque famille de matériaux sera ensuite broyée et mise en balle.

Pellenc ST - Machine de tri
Demain, chaque emballage pourrait être équipé d’un filigrane invisible à l’œil nu réalisé lors de sa fabrication. Il reconnaîtra la qualité exacte du matériau d’emballage, sa taille, son poids pour assurer un tri optimisé. (Crédit : Emmanuel Brugvin)

Nouvelle matière première

La matière première vient des emballages ou de carcasses de voitures broyées après désossage. « Notre objectif est de proposer à l’industrie du recyclage des produits de qualité en phase avec le cahier des charges industriel et concurrentiels avec ceux issus des filières classiques », souligne Thibault Labeyrie, chef de projet sur les nouvelles machines.

Le service recherche et développement améliore sans cesse la lecture par spectrométrie des matériaux pour affiner la qualité du tri et s’est constitué une "matériauthèque" sous forme de base de données continuellement enrichie.

Un service R&D ultra performant

Pour améliorer encore le process, l’entreprise développe d’autres moyens de lecture. Les rayons X analysent les métaux, notamment la demi-douzaine d’aluminium différents, à isoler pour être revendus. Les chercheurs travaillent sur la mise en place de caméras à haute définition ultra rapides. L’analyse de chaque pixel de leurs images permettra d’affiner la sélection réalisée par les spectromètres.

Pellenc ST s’investit également dans le grand projet européen HolyGrail 2.0. Demain, chaque emballage pourrait être équipé d’un filigrane invisible à l’œil nu réalisé lors de sa fabrication. Il reconnaîtra la qualité exacte du matériau d’emballage, sa taille, son poids pour assurer un tri optimisé. Les ateliers n’attendent plus la mise en place de la réglementation pour livrer les premières machines à leurs clients.

Un peu d’histoire

Pour comprendre l’histoire de l’entreprise vauclusienne, remontons en 1973. Roger Pellenc, professeur de technologie, aujourd’hui maire de Pertuis, et Jean-Paul Motte, passionné de sciences appliquées, restent convaincus que l’avenir de l’agriculture passe par la modernisation des pratiques. La société Pellenc SA produit toute une série d’outils (sécateurs électriques, machines à vendanger, lignes de vinification…) aujourd’hui de notoriété internationale. Cette soif de progrès amène l’entreprise à développer, en 1992, un robot cueilleur de pommes qui reconnaît la maturité du fruit à sa couleur.

Sittomat : des bacs gris pour simplifier la vie

En 2001, une partie des salariés de l’entreprise demande à Pellenc SA de créer une nouvelle société pour exploiter cette technologie appliquée au tri des déchets ménagers. Pellenc ST, comme Sélective Technologies, est née. Les idées fusent dans ces équipes à l’esprit startup qui rencontrent des difficultés lors de la crise financière de 2008. C’est ensuite que Jean Henin, qui travaille chez Nespresso, arrive et fait passer l’entreprise au stade industriel.

« Nous apportons à nos clients de la fiabilité, de la qualité avec des machines qui fonctionnent en permanence, assure Jean Henin. Notre entreprise dispose de nombreux commerciaux et techniciens sur le terrain qui accompagnent chaque client. Le monde du recyclage change sans cesse au rythme des modes de consommation. Nous proposons des machines évolutives dans le temps. Nos clients les adaptent suivant leurs besoins. Nous travaillons à 85 % avec des fournisseurs et partenaires français. Cette approche nous met à l’abri des contraintes de la Covid et des soucis logistiques actuels. »

Capteurs connectés

Pour assurer cette qualité de service, chaque machine dispose d’une quinzaine de capteurs connectés. L’industriel collecte l’ensemble des données des spectromètres, vitesses des tapis, courants électriques, débits d’air sur un cloud sécurisé pour alimenter ses outils d’intelligence artificielle. « Tous les trois mois, nous envoyons à chaque client un rapport sur le fonctionnement de leurs machines, explique Antoine Delécluse, responsable connectivité de l’entreprise. Ces informations lui permettent d’améliorer constament ses procédés industriels. Nous lui apportons également des conseils en termes de maintenance prédictive afin d’intervenir avant qu’une panne ne survienne, voire, nous lui proposons des améliorations issues de nos recherches et retours d’expérience sur l’ensemble des machines. »

Aujourd’hui, cette entreprise dans laquelle Jean Henin est majoritaire et où Roger Pellenc conserve quelques participations, répond à une véritable demande. En Europe, sur 50 millions de tonnes de plastique produits chaque année, seules 10 millions sont recyclées. Les consommateurs et industriels s’avèrent toujours plus exigeants sur les bonnes pratiques environnementales. Pour les satisfaire, Jean Henin compte, d’ici 2025, doubler le chiffre d’affaires et recruter 100 nouveaux collaborateurs essentiellement de terrain.

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