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pollution lumineuse Paul Verny : « Il faut se tourner vers un éclairage "intelligent" »

Publié le - - Urbanisme

Paul Verny : « Il faut se tourner vers un éclairage "intelligent" »
Cerema - Paul Verny, responsable de la mission « éclairage, maîtrise de l'énergie et des nuisances liées à la lumière » au Cerema Méditerranée.

Paul Verny, responsable de la mission « éclairage, maîtrise de l'énergie et des nuisances liées à la lumière » au Cerema Méditerranée (Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement, établissement public sous la tutelle du ministère de la Transition écologique et solidaire), fait le point sur l'évolution de la règlementation et l'importance de lutter contre la pollution lumineuse. Des solutions existent pour concilier un éclairage public (et privé) plus respectueux de l'environnement, du ciel nocturne et de la biodiversité.

TPBM : Qu'est-ce que la pollution lumineuse ?
Paul Verny : Plusieurs définitions existent dont celle de Kobler en 2002 : la pollution lumineuse est le rayonnement lumineux infrarouge, ultraviolet et visible émis à l'extérieur ou vers l'extérieur, et qui par sa direction, intensité ou qualité peut avoir un effet nuisible ou incommodant sur l'homme, sur le paysage ou les écosystèmes. Depuis plusieurs dizaines d'années, notamment en conséquence de la forte croissance urbaine qui a généré un accroissement du nombre de points lumineux, l'impact de l'éclairage artificiel sur la biodiversité fait désormais l'objet de nombreuses études, même si la connaissance scientifique reste à approfondir. Dans les années 1990, les astronomes amateurs ont également pointé du doigt cette croissance de l'éclairage artificiel qui tend à générer un masque visuel pour l'observation du ciel, ce dernier étant plus clair, les étoiles les moins lumineuses ne sont plus visibles.

Comment diminuer sa pollution lumineuse ?
Nous voyons encore trop souvent des installations récentes qui sont aberrantes, soit dans leur conception technique, soit parce qu'elles ne répondent pas ou mal au besoin des usagers. Il faut se tourner vers un éclairage « intelligent », plus respectueux de l'homme et des écosystèmes. Il est également judicieux de mettre aux normes les installations en incluant des technologies qui permettent de gérer l'éclairage en fonction de la saison et de la temporalité. Il suffit, quand cela est envisageable, d'éteindre les lumières quand on n'en a plus besoin, d'éteindre les vitrines commerciales la nuit, graduer l'éclairage, choisir des LED pour diminuer la puissance même si ces dernières ne s'imposent pas forcément systématiquement, notamment lorsque les enjeux de préservation de la biodiversité sont importants. Il faut se rappeler que la première énergie économisée est celle que l'on ne consomme pas.

Quel est l'impact de l'éclairage artificiel sur la biodiversité ?
Si certaines espèces semblent s'adapter à cette lumière artificielle, dans la majorité des cas, elle bouleverse les équilibres et comportements de ces espèces, y compris à des valeurs d'éclairement très faible. Les spectres* des lampes peuvent interférer sur l'alimentation des mammifères, les déplacements des oiseaux dont les oiseaux migrateurs, la reproduction des amphibiens et des insectes, la croissance et le développement des poissons… La lumière affecte également la flore. Concernant les LED, c'est notamment la forte composante bleue qui peut accentuer l'impact de la lumière, au-delà des aspects quantitatifs.

Pour une commune, une communauté de communes, une agglomération, il est intéressant d'associer à la discussion sur l'éclairage artificiel un expert en biodiversité. Travailler ensemble offre des solutions mieux adaptées, parfois innovantes et plus respectueuses des écosystèmes. Tout le monde est gagnant.

* La lumière est caractérisée par une distribu­tion spectrale (émission à différentes longueurs d'onde, unité = nano­mètre), perçue comme une « couleur » qui est la résultante d'une somme d'émissions à différentes longueurs d'onde, et fortement influencée par sa composante dominante.

L'intégralité de cette interview et notre dossier consacré à la pollution lumineuse sont à lire dans le numéro 1299 de TPBM (parution le 14/08/2019). Cliquez ici pour découvrir nos offres d'abonnement (à partir de 20€/an).



Isabelle Cambos
Journaliste

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