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Patrick Valverde : "L'innovation est un moteur de croissance"

Var Publié le - - Economie

Patrick Valverde : "L'innovation est un moteur de croissance"
O. Réal - Patrick Valverde est notamment directeur de Toulon Var Technologies depuis 1991

Directeur de Toulon Var Technologies depuis 1991 et président du Rétis, entre autres multiples casquettes, Patrick Valverde accompagne depuis plus de 20 ans les entreprises vers l'innovation et les nouvelles technologies. Il a adapté et préparé le territoire, en particulier toulonnais, aux grandes mutations économiques des dernières décennies.

Innover fait partie du quotidien professionnel de Patrick Valverde depuis la création en 1988 de Toulon Var Technologies qu'il dirige, mais aussi au sein de Retis, réseau français de l'innovation où il a été élu président en 2013 (après avoir occupé la vice-présidence en charge de l'international). Il préside également l'Incubateur Paca-Est et occupe les fonctions de vice-président de l'école d'ingénieurs Isen à Toulon ainsi que du réseau européen EBN dédié à l'accompagnement vers l'innovation des entreprises.

TPBM : En préambule comment définir l'innovation ?
Patrick Valverde : Innover c'est réaliser différemment des services ou produits en les adaptant à l'évolution du marché, soit par des ajouts technologiques, soit par des méthodes et productions à l'écoute des usages. Il s'agit pour les rendre profitables de bien appréhender et intégrer les nouveaux éléments de changement de la demande et des besoins. Cela constitue un moteur de croissance, voire un moteur d'existence, car aujourd'hui les services et produits qui ne correspondent plus aux attentes meurent, tout simplement.

Désormais, les entreprises doivent intégrer l'innovation dans leurs process pour éviter de disparaître.

Cette évolution est intimement liée depuis une dizaine d'années à l'explosion du numérique de façon transversale, à la multiplication des échanges et la progression fulgurante de leur rapidité.

La concurrence est globale et mondiale, mais aussi accélérée. Cela ne s'arrête plus aux seules sociétés technologiques comme par le passé, cela touche également les innovations d'usage et de façon de faire. Le principal vecteur est le consommateur. Il est devenu nécessaire pour les entreprises de s'adapter aux nouvelles demandes, la technologie n'étant plus l'élément déterminant. Nous consommons à présent de la nourriture, de la musique, de la mode… Différemment.

TPBM : TVT Innovation évolue dans cet état d'esprit depuis le début, il y a 27 ans. Quel regard sur ce cheminement à Toulon des notions immatérielles ?
TVT incarne en effet cette pensée articulée autour du triptyque formation-recherche-innovation, sachant que cette fertilisation croisée a longtemps permis la croissance d'un périmètre centré sur la technologie, notamment à Toulon dans l'environnement des systèmes complexes de défense et leur diversification vers des activités civiles.

Aujourd'hui, ici comme ailleurs, les entreprises, y compris les grandes, s'appuient plus sur l'innovation d'usage que sur la s​cience. Facebook, Apple, Google, Amazon, ces 4 géants sont liés au numérique au sens large, mais surtout à la façon novatrice dont ils utilisent leurs compétences au service des usagers. Nous sommes plus dans l'innovation de services et produits que dans la recherche scientifique de rupture.

L'anticipation des changements imaginée par TVT il y a 27 ans était adaptée à notre territoire, celui-ci étant à l'époque en retard sur tout… Il s'agissait aussi de se mettre à niveau en se disant qu'il en découlerait des choses positives. La question de l'investissement dans la formation, la recherche, l'innovation, n'était pas évidente, mais la vision du président-fondateur Daniel Colin et de son entourage était d'offrir à nos enfants une capacité de se former dans l'enseignement supérieur, à nos entreprises des perspectives de recrutement local de haut niveau, au territoire une ouverture sur le monde, pensant que la dématérialisation allait arriver et qu'il fallait être à la hauteur le moment venu.

Dès 1993, avec l'Infothèque régionale pour l'industrie et les sciences (Iris), TVT a diffusé le Net dans les entreprises ! On nous regardait comme des martiens… Cela a préparé le terrain vers de grands changements, dans un courant mondial de technopoles, alors que les chantiers navals de La Seyne fermaient et que la défense paraissait inattaquable. Il fallait créer les capacités de rebond. Nous pensions que cela serait un plus pour l'économie locale. Or, ce n'est pas qu'un plus, c'est devenu la substantifique moelle !

TPBM : Etre inventifs, n'est-ce pas aussi savoir se renouveler sans cesse, de technopoles en pôles et autres clusters ?
Oui, avec un fil rouge sur plusieurs décennies. Les pôles de compétitivité dont on fête les 10 ans sont des outils d'accompagnement qui reposent sur l'idée que l'on peut faire des projets collaboratifs concentrés sur des filières extraterritoriales. Il s'agit de faire travailler ensemble recherche, petites et grandes entreprises.

Cela rejoint le concept de fertilisation croisée. Les pôles, les technopoles, les Centres européens d'entreprises et d'innovation (CEEI) et leurs pépinières, les incubateurs, travaillent sur les mêmes fondamentaux, appartenant dans une cohérence globale au réseau national de l'innovation Retis [présidé par Patrick Valverde, ndlr].

Si l'on résume l'évolution, les premiers acteurs en la matière étaient en France dans les années 80/90 les technopoles, dont la mission était de créer de la masse critique pour faire de la science et de l'économie. Ensuite, on a fait naître les CEEI européens (plus de 250 à ce jour) pour faire émerger de l'innovation et de la croissance, gérer les porteurs de projets, alors que les technopoles maîtrisent plus la valorisation sur leur territoire. Puis l'Etat a inventé les incubateurs il y a une quinzaine d'années afin d'encadrer la création d'entreprises à partir de l'académique sur des champs pointus. Enfin, il y a 10 ans, les pôles de compétitivité ont été fondés sur ce substrat technopolitain, avec une vision plus marketing, pour générer plus de projets et faire du structurant. Régulièrement, les pouvoirs publics imaginent des dispositifs nouveaux autour du même dessein : trouver des facteurs de croissance issus de l'innovation et de la connaissance. Cela s'appuie sur un tissu de scientifiques et d'entreprises qui n'appartiennent à personne et sont au cœur de tout cela pour créer de l'emploi, de la richesse, de l'attractivité.

En outre, on s'est aperçu dans cette superposition d'idées, à travers notre capacité à accompagner et financer l'innovation, que nous étions privilégiés en France, avec l'Anvar (Agence nationale de valorisation de la recherche), Oséo, la BPI (Banque publique d'investissement)… Un créateur d'entreprise est mieux entouré chez nous que partout ailleurs, en organismes de soutien, en compétences, en financement. En étant inventifs là aussi, nous avons su mettre en place des outils de gestion proches de ceux des entreprises…

TPBM : Quid de la gouvernance dans ce schéma ?
Sur des territoires comme les nôtres, il est primordial de fonctionner de manière coordonnée, sans doublon ni gaspillage. TVT Innovation s'est distingué sur ce champ par sa capacité à organiser, à chaque création en son sein d'un nouvel outil, une gouvernance ad hoc lui permettant conjointement d'évoluer de façon autonome, à l'image du Pôle de compétitivité Mer Méditerranée, du réseau Var Business Angels (VBA), de la filière numérique 43.117.

Le principe est de regrouper des acteurs locaux dans une même entité permettant un parcours d'accompagnement complet en lien avec les autres composantes économiques du territoire. Il y a la science, il y a l'entrepreneuriat, il y a l'innovation, mais aussi la nécessité de s'appuyer sur des dispositifs efficients.

La gouvernance est d'autant plus utile qu'elle permet d'organiser l'échange, le dialogue indirect entre les collectivités, les institutions, les grands groupes, les PME et TPE, la recherche…, bref entre tous.

Cela offre à l'entreprise la capacité de s'exprimer, d'œuvrer pour son courant d'affaires et en même temps pour l'intérêt général de son territoire.

Cette mise en réseau, la création de services adaptés aux compétences développées, l'efficacité d'accompagnement, la capacité de trouver des financements, le déploiement d'infrastructures de haut niveau…, tout cela concourt à la qualité de vie et procure une meilleure visibilité, une plus grande attractivité globale de l'environnement économique.

L'intégralité de l'entretien de Patrick Valverde est à lire dans notre dossier du numéro 1085 de TPBM (parution le 8/07/2015)




Olivier Réal
Journaliste

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