AccueilTerritoiresPaca : la filière bois confiante en son avenir

Paca : la filière bois confiante en son avenir

Réunis à Sophia Antipolis, les acteurs du secteur ont débattu de l'avenir de la filière. En Paca, le bois de construction progresse mais le renforcement de la première transformation est devenu une priorité.
L'Abeille Nice, une surélévation bois dans le quartier du port réalisée par l'architecte Mylène Duquenoy. Un exemple de création de nouveaux logements en centre ancien en utilisant ce matériau renouvelable.
MD architecte - L'Abeille Nice, une surélévation bois dans le quartier du port réalisée par l'architecte Mylène Duquenoy. Un exemple de création de nouveaux logements en centre ancien en utilisant ce matériau renouvelable.

TerritoiresAlpes-Maritimes Publié le ,

Cap sur le territoire maralpin et sa vaste couverture forestière pour la 5e édition des rencontres régionales forêt-bois organisées par l'interprofession Fibois Sud, à Sophia Antipolis. Environ 150 visiteurs et une trentaine d'exposants étaient rassemblés cette année dans les Alpes-Maritimes, dans les locaux de l'Ademe, pour débattre de l'évolution et des perspectives de la filière, de la gestion forestière à la construction bois en passant par l'utilisation du bois énergie. Une journée de débats qui a également permis de mettre en lumière la situation et les initiatives engagées dans le département des Alpes-Maritimes, le 4e département le plus boisé de France. « Notre interprofession est jeune et nous sommes en train de bâtir un écosystème régional grâce au dialogue et à la coopération qui se sont installés entre les acteurs. Tout cela dans un contexte favorable au bois », rappelle Olivier Gaujard, le président de Fibois-Sud.

Poids et enjeux de l’activité forestière de la région Paca

Ressource renouvelable, le bois est en effet au cœur de la transition énergétiqueet la RE 2020 a prévu un recours accru à ce matériau pour décarboner la construction, « ce qui fait disparaître les différences de coûts entre le bois et les matériaux conventionnels ». Il y a également une attente sociétale vis-à-vis des matériaux bio-sourcés, renouvelables et des circuits courts dont profite le bois. « Mais notre filière doit se structurer davantage pour répondre à ces demandes et en particulier la première transformation, notre point faible », ajoute Olivier Gaujard.

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Deuxième forêt française

Les chiffres tout d'abord... Avec 1,6 million d'hectares (50 % de résineux, 50 % de feuillus) couvrant plus de 50 % de son territoire régional, Paca se place en 2e position nationale après la Corse pour son taux de boisement. En 30 ans, cette forêt, à la fois alpine et méditerranéenne, a progressé d'un tiers. 870 000 m3 sont récoltés par an, soit seulement 25 % de la croissance annuelle de la forêt. En cause, les contraintes d'accès (zones de montagne, terrains pentus, absence d'itinéraires) notamment pour le bois de structure et le statut de cette forêt, 64 % privée (et morcelée) et 26 % publique.

Dans les Alpes-Maritimes par exemple, « il y a dix ans, 40 000 m3 de bois étaient mobilisés dans les forêts communales, aujourd'hui, ce chiffre est tombé à environ 20 000 m3, c'est peu par rapport à la couverture forestière », souligne François Bland, directeur de l'ONF 06 et 83. Pour le transport, la solution attendue est celle « des dirigeables-débardeurs qui vont rendre possible l'exploitation de zones difficiles et inaccessibles dans quelques années », argumente Olivier Gaujard.

À ces contraintes géographiques, s'ajoute le faible volume de sciage produit (35 000 m3 en Paca alors qu'il atteint près de 2 millions de m3 en Rhône-Alpes-Auvergne), assuré par une grosse vingtaine de scieries. « Des projets existent pour renforcer l'outil de production avec des notamment des relais de production locaux, de nouvelles structures coopératives mais il faut du temps et des investissements importants pour faire émerger de nouveaux équipements. Et la difficulté est de bien synchroniser l'adaptation de l'outil à l'évolution de la demande », précise Olivier Gaujard.

Le bois énergie et le bois d'oeuvre en hausse

Du côté de la ressource, il faut également surveiller l'impact du changement climatique et en particulier le manque d'eau dont souffrent les forêts et les arbres. « Plusieurs espèces sont touchées dans les Alpes-Maritimes, en particulier le sapin pectiné dont le déclin amorcé au début des années 2000 se confirme. Nous devons avoir des démarches pro-actives dans la régénération et l'adaptation de la forêt à ce défi climatique », analyse François Bland.

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Pour l'utilisation du bois en Paca, elle se fait à 57 % en bois énergie, 29 % en bois industrie et 14 % en bois d'oeuvre. Avec 300 chaufferies bois dans la région, un nombre de projets qui repart à la hausse, le bois énergie a le vent en poupe « à la fois à cause de son faible coût et d'un temps de retour sur investissement rapide », précise Jérôme Bonnet, directeur de l'Union régionale des communes forestières. Comme le bois d'oeuvre, le débouché qui intéresse le plus la filière car générateur de valeur ajoutée.

« Nous sommes en train d'obtenir une certification bois de structure pour le lamellé-collé en pin d'Alep, un bois régional. Cela va nous permettre de doubler sa valorisation en bois de structure », commente Olivier Gaujard. L'avenir du bois œuvre se joue aussi du côté des architectes. « En Paca, il y a 2 800 architectes, soit autant de prescripteurs qui ont un rôle important à jouer pour développer la construction bois et l'emploi de la ressource locale », affirme Jean-Baptiste Griesmar, membre du conseil régional de l'Ordre des Architectes Paca.

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Des architectes pour les solutions bois

En septembre dernier, la profession est devenue partenaire de Fibois Sud avec à la clé une série d'initiatives : la diffusion de connaissances et ressources documentaires auprès des architectes, des tables-rondes dans chaque département pour "trouver des ressources et construire local", une formation longue "concepteur construction bois bas carbone" qui va être dispensée dès 2023. Sans attendre, des architectes des Alpes-Maritimes ont pris le virage de la construction bois.

Dans le quartier du port à Nice, Mylène Duquenoy avec le collectif Supernice a mené à bien une surélévation de deux niveaux en ossature bois d'un bâtiment historique de 1850 avec une façade traitée en enduit et rythmée de bow-widows. Cette solution constructive, avec un chantier court (15 jours seulement pour le montage des éléments préfabriqués), est une réponse aux problématiques de la surélévation et la densification en centre urbain. Jean-Baptiste Griesmar, qui conçoit des projets bois « répondant à l'urgence écologique » va, après l'École d'Auron (niveau or BDM), réaliser la "Maison des Aidants" à Isola, une résidence de 22 appartements à l'entrée du village qui fera largement appel à ce matériau. Le projet est porté par la commune et Manureva Répit.

Du côté des aménageurs publics aussi, le recours aux matériaux biosourcés (dont le bois) va s'intensifier dans les années à venir. L'EPA Nice Eco-Vallée vise 30 % de ses opérations en niveau 3 du label bâtiment biosourcé d'ici 2025 et 50 % des opérations intégrant des structures bois. Des objectifs qui ne pourront être contournés car inscrits dans les consultations qui seront lancées par l'EPA.

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