AccueilEconomie"Osez un métier technique" : les chantiers, pas qu'une affaire d'hommes

"Osez un métier technique" : les chantiers, pas qu'une affaire d'hommes

Si moins de 2 % des employés sur des chantiers sont des femmes, deux d'entre elles ont témoigné lors de la matinée ''Osez un métier technique'', dédiée à l'emploi des femmes dans l'entreprise.
Vanessa Chantriaux et Angélique Gras, respectivement conductrice de travaux et conductrice d'engins de chantier.
Alain Baradat - Vanessa Chantriaux et Angélique Gras, respectivement conductrice de travaux et conductrice d'engins de chantier.

EconomieHautes-Alpes Publié le ,

« Dans le bâtiment, la part des femmes était de 12,3 % en 2020 et seulement 1,6 % travaillaient sur les chantiers », observait Dominique Dufour, préfet des Hautes-Alpes en ouverture, mardi 11 octobre dernier, de la matinée d'échanges ''Osez un métier technique'' dédiée à l'emploi des femmes dans des environnements professionnels techniques. L'association ''Les entreprises pour la cité'', organisatrice de la manifestation dans le cadre de la semaine du BTP, a convié, dans l'amphithéâtre de la Chambre de commerce et de l'industrie des Hautes-Alpes (CCI 05), des acteurs du recrutement, des grandes entreprises locales comme Veolia, Adecco et Dautremer mais aussi des salariées, à échanger sur les problématiques de transformation, de cohésion et de performance sociale dans l'entreprise où la mixité dans les métiers est un enjeu majeur.

Hautes-Alpes : le BTP 05 anticipe les enjeux de demain

« Nous sommes dans un contexte où le recrutement est une tâche compliquée. Il faut casser les stéréotypes et ouvrir les métiers à la mixité», a insisté Charlotte Bourgeois, élue de la CCI 05 et general-manager de Welco industries. « Les métiers et particulièrement ceux du BTP sont devenus accessibles à tout public », a souligné Eddy Bruhat, président directeur général de Dautremer. « On est loin, a-t-il ajouté, des métiers ''rustiques" des mâles dominants.Il faut aller dans les collèges et les lycées pour démystifier. » Les témoignages d'Angélique Gras et de Vanessa Chantriaux, respectivement conductrice d'engins de chantier et conductrice de travaux, ont rappelé que l'audace et une détermination décomplexée peuvent contrarier les règles établies du recrutement.

« Nous sommes façonnées à être discrètes »

« BEP en poche, j'ai fait des petits boulots dans la restauration, du service à la personne, le métier de caissière et aujourd'hui, je fais des tranchées avec une pelleteuse », a confié Angélique Gras. « Il faut, a-t-elle poursuivi, avoir confiance en soi, en un mot ''il faut y aller''. Il y a parfois des moments difficiles mais il ne faut pas se laisser faire. Ce métier est ouvert et évolutif et il est bien payé. »

Le parcours professionnel de Vanessa Chantriaux ne la prédestinait pas à rejoindre l'entreprise de métallerie Chevalier. « J'ai sans doute un profil très atypique et mes 10 premières années de salariée n'ont pas été faciles », a concédé Vanessa Chantriaux. « J'ai été électricienne, a-t-elle détaillé, pour les remontées mécaniques puis j'ai suivi des formations dans les énergies renouvelables. » Une opportunité l'a conduite à intégrer comme stagiaire une entreprise de métallerie. « J'ai été opportuniste dans le bon sens du terme et obstinée. De stagiaire, je suis devenu le ''chauffeur du patron'' avant de devenir conductrice de travaux », a raconté Vanessa Chantriaux. Et de conclure : « On brise le plafond de verre en étant authentique. Nous sommes façonnées pour être discrètes mais c'est l'envie qui permet de dépasser cet obstacle. »

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