AccueilEconomieOrcières : « Nous ne voulions pas seulement un exploitant de domaine skiable, mais de station »

Orcières : « Nous ne voulions pas seulement un exploitant de domaine skiable, mais de station »

Labellemontagne gérait le domaine skiable d'Orcières-Merlette depuis 19 ans, mais n'a pas été renouvelé. La commune lui a préféré l'offre de la Semilom resort. Le maire, Patrick Ricou, explique pourquoi.
Le nouvel exploitant entend rationaliser le parc de remontées mécaniques.
Orcières-Merlette - Le nouvel exploitant entend rationaliser le parc de remontées mécaniques.

EconomieHautes-Alpes Publié le , Propos recueillis par Marie-France SARRAZIN

TPBM : Depuis le 1er novembre et pour 25 ans, l'exploitation d'Orcières-Merlette est confiée à la Semilom resort, filiale de la société d'économie mixte de loisirs de la station, après 19 ans de gestion de la part du groupe Labellemontagne. Comment les négociations dans le cadre du renouvellement de la délégation de service public se sont-elles déroulées ?

Patrick Ricou : C'est une décision prise au terme d'un processus de longue haleine, un dossier important pour la station, pour la mairie et la vie de la vallée. Au lendemain des élections, le conseil municipal s'est rapidement mis au travail pour élaborer le cahier des charges de la future délégation de service public (DSP), qui devait prendre fin au 31 octobre 2021 et a finalement été prolongée d'un an du fait du Covid. Nous voulions aller au fond de la réflexion sur le devenir de la station, c'est ce qui a guidé notre travail. Après 19 ans de DSP, il s'agissait de s'interroger sur ce qui a marché ou non, sur les forces et les faiblesses d'Orcières, sur les points à améliorer, sur les décisions prises sur le domaine skiable et le palais des sports, qui fait aussi partie de la délégation.

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Nous n'avions aucune idée préconçue sur l'issue finale de cette procédure. Nous avions une collaboration plutôt intéressante et apaisée avec Labellemontagne, même si nous avons senti une évolution du groupe ces dernières années, n'engageant plus la même relation de proximité avec les collectivités locales.

Nous avons agréé deux candidatures, celle de Labellemontagne et de la Semilom. Nous ne pouvions pas nous satisfaire d'une seule. Dès le départ, j'ai été très clair avec la Sem, en restant en retrait. Une vraie compétition s'est engagée et les deux candidats se sont vraiment impliqués. Nous leur avons demandé de parfaire leur offre sur certains aspects qu'ils n'avaient pas suffisamment pris en considération : sur certains points, ils ont évolué, sur d'autres ils ont campé sur leurs positions. Il y a eu plusieurs phases de négociation sur les équipements, les investissements, le projet financier, la solidité juridique.

Le choix de la Semilom resort s'est naturellement imposé aux membres de la commission d'appels d'offres présidée par le premier adjoint. Même si l'offre de Labellemontagne était de qualité, elle n'était pas totalement satisfaisante.

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Patrick Ricou, maire d'Orcières. (Crédit : Marie-France Sarrazin ).

Qu'est-ce qui a fait pencher la balance en faveur de la Semilom ?

Son offre prenait en compte la réalité financière et budgétaire, en faisant le choix de rationaliser le domaine skiable, avec moins d'appareils, pour abaisser le coût d'exploitation. Un point non négligeable au regard du coût de l'énergie, de la maintenance, de la main d'oeuvre, des pièces détachées. Sachant qu'il est impossible d'absorber ces surcoûts avec une simple augmentation du tarif des forfaits des remontées mécaniques. Ce qui n'empêche pas de renforcer des points stratégiques.

L'avantage de la Semilom resort tient aussi à une gouvernance plus cohérente entre l'office de tourisme et l'exploitant du domaine. Elle propose une stratégie digitale forte et une vraie politique commerciale et marketing globale incluant le palais des sports, pour qu'il devienne la figure de proue d'Orcières. Cela se traduira par une offre englobant les remontées mécaniques et le palais des sports plus affirmée ; jusqu'à présent, beaucoup de nos clients n'utilisaient pas l'outil. La Semilom imagine y développer du e-sport, un espace de coworking, retravailler l'accueil et les ambiances.

La Semilom a aussi mieux appréhendé l'approche ressources humaines alors que les stations peinent à trouver des collaborateurs. Nos équipements modernes nécessitent une vraie technicité. Il s'agit de réinternaliser certaines missions de maintenance, de donner la possibilité au personnel d'évoluer et de se former. C'est d'autant plus important pour des territoires comme les nôtres qui n'ont pas d'industrie. Enfin, la Semilom prenait davantage en compte la saison d'été. Nous voulions un exploitant de station, pas simplement de domaine skiable.

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Les investissements prévus sont-ils maintenus ?

Nous partons sur un nouveau programme d'investissement. A court terme, de vieux télésièges, quasiment d'origine, seront supprimés : les Lauzières, le Montagnou et la Bergerie, en lieu et place duquel sera placée une luge quatre saisons en front de neige. Un télésiège sera construit en 2024 ou 2025, celui de la Favue, qui reliera le haut du domaine. La création d'un front de neige à 2 300 mètres d'altitude est confirmée, à travers l'aménagement du plateau de Rocherousse, sur lequel il y a déjà un restaurant d'altitude, des chiens de traîneau et des bouées sur neige.

Le développement durable sera-t-il pris en compte ?

Il est important de se lancer dans la rationalisation énergétique voire la production d'énergie renouvelable (photovoltaïque, hydroélectricité sur le réseau de neige de culture). Mais il ne faut pas occulter que le résultat est loin de couvrir la consommation énergétique de la station. L'action la plus efficace demeure la sobriété énergétique, qui se traduit par la réduction du nombre de remontées. De son côté, la commune va travailler sur l'optimisation énergétique du palais des sports, sur sa performance thermique et son isolation.

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