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Ollioules : une qualité de ville bien ordonnée…

Petite ville de quelque 14 000 âmes entre Toulon et La Seyne, Ollioules a gardé son caractère de gros village au gré de ses modernisations conduites depuis 1998 par Robert Bénéventi et ses équipes successives.
Ollioules : une qualité de ville bien ordonnée…
O. Réal - Jusque sur le parvis de l’hôtel de ville, l’olivier est ici omniprésent.

TerritoiresVar Publié le ,

La commune d’Ollioules s’est constituée historiquement autour de l’église, aux pieds du château féodal, surplombée par le massif du Gros Cerveau, sans oublier ses célèbres gorges dont elle est un point d’entrée et/ou de sortie. Ce gros village a conservé son identité, ses quartiers, tout en s’ouvrant vers une modernisation semi-urbaine, du résidentiel et de l’activité économique. La montée en puissance des développements est l’œuvre depuis 23 ans de Robert Bénéventi, maire renouvelé quatre fois et de ses équipes. Chef d’entreprise, élu dans cette ville pour la première fois en 1983, ancien adjoint aux finances, à la culture et premier adjoint avant de conduire les affaires municipales, il est rompu aux rouages de la vie publique.

Patience et longueur de temps ont présidé à l’expansion de la cité, avec un pragmatisme éprouvé dans la proximité. Les axes de dessertes de la RD 206 ont favorisé sa modernisation agrémentée d’équipements publics, et contribué à son attractivité. L’impulsion majeure provenant du choix de la Métropole Toulon Provence Méditerranée d’installer le Technopole de la mer avec, depuis 2016, l’établissement dédié aux systèmes de mission et de combat de la grande entreprise DCN devenue Naval Group, à l’étroit dans ses locaux de la base navale toulonnaise. Mille cinq cents collaborateurs, dont une majorité d’emplois métropolitains supérieurs, y travaillent, sachant que la présence de ce premier atelier logiciel d’Europe attire de nombreux sous-traitants de prestige, créant de la valeur ajoutée et du pouvoir d’achat.

DCNS Ollioules en locomotive du Technopôle de la mer

La réalisation récente et très attendue de l’échangeur autoroutier Ollioules/Sanary permet de fluidifier le trafic automobile sur les voiries et zones d’activités environnantes, qui devenait problématique au regard de cette affluence nouvelle. Une évolution globale et en devenir compte tenu du foncier disponible et des projets sur le site, que Robert Bénéventi apprécie particulièrement tout en ajoutant un bémol sous forme de regret, rappelant que le programme initial prévoyait l’implantation de l’école supérieure de commerce et des logements étudiants qui ont vu finalement le jour à Toulon Chalucet

Culture de l’intercommunalité

Le point de départ du changement de paradigme dans les évolutions d’Ollioules est l’intercommunalité, qui a pris la forme d’une communauté d’agglomération il y a 20 ans, le 1er janvier 2002, à 11 puis 12 communes, transformée en Métropole Toulon Provence Méditerranée début 2018 (440 000 habitants, 43% de la population varoise). « Nous n’étions pas enthousiastes mais nous nous sommes adaptés », reconnaît le maire. Sa première véritable expérience intercommunale avait été spéciale puisque les tensions avec la ville voisine de Toulon, alors dirigée par le FN, avaient rendu impossible la gestion partagée du Syndicat intercommunal de Châteauvallon, entrainant la suppression en 1998 de cette structure au profit du centre national de création et diffusions culturelles (devenu depuis scène nationale avec le Théâtre Liberté). Se retrouvant avec « le bébé sur les bras », il a assumé avec l’aide du Département, de la Région, de la Drac (direction régionale des affaires culturelles) et fait repartir ce haut lieu de culture en pleine nature et à l’ombre des pins. Un challenge d’autant plus difficile que de nombreux d’aménagements étaient indispensables pour combler les défaillances afin de recevoir le public dans les conditions exigées de sécurité. Le travail de pérennité accompli, Châteauvallon est entré sous le giron de l’agglomération dès sa constitution, avec un label national « architecture contemporaine remarquable » décerné en 2019 qui doit beaucoup à cette prise de responsabilités de l’époque.

Pourquoi les bâtiments de Châteauvallon ont été labellisés "architecture contemporaine remarquable"

Culture du patrimoine

Autre fait marquant dans les mandats de Robert Bénéventi, autre lien également avec la culture et l’intercommunalité, la préemption de la Maison des Têtes, qui avait subi l’orage de grêle du 13 septembre 1994 de triste mémoire. La ruine s’est vendue aux enchères, acquise par la Ville qui a préservé toutes les sculptures qui s’y trouvaient. Une longue instruction avec la Drac a permis la réhabilitation de cet ancien hôtel particulier du XVIIe siècle, son inscription à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, le classement monument historique de ses décors sculptés, et sa transformation en Centre d’interprétation du patrimoine métropolitain début 2020. Dix-huit mois de travaux et 5,35 millions d’euros d’investissement ont été nécessaires pour ce faire, dont 3,5 millions de TPM, un peu plus d’1 million de la Région, 480 000 euros du Département, 325 000 de la Drac. « Cette réalisation surprend tout le monde. C’est un bijou, une fierté ! ».

Dans son attachement à améliorer encore et toujours la qualité de vie et de ville, Robert Bénéventi s’est préoccupé très tôt d’une problématique qui a touché toutes les communes dans la dernière partie du siècle dernier, la désertification du centre-ville. « Nous avons lancé l’opération métiers d’art avec l’acquisition par le droit de préemption de tous les rez-de-chaussée possibles, voire d’immeubles entiers. Nous avons implanté plus de 30 enseignes d’art qui irriguent la ville et obtenu la reconnaissance "Ville et Métiers d’Art" », se réjouit-il, annonçant une nouvelle étape. L’école privée Sainte Geneviève va en effet être réhabilitée pour faire émerger le centre des métiers d’art d’Ollioules, avec un nouveau concept en gestation d’ateliers.

Grâce à cette démarche, et bien d’autres, la commune est membre du réseau « 100 plus beaux détours de France », mettant à l’honneur les villes qui valent d’être visitées.

Culture de la tradition agricole

A la recherche de l’équilibre entre développement économique, habitat, mémoire patrimoniale et espaces naturels, le maire est vigilant s’agissant de pérenniser l’activité agricole de cette commune qui a longtemps été le fief varois de l’horticulture, jusqu’à ce que le fameux orage de grêle de 1994 pulvérise toutes les serres et fasse péricliter le secteur malgré la solidarité. « Nous initions la reconquête agricole à l’aide d’acquisitions par préemption de terrains mis ensuite à disposition de jeunes agriculteurs pour qu’ils les exploitent, avec une exigence de culture bio », affirme le maire. Chacun bénéficiant d’exonération de taxe sur le non bâti. Certains d’entre eux sont en AOC Bandol (le joyau de l’appellation, à savoir le domaine de Terrebrune est d’ailleurs sur le terroir ollioulais, sous le Gros Cerveau), d’autres plus propices au maraîchage, d’autres encore sont investis par des pépiniéristes, sachant que l’oléiculture tient ici une place privilégiée. Devenue la cité des oliviers dont la fête éponyme est incontournable, la ville d’Ollioules a largement soutenu il y a 30 ans la rénovation d’un moulin à huile et construit un bâtiment attenant. En outre, en 2000 l’équipe municipale a offert un petit olivier à 2000 enfants de la commune, puis repris cette initiative quelques années plus tard en faisant de même aux bébés naissants à Ollioules. Chacun grandit ensemble, les olives alimentent le moulin et la démarche perpétue la tradition agricole.

Par ailleurs, un jardin musée a poussé ces derniers mois en plein centre, entre la rivière La Reppe (qui traverse la commune et a fait l’objet d’une grande attention pour la rendre plus séduisante) et la ruelle de la Tour. Un terrain vague de 1 400 m2 a été réaménagé par la société d'économie mixte Var aménagement développement pour en faire un jardin consacré aux fleurs, tandis qu’un bâtiment de 350 m2 a été rénové en musée rendant hommage à l’histoire florale locale, rassemblant notamment des outils de culture et honorant au passage l’olivier. Le passage - justement - de l’eau est également rouvert avec la remise en service d’un canal en pierre autrefois comblé et d’une fontaine (850 000 euros HT d’investissement).

(Crédit : O. Réal) La Reppe, fleuve côtier qui traverse Ollioules et fait l’objet de toutes les attentions.

Culture du développement maîtrisé

Parmi les nombreuses actions conduites, deux projets d’envergure sont en cours. Le projet Pichaud d’abord, dont le foncier a été porté par l’établissement public foncier régional (EPFR), consistant à transformer ce site en entrée de ville côté Gorges d’Ollioules. Une dalle sera édifiée sur le parking actuel pour la construction par un promoteur immobilier d’une soixantaine de logements, dont 40% sociaux, des commerces, des bureaux pour des activités liées à la santé, des locaux associatifs… Se rajoute la transformation d’une vieille bâtisse en un musée de la serrure et de la clé qui devrait être le 2e plus important de France en la matière, fruit d’une collaboration entre le groupe ollioulais de recherche sur le patrimoine et un collectionneur sanaryen. Enfin, ce projet va être accompagné d’une prolongation de la promenade au bord de La Reppe, son fleuve côtier.

Le projet principal actuel est celui de la requalification du centre-ville à dessein de le redynamiser. Le concours d’architecture est sur le point d’aboutir dans le cadre d’un marché de maîtrise d’œuvre négociée, pour lequel VAD, qui travaille depuis plusieurs années avec la commune, est son maître d’ouvrage délégué. Espaces publics métropolitains et communaux sont au cœur d’un programme de 12 000 m2 et 37 millions d’euros HT (dont 60% à la charge de TPM). Cela comprend (entre autres) une salle polyvalente, une ludo-médiathèque, un cinéma de trois salles, un conservatoire du numérique, une maison d’assistance maternelle, un jardin public, un parking de 785 places, une trentaine de logements de standing via le bâtiment du Crédit Agricole situé dans l’emprise du projet... S’y ajoutent les requalifications des places et rues concernées, des squares également, et toujours une action de cheminement le long de la Reppe. Cette opération vise la labellisation durable BDM sur le volet bâti et QDM dans son ensemble, à l’échelle du quartier. Les premières démolitions de l’existant et les dévoiements de réseaux devraient intervenir l’an prochain et les premiers travaux fin 2022/début 2023, pour une livraison à l’horizon 2025.

Des perspectives concourant à l’accélération de la mutation de la ville d’Ollioules dans une modernité maîtrisée, selon la stratégie déployée par Robert Bénéventi et ses équipes.

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