AccueilDroit et chiffreNuit du droit : mais qui a tué Thierry ?

Nuit du droit : mais qui a tué Thierry ?

Pour la première année depuis la création de la Nuit du droit, les partenaires de la justice des Alpes-de-Haute-Provence se sont associés pour une enquête pénale suivi d’un procès aux assises, fictifs. Une action pédagogique proposée par le CDAD.
Une reconstitution a été organisée pour confondre l’auteur présumé du crime.
H. Saveuse - Une reconstitution a été organisée pour confondre l’auteur présumé du crime.

Droit et chiffreAlpes-de-Haute-Provence Publié le ,

Thierry, 62 ans, fraichement retraité de la fonction publique est retrouvé mort ce mardi 4 octobre sur le parvis du palais de Justice de Digne-les-Bains, place des Récollets. Très vite les soupçons se tournent vers Louisa, sa voisine. Une querelle de voisinage serait à l’origine du crime fictif. Mais s’agit-il d’un homicide volontaire ? Louisa était-elle en état de légitime défense ? Pourquoi portait-elle une arme pour aller faire ses courses ? Voilà les questions auxquelles a dû répondre le public à l’occasion de la Nuit du droit. Une opération de pédagogie ludique menée depuis 2017 à l’échelle nationale et une première initiative locale portée par le Conseil Départemental d’Accès au Droit (CDAD) des Alpes-de-Haute-Provence, le tribunal judiciaire, l’ordre des avocats du barreau des Alpes-de-Haute-Provence, l’association AMAV/France victimes 04 et les services de gendarmerie et la police nationales.

Fausse victime et faux coupable mais de vrais professionnels en action pour la Nuit du droit

Près de 70 personnes, dont une partie d’élèves de terminale au lycée André Honnorat de Barcelonnette ayant l'option "Droit et grands enjeux du monde contemporain", ont donc pu découvrir les rouages de la commission de l’infraction jusqu’à la décision de la cour d’Assises. Trois heures durant, le public a suivi le déroulé d’une procédure pénale du "crime à la peine" où les victimes sont imaginaires mais les professionnels aguerris et bien réels. Un scénario bien huilé, où ils ont pu observer le travail délicat d’une technicienne en investigation criminelle (TIC), le gel d’une scène de crime, le travail d’enquête d’un officier de police judiciaire (OPJ), le tout encadré et commenté par le procureur de la république Rémy Avon. « Il ne faut jamais tirer de conclusion hâtive, un mort étendu au sol peut être le résultat d’un malaise mortel », prévient le procureur.

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Le suspect est arrêté. L’occasion pour le public de mieux comprendre les gestes des agents de police (Crédit : Hélène Saveuse)

Pourtant l’arme du crime retrouvée à moins d’un mètre, le mégot ou encore la douille laissent peu de doute sur la cause de la mort. Thierry a été assassiné. Un peu plus loin, le public entend les forces de l’ordre interpeller un suspect, Louisa, sa voisine. Une femme de 45 ans, sans emploi, au passé difficile qui n’aura de cesse de justifier son action par sa volonté de protéger ses deux adolescents. Pas à pas, le public découvre les indices, les ressorts imaginés par les professionnels du droit. Louisa est ensuite conduite dans le cadre d’une procédure, très accélérée, devant la cour d’Assises, constituée d’une partie du public tiré au sort pour être juré.

Trois nouveaux magistrats au tribunal judiciaire de Digne-les-Bains

Se laisseront-ils influencer par la plaidoirie de la défense ? Ou celle des parties civiles ? Par l’enquête de personnalité ? Tiendront-ils compte des réquisitions de l’avocat général ? Le président du tribunal judiciaire Thimothée de Montgolfier prend alors le relais dans le récit, détaillant pas à pas la procédure. Après une heure de procès, Louisa est condamnée à 20 ans de réclusion criminelle. Plusieurs jurés fictifs s’interrogent encore pour savoir s’ils ont pris la bonne décision. Mais vient déjà l’heure des échanges entre les professionnels et le public. « Je vais certainement faire rire la salle mais je n’ai pas vu votre marteau Monsieur le Juge ? », lance une spectatrice, « Est-il possible de refuser d’être juré, c’est trop difficile de trancher ? », tente le juré d’un soir, « Les procès sont écrits c’est moyenâgeux, pourquoi ne pas les filmer ? », estime l’un des spectateurs ou encore « Le procureur prend-il toujours la défense de la victime ? », demande un étudiant.

Autant d’interrogations auxquelles se sont attachés à répondre avec précision les professionnels de la justice et du droit et qui soulignent l’intérêt de ce type d’action, permettant ainsi une meilleure compréhension du système judiciaire français.

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