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président du BTP 05 Nicolas Chabrand : « Le problème, c'est le manque de travail pour les TP et le gros oeuvre »

Hautes-Alpes le - - BTP

Nicolas Chabrand : « Le problème, c'est le manque de travail pour les TP et le gros oeuvre »
Céline Magnier - Nicolas Chabrand a été réélu président du BTP 05 le 12 novembre.

Nicolas Chabrand vient d'être réélu à la tête de la Fédération du BTP 05. Ce mandat sera marqué par l'une des principales préoccupations de ses adhérents : le recrutement. Mais aussi par les conséquences de cette crise sanitaire qui affecte la santé financière des entreprises. Même si quelques perspectives se dessinent.

TPBM : Vous avez été élu pour la première fois en février dernier, juste avant le premier confinement, soit un double baptême du feu. Et malgré cela, vous avez souhaité vous représenter en novembre, vous êtes sacrément motivé !
Nicolas Chabrand :
Je me suis représenté car c'était logique, dans la continuité de mon engagement, à savoir défendre nos entrepreneurs, répondre à toutes leurs demandes avec réactivité et précision. Tout ce contexte a renforcé mes ambitions. Cette crise m'a permis de rentrer en contact rapidement avec les décideurs du département. Ces huit mois et demi ont été l'équivalent de peut-être un an et demi de relationnel. Avec les permanents de la fédération, on a fait le job sérieusement.

Comment avez-vous géré le premier confinement, source d'angoisse pour les entreprises du BTP ?
Chaque jour, nous avons diffusé auprès de nos adhérents des informations triées et vérifiées abordant une thématique spécifique. Rapidement, le guide de l'Organisme professionnel de prévention du BTP nous a permis de donner un cap, une méthode, et d'anticiper les choses au point d'être l'un des premiers départements à reprendre les chantiers, ce qui constituait LA préoccupation majeure de nos chefs d'entreprise. On les a également alertés sur l'aspect trésorerie.

Quid de ce deuxième confinement ? La situation est totalement différente...
Le message du président de la République est clair : l'activité est maintenue. Le contraire aurait été étonnant car le secteur est indispensable pour que l'économie reste debout. Rien que dans les Hautes-Alpes, la fédération du BTP représente 400 entrepreneurs et artisans, 3 000 salariés et 770 M€ de chiffre d'affaires.
On note toutefois quelques incohérences. Lorsqu'on ferme les agences immobilières, il manque un maillon de la chaîne et ça a des répercussions directes sur nous. De même que le malheur des petits commerçants aura un impact futur sur l'achat de biens immobiliers. On est contents de travailler mais inquiets pour la suite.

Quelles sont les perspectives pour les mois à venir ?
A l'initiative du Département et de l'Agence de développement, nous avons pu rencontrer les élus de chaque intercommunalité pour détecter les projets prêts à être lancés, afin d'en informer nos adhérents. Le but étant de leur donner des perspectives, car ils ne savent pas quelle stratégie adopter, s'il faut embaucher, prendre des apprentis. Parmi les dossiers qui pourraient être accélérés, figurent la rocade de Gap qui s'éternise alors qu'on pourrait déjà engager la partie Sud ou le rond-point de Tallard. Il y a aussi la volonté de nouveaux maires, comme celui de Briançon, de développer leur ville. Beaucoup d'entreprises travaillent également en dehors du département. Il faut donc raisonner à l'échelle régionale.
Avant ce deuxième confinement, le gouvernement a mis en place le plan de relance qui concerne la rénovation des bâtiments, convenant aux dossiers quasi-finalisés. Il occulte, en revanche, les logements neufs qui représentent 30 % de l'activité du BTP. La loi Pinel est prolongée mais ici, seule Briançon est concernée. L'opportunité pourrait se trouver du côté du Pacte national pour la relance de la construction durable, qui promeut les logements neufs et vertueux à travers une densification intelligente, une réduction de la facture énergétique, la qualité des logements et du cadre de vie, la mixité sociale.

Comment se portent les entreprises aujourd'hui ?
Le problème, c'est le manque de travail pour les TP et le gros œuvre, les premiers à intervenir sur les chantiers. Ce qui signifie qu'il y aura des répercussions sur tous les corps d'état. En début de mandat municipal, c'est toujours compliqué. S'ajoutent à cela les retards pris lors du premier confinement, on a perdu trois mois, et il y a eu peu d'autorisations de permis de construire délivrées. Le deuxième confinement ralentit encore le processus. La période et l'ambiance ne donnent pas franchement envie d'investir. On est inquiets pour nos carnets de commandes. Et à plus long terme, pour la santé financière des entreprises, lorsqu'elles ne pourront plus reporter les cotisations, plus bénéficier du prêt garanti par l'Etat.

Outre les problèmes engendrés par la crise actuelle, quels sont les autres enjeux qui vous attendent ?
Lors du conseil d'administration, était programmé un exposé prospectif de ce que sera le BTP dans 15 ans, les sujets cruciaux qui jalonneront les prochaines années. Parmi eux, il y a le recrutement, la transmission du savoir, la transformation numérique, la transition énergétique... Il faut communiquer sur ces sujets afin que nos adhérents les anticipent au lieu de les subir. On ressent surtout une inquiétude autour du recrutement. Il faut organiser un brain storming pour établir un plan d'action local. J'ai l'ambition de créer un groupe de travail.

Les membres du bureau

Nicolas Chabrand, à la tête de l'entreprise de maçonnerie gros œuvre Ragoucy, était le seul candidat en lice. Il avait été élu le 27 février dernier à la suite de la démission de Stéphane Scarafagio. Les 34 membres du conseil d'administration lui ont de nouveau accordé leur confiance le 12 novembre, pour une période de trois ans. Au sein du bureau, figurent à ses côtés Jérôme Chevalier (Métallerie Chevalier) 1er vice-président, Vincent Ariey (Allamanno SAS) 2e vice-président, Roland Dufourg (Alpes Carrelage) trésorier, Philippe Gérard (Gérard Philippe SARL) secrétaire, et comme membres Jean-Christophe Esmieu (Festa SAS), Jean-Charles Masse (Masse constructions métalliques), Mickaël Milbled (Alpes Sanitherm), Pierre-Jacques Olive (Olive travaux SARL).

Les neuf chambres, qui constituent le conseil d'administration, ont été renouvelées entre mi-septembre et mi-octobre. « J'ai voulu avoir dans ce conseil d'administration des gens qui puissent trouver un mandat qui leur parle. C'est important d'être le plus nombreux possible à défendre nos intérêts. »




M.-F. Sarrazin
Journaliste

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