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Nathalie Bicais : « Résister à la pression de bâtir dans toutes les dents creuses »

Var le - - Territoires

Nathalie Bicais : « Résister à la pression de bâtir dans toutes les dents creuses »
Mairie de La-Seyne-sur-Mer - Nathalie Bicais, maire de La-Seyne-sur-Mer, explique qu'à la place de ces logements une ferme pédagogique ou un agriculteur pourraient s'installer.

Elue maire de La-Seyne-sur-Mer le 28 juin, Nathalie Bicais avait fait de l'annulation du projet « Coste chaude », qui prévoyait la construction de 145 logements, une de ses promesses de campagne. Ce 2 septembre, elle a annoncé avoir refusé de signer le permis de construire.

TPBM : Faire annuler la construction de l'ensemble immobilier de 145 logements « Coste chaude » était l'une de vos promesses de campagne. Pourquoi étiez-vous opposée à ce projet ?
Nathalie Bicais :
C'est un combat de longue date de préservation du paysage et du patrimoine de La-Seyne-sur-Mer. Il n'y a pas eu de réflexion stratégique sur ce quartier. Il s'agit d'un secteur résidentiel, avec des petits chemins. Il n'est donc pas calibré pour accueillir 145 logements et par conséquent le double de voitures. Par ailleurs, ce territoire étant collinaire, se pose la question des inondations liées à l'artificialisation des sols.

Devenue maire, vous avez donc décidé de ne pas signer le permis de construire. Comment cela s'est-il passé avec les différents acteurs du projet ?
Ce terrain est la propriété de l'Etablissement public foncier Provence-Alpes-Côte d'Azur et fait l'objet d'une convention tripartite entre l'EPF Paca, la métropole Toulon Provence Méditerranée et la Ville de La-Seyne-sur-Mer, avec un portage possible jusqu'en 2023. Du côté de la métropole, le président de la collectivité, Hubert Falco, a toujours été clair en disant qu'il ne ferait pas d'ingérence dans ce projet. Concernant l'EPF, nous négocions maintenant pour que cela nous coûte le moins cher possible. A nous de trouver les bons délais et les bons étalements.

Nous avons également rencontré Vinci, qui devait être en charge de la construction du programme. Il était important de les prévenir en amont, pour ne pas avoir à payer des pénalités et des dommages et intérêts. Des discussions sont également en cours au sujet des frais engagés, dont nous sommes redevables. Nous leur avons dit que nous n'avions rien contre leur programme, d'autant que nous serons peut-être amenés à travailler de nouveau ensemble avec la réhabilitation du centre-ville, dans le cadre de l'opération NPNRU [Nouveau programme de renouvellement urbain, ndlr].

A quoi va désormais être destiné ce terrain de 3,5 hectares ?
Il s'agissait auparavant d'une terre agricole. Nous allons donc lui redonner sa fonction avec soit l'installation d'un agriculteur soit d'une ferme pédagogique. Le projet définitif n'est pas encore arrêté.

Y a-t-il d'autres programmes immobiliers que vous ne souhaitez pas voir naître à La-Seyne-sur-Mer ?
Au niveau de Bois Sacré, Total vend un terrain pollué avec une servitude publique délivrée par le préfet. Là on parle d'un terrain de 7 hectares et de logements en R+6, sur la corniche. Nous sommes donc en train de regarder cela.

Êtes-vous contre la construction de tout nouveaux logements ?
Cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de nouveaux projets mais qu'ils seront aux bons endroits. Je souhaite privilégier les programmes innovants ou tournés vers les jeunes et le tourisme, pour rendre la ville plus attractive et pas seulement dortoir.

La droite a construit des pavillons, la gauche de grands ensembles et cela sans jamais avoir de réflexion sur la structure urbaine de la ville si bien qu'à La Seyne-sur-Mer, les quartiers sont juxtaposés. La ville présente plusieurs visages, ce qui est difficile quand on souhaite mener une politique globale. Mon fil conducteur est la valorisation du littoral, notre principale richesse. Dans ce schéma, nous souhaitons garder toutes les respirations : il faut résister à la pression qui voudrait que l'on bâtisse dans toutes les poches, ou dents creuses, car c'est plus du remplissage qu'autre chose.




Karen Latour
Journaliste

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