AccueilEconomieMoscatelli croit dur comme fer en l'avenir

Moscatelli croit dur comme fer en l'avenir

Spécialisé en chaudronnerie, tuyauterie et mécanique, le groupe vauclusien investit plus de 5 millions d'euros dans un nouveau site industriel à Entraigues.
Moscatelli croit dur comme fer en l'avenir
J.-C. Barla - Rémy Volps, à droite, s'est appuyé sur l'expertise technique de Bernard Blanès pour remettre Moscatelli sur les bons rails.

EconomieVaucluse Publié le ,

« Je suis amoureux de mon métier », confie Rémy Volps, à la tête du groupe Moscatelli, actuellement à Sorgues. Depuis qu'il a repris en 2017 les activités de chaudronnerie, tuyauterie et mécanique, alors moribondes, il met tout son cœur dans leur expansion. En trois ans, la société a quasiment doublé son chiffre d'affaires, à 13 millions d'euros en 2019, grimpé son effectif à 110 personnes et investi dans sa modernisation.

« Dès la reprise, j'ai engagé 500 000 euros dans l'intégration de nouveaux équipements automatisés puisqu'il n'y avait aucune machine à commande numérique. C'était une base indispensable pour amorcer la relance. Pour mettre en œuvre ce plan de restructuration et de développement, j'ai pu compter sur le soutien des banques, de Réseau Entreprendre Rhône-Durance, de Bpifrance, de la Région… et sur l'expertise de notre directeur technique et commercial, Bernard Blanès, qui m'a ouvert ses réseaux. Je crois qu'ils m'ont fait confiance parce que je suis chaudronnier de métier, que ça donnait du sens à la transformation que je voulais conduire. Je vis comme un déchirement chaque fermeture d'une entreprise du secteur alors que la demande existe pour des prestations à forte valeur ajoutée. Fermer, c'est enterrer l'espoir. Nous avons voulu essayer de tout faire pour réussir. »

Aujourd'hui, un nouveau cap se franchit avec plus de 5 millions d'euros consacrés à l'acquisition et au réaménagement d'un bâtiment à Entraigues pour 3,2 millions d'euros et au renforcement de l'outil de production pour 2 millions d'euros. Un programme qui bénéficie de l'appui de l'Etat dans le cadre des fonds d'accélération aux investissements industriels sur les « Territoires d'Industrie ».

Avec les moyens d'ingénierie, d'usinage, de soudage, les locaux et les logiciels dont il se sera doté d'ici au printemps 2021, Moscatelli pourra répondre à des marchés dans une multitude de domaines : chimie fine, cosmétique, pharmacie, nucléaire, agroalimentaire… Une diversification déjà entamée. « Notre stratégie ne se fonde pas sur la production de milliers de pièces, mais sur du cousu main de pièces unitaires ou en petite série, poursuit-il, en évoquant les contrats remportés sur le projet ITER à Cadarache. Il y a plein de sujets à ouvrir dans notre savoir-faire.On n'attend pas qu'une chaudronnerie industrielle fasse de la recherche et développement. J'y encourage notre bureau d'études aux côtés des clients, c'est motivant pour les collaborateurs. Nous travaillons par exemple sur un prototype d'extracteur d'huiles essentielles qui éliminerait l'utilisation de solvants en cosmétique. Nous devrions aboutir dans le courant du premier semestre 2021. »

Une culture de conquête à rebâtir

A ses yeux, le soutien de l'Etat dénote un vrai changement d'approche vis-à-vis de l'industrie dans le pays. « Entre le dépôt du dossier et la réponse obtenue, il ne s'est écoulé qu'un mois. C'est important de redonner des perspectives de développement aux PME. Ces 30 dernières années, de gros donneurs d'ordres se sont éloignés de ce tissu d'entreprises. Derrière les subventions à nos investissements, il y a énormément de retombées sur le territoire, des fournisseurs qu'on sollicite, des salariés que l'on recrute et que l'on forme, qui font vivre des familles et, forcément, des ressources fiscales en retour pour l'Etat et les collectivités. Depuis que le groupe est reparti de l'avant, je reçois des candidatures spontanées de jeunes désireux de rejoindre nos métiers. L'industrie est un formidable ascenseur social. Il faut remettre les choses dans le bon ordre pour reconstruire une culture industrielle française. »

D'ici à cinq ans, Rémy Volps espère pouvoir atteindre la barre des 20 millions d'euros de chiffre d'affaires. Et convaincre que la technicité de Moscatelli s'allie aussi avec la compétitivité internationale. « Nous aimerions à cette échéance parvenir à 10-15 % de parts à l'export. »

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?