AccueilTerritoiresMobilités douces : plusieurs communes des Alpes-de-Haute-Provence travaillent leur coup de pédale

Mobilités douces : plusieurs communes des Alpes-de-Haute-Provence travaillent leur coup de pédale

Repenser les circulations urbaines pour limiter l’usage de la voiture, inciter à l’utilisation du vélo à assistance électrique… plusieurs villes des Alpes-de-Haute-Provence préparent un schéma des mobilités douces offrant une large place au vélo.
Les trois plus grandes communes des Alpes-de-Haute-Provence recherchent aujourd’hui un juste équilibre entre circulations automobiles et déplacements doux.
H. Saveuse - Les trois plus grandes communes des Alpes-de-Haute-Provence recherchent aujourd’hui un juste équilibre entre circulations automobiles et déplacements doux.

TerritoiresAlpes-de-Haute-Provence Publié le ,

Les trois plus grandes communes du département des Alpes-de-Haute-Provence travaillent actuellement à l’amélioration des déplacements doux. Toutes souhaitent améliorer le cadre de vie de leurs administrés en facilitant l’accès à des aménagements cyclables ou piétonniers et en réduisant parallèlement la place de la voiture, sans l’exclure pour autant. Une équation pas si simple à résoudre surtout sans une enveloppe financière dédiée.

A Manosque : faire du vélo, une alternative à la voiture

La Ville de Manosque souhaite disposer de 58 km de voies aménagées dans les dix prochaines années pour favoriser les déplacements doux. (Crédit : Ville de Manosque)

A Manosque, un nouveau plan de circulation automobile pour le centre-ville et un plan vélo ont été présentés lors du dernier conseil municipal du 19 mai, sans être soumis au vote. La Ville souhaitant dans un premier temps présenter les grandes lignes de son projet en vue d’une approbation au prochain conseil municipal, ou bien plus tard, en septembre. Sur le principe, la commune veut d’une part, laisser plus de place aux piétons en centre-ville et d’autre part, favoriser les déplacements à vélo vers les quartiers les plus éloignés et les zones d’activités, quand c’est possible, et dans un rayon de 5 à 10 kilomètres. Dans tous les cas, son objectif est de diminuer l’usage de la voiture.

Dans cette stratégie, le plus difficile reste de trouver le juste équilibre. Pour cela, la commune a fait appel à des experts.

« Horizon Conseil, qui avait déjà élaboré le plan de circulation de la ville en 2011, nous a fait deux propositions pour repenser la circulation automobile dans le centre-ville, une étude qui va de pair avec le projet de requalification du centre-ville. L’Agence d’urbanisme Pays d’Aix-Durance (Aupa) travaille quant à elle à l’élaboration d’un plan vélo. Ces deux études sont totalement imbriquées et elles vont permettre de construire les mobilités de la ville de demain. L’idée serait de disposer de 58 kilomètres de voiries aménagées dont 34 kilomètres sont à créer », détaille Paul Malik, chef de service Renouvellement urbain de la Ville de Manosque.

Si le bureau d’études Horizon Conseil a fait deux propositions reposant principalement sur la mise en sens unique de plusieurs rues, l’Agence d’urbanisme du Pays d’Aix a identifié plusieurs itinéraires à créer ou à requalifier. Le premier représente 14 kilomètres de voies cyclables préexistantes. Le second représente 10 km de routes à reprendre, pour améliorer la circulation à vélo où les principales problématiques sont des bandes cyclables insuffisamment larges ou en partie positionnées sur des trottoirs. Enfin, un itinéraire de 34 km où tout est à créer.


La commune assure que les premiers travaux doivent démarrer dès cette année avec un premier itinéraire cyclable aménagé sur l’avenue Jean-Giono jusqu’au boulevard Charles-de-Gaulle. Il s’étendra jusqu’à la rue des Muriers pour descendre jusqu’à la gare SNCF. Les travaux, dont le montant est estimé à 500 000 €, devraient être lancés à l’automne 2022 pour une livraison en janvier 2023. 70 % du montant HT seraient financés via le Fonds européen de développement régional (Feder).

« Les constructions de pistes cyclables ne sont qu’une partie du problème car il faudra trouver du foncier pour installer des stationnements dédiés, des garages à vélo. Il faut également sensibiliser nos concitoyens à cet usage et puis, il faut aussi imaginer la ville pour tous les usages, penser aux piétons également », prévient Paul Malik. La collectivité espère que les mobilités soient plus douces à Manosque d’ici une dizaine d’années. A noter, qu’une aide de 200 € devrait être mise à disposition des actifs manosquins pour les inciter à utiliser un vélo à assistance électrique. Les travaux liés à l’amélioration des mobilités douces seraient financés via un plan pluriannuel en lien avec les réfections des voiries. A l’avenir, la commune souhaite également rallier les autres villes de son bassin de vie.

Sisteron veut co-construire les mobilités en fonction des usages de chacun

La Ville de Sisteron a choisi de co-construire son schéma des mobilités avec les usagers. Plusieurs réunions coopératives ont été organisées en mairie. (Crédit : Mathilde Payan - Ville de Sisteron)

A Sisteron, la phase de diagnostic est terminée. La commune compile actuellement les remontées du terrain qu’elle a obtenues grâce aux réunions publiques organisées par l’Aupa, prestataire de son schéma des mobilités.

« La commune souhaite co-construire les mobilités douces de la ville en fonction des usagers. D’une part, pour que ces aménagements soient en cohérence avec les besoins et d’autre part, parce qu’ils doivent être optimisés », détaille Mathilde Payan, chef de projets Petites Villes de demain pour la Ville de Sisteron.

Pour l’instant, le diagnostic fait état d’un manque de stationnements et un sentiment d’omniprésence de la voiture. Les habitants font aussi remonter un sentiment de circulations non sécurisées et soulignent un manque d’équipements cyclistes, des accès vélos compliqués, des circulations pour les personnes à mobilité réduite difficiles, des sujets sur lesquels la municipalité est attendue dans le cadre de son schéma des mobilités douces. « D’ici le mois de juin, nous disposerons de fiches actions. La restitution sera organisée en septembre prochain », planifie Mathilde Payan.


Comme à Manosque, la Ville de Sisteron n’imagine pas changer la donne en un claquement de doigts mais elle souhaite inscrire les travaux d’intégration des mobilités douces dans ses futurs travaux de voirie. Pas d’enveloppe dédiée donc mais la volonté de changer les modes de circulation, en fonction des impératifs, au quotidien.

A Digne-les-Bains, la Ville mise sur 31 km d’aménagements doux proposés

Cinq corridors, qui rallieraient tous le centre-ville de Digne-les-Bains, ont été identifiés pour améliorer les trajets du quotidien par le cabinet d’études Evo Pods. (Crédit : Cyrille de Villèle)

Dans la ville-préfecture du département, l’étude menée par le cabinet d’études Evo Pods se termine. Les fiches actions, qui devraient permettre à la collectivité de hiérarchiser les travaux, seront disponibles dès juillet. La pierre angulaire du projet d’amélioration des mobilités douces de la Ville de Digne-les-Bains, qui sera développé dans le cadre de son programme Action cœur de ville, sera de faciliter les trajets quotidiens et de valoriser le cœur de ville.

Sur le papier, la commune a d’ores et déjà identifié 31 kilomètres d’aménagements cyclables et piétonniers.

« Septkilomètres sont opérationnels, sept kilomètres sont à améliorer et 17 kilomètres sont à créer », comptabilise Georges Pereira, conseiller municipal à Digne-les-Bains et vice-président de Provence Alpes Agglomération (P2A).

En pratique, le bureau d’études montpelliérain a identifié cinq corridors qui rallieraient tous le centre-ville. Ils desserviraient la zone d’activités de Saint-Christophe, le quartier du Plan de Gaubert, les Thermes, le quartier des Arches et celui des Truyas.


Sur ces 31 kilomètres, 16 kilomètres sont en site propre et 15 kilomètres sont en partage de voirie soit avec l’Etat, le Département ou la communauté d’agglomération P2A. Les travaux devront donc être coordonnés entre les différents maîtres d’ouvrage. Les premiers aménagements, prévus dès 2023, sont l’élaboration d’une voie verte rue du Capitaine-Arnoux et l’aménagement d’une piste cyclable le long de la RD 900, en direction de Seyne-les-Alpes, un axe routier qui sera prochainement rénové par le Conseil départemental des Alpes-de-Haute-Provence (CD 04). En 2024, la commune devrait également construire une piste cyclable entre le pont des Arches, actuellement en cours de réfection par le CD 04, et le centre-ville.

A l’image des autres collectivités bas-alpines qui planchent sur le sujet des mobilités douces, la Ville de Digne-les-Bains imagine réaliser les différents aménagements au fil de l’eau, parallèlement aux travaux de voirie qu’elle mènera au quotidien et à une sécurisation des circulations. La commune prévoit notamment d’abaisser la vitesse des véhicules dans le centre-ville en aménageant des zones 30 km/h.

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