AccueilTerritoiresMichel Mille, maire de Lançon-Provence : « la ville aura son collège à la rentrée 2021 ! »

Michel Mille, maire de Lançon-Provence : « la ville aura son collège à la rentrée 2021 ! »

En 2014 à Lançon-Provence, après trois mandats du maire sortant, Georges Virlogeux, qui ne s'est pas représenté. Michel Mille, candidat pour la première fois, frôle l'élection au 1er tour avec 49,23 % des voix. Le 2e tour est une formalité (58,15 %). Aujourd'hui à mi-mandat, l'effet de son action sur la commune est visible. Mais les projets les plus importants sont à venir. Il en détaille les enjeux et les difficultés de mise en œuvre dans un contexte financier incertain avec l'Etat.
Michel Mille, maire de Lançon-Provence : « la ville aura son collège à la rentrée 2021 ! »
Ville de Lançon-Provence - Michel Mille est maire de Lançon-Provence depuis 2014.

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TPBM : En prenant vos fonctions en 2014, vous et vos adjoints découvrez la gestion d'une municipalité avec l'intention de réveiller Lançon. Sur quels points estimez-vous à ce jour avoir réussi ?
Michel Mille : En premier lieu, les nouvelles relations instaurées avec le département. Des vieux dossiers aboutissent enfin : la réalisation d'un collège, imaginée il y a 35 ans, et la sécurisation de la route départementale 113, avec le chantier à partir du dernier trimestre 2017 du rond-point des Nouens, qui ralentira le trafic routier à l'entrée de la commune depuis La Fare-les-Oliviers. La présidente, Martine Vassal, son équipe et l'institution agissent en partenaires avec considération et compréhension. Nous allons ainsi clôturer cette année le Contrat départemental de développement et d'aménagement (CDDA) signé sous l'ancienne mandature.

Ma deuxième satisfaction concerne la politique d'économies mise en œuvre. Chaque poste, chaque dépense ont été analysés finement pour retrouver une marge de manœuvre pour investir. Avec les incertitudes sur l'état des ressources attribuées par la métropole, nous sommes confrontés à la stratégie de l'Etat de réduire les dotations aux communes, ce qui nous prive de toute visibilité sur les ressources à attendre à N+1. La suppression de la taxe d'habitation nous inquiète également. On navigue à vue alors que nous affrontons sans cesse de nouveaux besoins.

Enfin, j'estime avoir amorcé un changement d'image de la commune, indispensable à mes yeux pour attirer des investisseurs, de nouvelles activités… L'aménagement du rond-point sur la RD113, avec un portail signalant l'entrée de la commune, identifie Lançon bien mieux que le monticule en friche. La multiplication des animations démontre que les habitants s'impliquent, que nous ne sommes pas une « ville-dortoir ». Des commerçants admettent avoir vu cet été plus de touristes étrangers qu'avant. Nous comprenons que certaines fêtes suscitent des nuisances ponctuelles, mais nous ne créerons pas des emplois dans une ville où il ne se passe rien !

Lançon a été la première commune des Bouches-du-Rhône à signer avec l'Etat en février 2016 un contrat de mixité sociale afin de rattraper son retard en logements sociaux et ne plus payer de pénalités coûteuses (350 000 euros en 2014) pour non-respect de la loi SRU*. S'il y a de nouveaux logements, il faudra de nouveaux équipements… Comment vivez-vous le désengagement de l'Etat ?
C'est tout le symbole de la schizophrénie de l'Etat qui encourage d'un côté et impose, de l'autre, une multitude de règles qui freinent la capacité d'action ! A Lançon, nous sommes limités par les problématiques d'inondabilité, de contraintes radioélectriques qui restreignent la hauteur des constructions, par Natura 2000… Et l'Etat nous dit : « Faites des logements sociaux ! ». Nous voudrions avancer plus vite mais nous devons nous adapter à toutes ces contraintes. Au terme de ce contrat, nous devons bâtir en trois ans 275 logements. Quatre projets ont déjà des permis purgés : « Le Panoramique » derrière la gendarmerie, sur un terrain communal avec 132 logements, « Les Jardins des Roquilles » avec 112 logements sur un terrain privé, et « Les Jardins de Mathilde » avec 47 logements. 50 % de ces programmes seront des logements sociaux. Le dernier permis concerne 14 logements sociaux en petit collectif à côté de 14 lots développés par la mairie. Aujourd'hui, nous comptabilisons 180 foyers demandeurs sur la commune. Quelques contacts se sont manifestés pour d'autres projets. A l'horizon 2030, selon notre PLU (Plan local d'urbanisme, NDLR), 1 700 nouveaux logements devront voir le jour dont 800 sociaux. Lançon atteindra alors les 12 000 habitants.

Côté éducation, vous évoquiez le collège. Quand va-t-il émerger ?
J'ai été invité, à titre purement consultatif, à assister au premier jury de présentation des projets. Certains candidats ont déjà pris contact avec nous pour découvrir le site, entendre habitants et élus pour voir comment cet établissement de 750 élèves peut s'insérer au mieux dans son environnement. Fin octobre, le département a retenu cinq projets en vue d'une désignation du lauréat en fin d'année et une ouverture à la rentrée 2021. Parallèlement, la mairie souhaite réaliser un gymnase. Dans deux ans, Lançon comptera 10 000 habitants. Les associations de la commune dénombrent aujourd'hui 4 200 adhérents, beaucoup dans des activités sportives. Il faut des équipements pour les accueillir. Plutôt qu'un terrain de basket couvert qui ferait office de gymnase, nous préférerions disposer à terme d'un vrai gymnase que nous agrandirons progressivement en fonction de nos moyens, avec un dojo, d'autres salles… Nous souhaitons l'ouvrir en même temps que le collège. Sur le même espace, la carrière des Roquilles sera revalorisée car le festival de théâtre qui s'y tient en été est un « phare » de notre commune, comme les autres événements, « Les chèvres musicales » à la ferme, les spectacles humoristiques de « Virant en scène » à Château-Virant ou le Festival provençal que nous voulons encore développer. Par ailleurs, compte tenu des nouveaux logements, nous devrons à l'horizon 2024 édifier une nouvelle école aux côtés de celles des Pinèdes, de Marie Mauron, de Val de Sibourg et des Baïsses. Cette « cité scolaire » regroupera l'actuelle maternelle des « Cigalouns » et l'école primaire « Moulin de Laure ». Dans le même secteur, une petite zone commerciale naîtra dans le voisinage du Carrefour Market. Nous aurions voulu un pôle commercial le long de la RD113 entre la route des Baïsses et le futur rond-point des Nouens en complément des magasins existants. Le projet ne verra pas le jour, pour diverses raisons, dont principalement la consommation d'espaces agricoles, même si ces terres ne sont plus exploitées et qu'elles deviennent des « poudrières » par manque d'entretien et sont un risque en matière d'incendies.

Deux dossiers importants restent en attente : le devenir de l'ancienne cave coopérative, en face de l'hôtel de ville, et la ferme photovoltaïque sur le site de Font-de-Leu, en surplomb de l'étang de Berre. Qu'avez-vous décidé ?
L'ancienne cave coopérative n'accueillera pas de logements, ni de supermarché. Nous avons racheté le foncier à l'Etablissement public foncier (EPF) régional, soit 2 000 m2 au sol. Nous voulons des commerces, qui font défaut au village, pour revitaliser le centre ancien et un pôle médical. Nous rapatrierons des services municipaux répartis sur différents bâtiments et un auditorium devrait s'y ajouter. En l'absence de logements, les promoteurs ne se bousculent pas, mais des personnes s'y intéressent néanmoins. Nous travaillons sur plusieurs pistes privées ou publiques en essayant de blinder le dossier pour consolider ce cœur de ville sans lancer la commune à l'aventure ! Nous n'agirons pas dans l'urgence pour réussir.

Quant à la centrale photovoltaïque, le projet porté depuis 2009** par la propriétaire du domaine de Calissanne a fait l'objet d'un permis de construire par le préfet des Bouches-du-Rhône en 2013. Il a été attaqué en justice. Après avoir perdu en 1ère instance et en appel, nous avons porté l'affaire devant le Conseil d'Etat. Nous irons jusqu'au bout. On ne peut pas vouloir favoriser l'essor des énergies renouvelables et mettre des bâtons dans les roues lorsqu'un projet cohérent émerge avec toutes les précautions nécessaires. Les études prouvent que les terrains n'ont pas de valeur agricole, parce que trop salés.

* Loi relative à la Solidarité et au renouvellement urbains.
** Le projet initial de la SAS (Société par actions simplifiée) Centrale PV de Font de Leu prévoyait un parc de près de 35 hectares dont 7,5 pour l'installation proprement dite. D'une capacité de 12 MWc, il devait produire chaque année 17 GWh, soit l'équivalent de la consommation annuelle de près de 7 225 habitants. Il avait été lauréat de l'appel à projets lancé fin 2011 par le ministère de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie pour les installations de puissance supérieure à 250 KWc.

La suite de cet entretien est à lire dans le numéro 1208 de TPBM (parution le 15/11/2017).
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