AccueilEconomieMichel Cresp fait résonner et rayonner les écosystèmes

Michel Cresp fait résonner et rayonner les écosystèmes

Michel Cresp, qui a fondé la société « Systémique » en 1991 avec son associé Philippe Mennecier, est président de l'Isen (l'Institut supérieur de l'électronique et du numérique) et depuis peu président de la zone d'activités des Playes à La Seyne.
Michel Cresp fait résonner et rayonner les écosystèmes
Olivier Real - Michel Cresp est le président de la Zone des Playes à la Seyne

EconomieVar Publié le ,

TPBM : Michel Cresp, quel est votre parcours professionnel ?
Michel Cresp : Je suis originaire de Grasse où j’ai fait toute ma scolarité avant de rejoindre l’Université de Nice. Un cursus de 8 ans m’a mené vers l’électronique, l’électrotechnique, l’automatique, le traitement du signal, jusqu’à une thèse au laboratoire de recherche de ThomsonASM lié au traitement sonar, puis à celui de DCAN* au Brusc [encore sous administration d’Etat, NDLR] avec les scientifiques du contingent. L’idée, transformée en conviction, que Thomson m’attendrait pour m’embaucher a été contrariée par un rapprochement d’entreprises et un gel des recrutements. Cela étant, le travail était très intéressant à DCAN qui, en plus, a souhaité me garder. L’expérience a été moins longue que prévue, faute de perspectives d’épanouissement professionnel au regard de mes envies et de la façon dont je souhaitais évoluer. J’ai saisi l’opportunité de prendre localement la direction d’une SSII** en 1989, où j’ai rencontré mon futur associé PhilippeMennecier, qui en a assuré la direction technique. Nous avons, ensemble, multiplié la croissance par trois, mais le PDG national ne comprenant pas nos métiers d’ingénierie d’études, d’algorithmes, nous sommes partis.

Pour faire qu​oi ?
A 30 ans tous les deux, nous avons pris la décision de créer notre entreprise, Systémique***, et nous sommes entrés le 7 octobre 1991 dans la première pépinière d’entreprises de Toulon Var Technologies, avec deux chaises, une table, une armoire vide, mais le désir mué en excitation de faire les choses nous-mêmes en partant du principe - d’où le nom - que tous les éléments doivent être pris en considération dans un contexte général, dans un système global. Qui plus est dans notre secteur de défense. Forts de nos compétences scientifiques et techniques dans notre domaine et de nos méthodes d’appréhension des besoins opérationnels sur des niches militaires surtout, en France et vers l’international, nous avons pu développer une société reconnue et je pense pérenne, même s’il faut rester prudent. Nos solutions logicielles et algorithmiques ont permis une assise appréciable de l’entreprise dans nos locaux de la zone des Playes à La Seyne. Nous employons 17 personnes pour environ 2 millions d’euros de chiffre d’affaires (CA), et nous nous diversifions vers le civil maritime.

Quelle a été votre strat​égie pour rester « dans le coup » durant ce quart de siècle ?
Nous consacrons 15% de notre CA annuel à la R&D. Nous sommes en veille permanente, pour avancer sur des améliorations, sur la résolution de problématiques. C’est une grande partie de notre réussite, pour un meilleur développement de l’entreprise qui s’est traduit aussi par de la vente de certaines recherches permettant de consolider durablement nos fonds propres. Cela étant, on aboutit aussi parfois à des impasses ou à des mauvais timings, ce n’est alors pas perdu mais décalé. Il y a une part de risque à assumer et à manager. Dans une stratégie de niche, il faut de vrais éléments « différenciants », aller plus vite que les autres et garder des longueurs d’avance. Nous sommes dans une activité où l’industrie française est compétitive. Nos projets, nos produits, que nous ne pouvons pas dévoiler pour des raisons évidentes de confidentialité, s’insèrent ainsi dans des programmes internationaux.

Le territoire historique de défense où vous êtes implanté et sa grande ouverture autour de l’innovation, des technologies, du numérique, ont aussi facilité l’entrepreneuriat et la fertilisation croisée entreprise/recherche/enseignement. Pouvez-vous nous expliquer ?
Nous sommes en effet sur un territoire historique de la défense et des systèmes complexes autour de la navale, ce qui constitue un atout indéniable. Nous avons longtemps insuffisamment exploité cela. Je souhaitais déjà il y a 20 ans, la reconnaissance d’une dimension d’excellence sur ces champs. Aujourd’hui, grâce au travail de fond et de mutation du territoire conduit par TVT Innovation, nous pouvons démontrer nos spécificités. TVTa notamment fait émerger le Pôle de compétitivité Mer Méditerranée, rassemblant nombre de compétences dans l’environnement des technologies marines, sous-marines, des systèmes complexes… Mais aussi le très important volet numérique et son écosystème élargi. Le numérique de défense s’est en effet enrichi progressivement d’autres applications hors champs militaires, porteuses de développement économique [...].

* Direction des constructions et armes navales.
** Société de services et d’ingénierie en informatique.
*** Systémique est une PME innovante spécialisée dans la conception et le développement de systèmes complexes de traitement de l’information dans les domaines militaire (systèmes de combat naval) et civil (océanographie, transport, industrie).

L'intégralité de cette interview est à lire dans TPBM 1128 (parution le 4/05/2016). Pour vous abonner, cliquez ici.

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?