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Martigues : les travaux du lycée mettent au jour un trésor

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Martigues : les travaux du lycée mettent au jour un trésor
M. Deuff - Un autre chantier s'est ouvert sur le site du lycée : celui des fouilles archéologiques

L'extension du lycée Langevin a mis au jour des vestiges d'une cité gallo-romaine. Avec une découverte exceptionnelle en pièces d'or.

ti au début des années soixante, le lycée Paul Langevin méritait un sérieux lifting et des travaux d’extension. Cour abîmée, vieux bungalows, réfectoire défraîchi et locaux énergivores n’étaient plus aux normes. En 2013, le projet a reçu le feu vert, les financements de la Région et les travaux ont commencé en privilégiant la place de l’élève.

Mais entre-temps, l’Histoire s’est invitée. Une irruption sans rapport avec la réforme de l’enseignement… Car le lycée a été construit à proximité d’un site archéologique majeur : celui de l’ancienne cité Maritima Avaticorum. Le lieu est connu et répertorié mais son importance majeure vient d’être découverte.

Au début des années soixante, lors des travaux de fondation du lycée, quelques éléments indiquant une occupation romaine avaient été décelés : des mosaïques, une colonne, des éléments funéraires... Il faut attendre la fin des années 90 et l’implication d’un archéologue de talent pour que les investigations confirment la présence d’une agglomération antique. « Tout le monde pensait qu’il s’agissait d’une villa romaine ! En fait, nous avons pu identifier la cité comme étant Maritima Avaticorum qui a existé du Ier siècle avant J.-C. jusqu’au IVe siècle après », explique Jean Chausserie-Laprée, l’archéologue.

Une découverte majeure

Des habitations, des rues, des bâtiments administratifs et installations d’industries ont successivement été mis à jour.

« Les Romains s’installaient toujours là où il y avait de l’eau douce et des moyens de l’acheminer facilement », poursuit l’archéologue.

Véritable belvédère sur l’étang de Berre, le site de Maritima (NDLR : qui a donné à la ville son nom actuel) constitue un modèle de la ville ancienne. Et lorsque les fouilles préventives ont été menées, la récolte a dépassé toutes les espérances. C’est un véritable et authentique trésor qui est sorti de terre ! Parmi les innombrables objets de la vie quotidienne - dont certains sont d’une grande qualité - il faut signaler une découverte majeure de l’archéologie nationale de ces dernières décennies.

« C’est l’un des plus importants trésors monétaires antiques, jamais mis au jour sur le territoire français », précise Jean Chausserie-Laprée en évoquant 48 monnaies en or (aurei), émise entre 46 et 27 avant J.-C.

« Les plus grands personnages de cette période cruciale (César, Marc-Antoine, Octave-Auguste) figurent sur ces monnaies rarissimes et d’une grande beauté. Ils placent donc Martigues au cœur de la grande histoire de Rome et de la Méditerranée antique. Elles traduisent l’époque décisive qui voit le déclin de Massilia (Marseille) au profit d’une nouvelle métropole régionale, Arelate (Arles) ».

La dernière découverte d’une telle importance remonte en France à... 1830 !

Au fil des fouilles

Au fil des mois, nous avons suivi le déroulement de ces fouilles. Lorsque les conditions météo ne l’empêchaient pas, l’équipe (une douzaine de personnes) arrivait tôt le matin pour racler le sol. Autour d’eux, les lycéens allaient et venaient, jetant parfois un regard attentif - mais bref - sur les vestiges exhumés. Autour du site, un simple et mince grillage ; aucun gardien, ni de jour, ni de nuit. « Beaucoup de gens étaient au courant que nous trouvions des pièces d’or », admet Jean Chausserie-Laprée. Chacune d’elles ayant une cote estimée à 10.000, voire 20.000 euros.

Il n’y a eu pourtant aucune tentative de malveillance, alors qu’un « braco » équipé d’un détecteur aurait pu « faire un malheur ». Suggérons une explication : véritablement passionné par sa tâche et formidable pédagogue, Jean a su installer un climat de confiance et transmettre son intérêt pour l’Histoire. L’intérêt des employés et chefs de chantier qui, comme l’un d’entre eux, sont venus lui réclamer un dossier « pour que je l’explique à mon petit-fils », en apporte la preuve.

Reste la question de la mise en valeur de ce patrimoine archéologique. Maritima Avaticorum constitue un modèle bien conservé de la ville ancienne. Un cas rare et une opportunité. La seule comparaison pertinente - et réussie - d’intégration d’un site archéologique urbain est celle du Centre Bourse de Marseille. Déjà très impliquée dans la mise en valeur de son patrimoine, la Ville de Martigues a bien l’intention d’en faire une vitrine historique, culturelle et touristique.

Retrouvez toutes les infos sur le chantier du lycée Paul Langevin dans le numéro 1091 de TPBM (parution le 19/08/2015)




Esther Griffe
Journaliste

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