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Marseille : une grande opération d'urbanisme pour éradiquer les taudis

Bouches-du-Rhône Publié le - - Territoires

Marseille : une grande opération d'urbanisme pour éradiquer les taudis
E. Griffe - Dans la première liste des équipements municipaux transférés à la Métropole figure le parvis Belsunce.

La métropole Aix-Marseille Provence vient de voter le principe de la mise en place d'une grande opération d'urbanisme (GOU) dans le centre ville de Marseille. Un outil qui vient compléter le nouvel arsenal déployé par l'Etat, les grandes agences publiques et les collectivités au service de la lutte contre l'habitat dégradé dans le coeur de la deuxième ville du pays.

Trois mois après la signature du projet partenarial d'aménagement (PPA), la tour La Marseillaise a accueilli ce 22 octobre le premier comité de pilotage de ce dispositif inédit qui vise l'éradication de l'habitat indigne dans le grand centre-ville de Marseille. « Il s'agissait de dresser un premier bilan des actions engagées et de définir la feuille de route 2020-2021 », a indiqué Pierre Dartout, le préfet du département, lors d'un point presse qui s'est tenu à l'issue de la réunion.

Les dix partenaires* de ce projet rangé sous la bannière « Marseille Horizons » ont notamment évoqué les contours des deux outils appelés à composer ce nouvel arsenal opérationnel : la société publique locale d'aménagement d'intérêt national (SPLA-IN) et la grande opération d'urbanisme (GOU). « La GOU sera destinée à faciliter les opérations d'aménagement qui seront pilotées par la SPLA-IN à l'intérieur de son périmètre », a expliqué Natalie N'Doumbé, directrice générale adjointe du développement urbain et de la stratégie territoriale de la métropole Aix-Marseille-Provence.


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Deux jours plus tard, les élus métropolitains ont d'ailleurs voté l'avant-projet de la GOU, avec son périmètre et le plan d'actions. Cette grande opération définie par Marseille Horizons, s'étend sur un périmètre plus restreint (environ 350 ha) que celui du PPA (1 000 ha), incluant les secteurs Quartiers Libres Saint-Charles/Belle de Mai, Noailles, Opéra, Thiers, Belsunce et Chapitre.


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Le droit des sols de la ville à la Métropole

« On aura un fonctionnement en forme d'entonnoir : en haut, le PPA fixe le cadre stratégique et, en dessous, les déclinaisons opérationnelles qui auront la GOU pour décor avec la SPLA-IN les mains dans le camboui », a décrypté Pierre Dartout. Ce mécano complexe propose de nouveaux rouages administratifs notamment le transfert du droit des sols à la métropole Aix-Marseille Provence au sein du périmètre de la GOU. En clair, la ville de Marseille se délestera du droit de vie ou de mort sur les autorisations de construire ou de démolir au profit de la métropole. Pour permettre à cette dernière d'assumer cette mission, la ville mettra à sa disposition le personnel municipal en charge de l'instruction des autorisations relatives au droit des sols déposées dans le périmètre par un projet de convention de mutualisation de services.

Des équipements publics « métropolisés »

AMP récupérera également de la ville la maîtrise d'ouvrage des équipements publics traditionnellement de compétence communale (écoles, crèches, centres sociaux, etc). Une première liste de ces équipements à rénover ou à réaliser figure dans la délibération votée ce 24 octobre par le conseil métropolitain.

Cette nouvelle architecture administrative nécessitera quelques ajustements réglementaires. Le secteur Saint-Charles/Belle de Mai recouvre en effet en partie le périmètre d'Euroméditerranée. La métropole a donc sollicité une dérogation opérationnelle auprès de l'Etat le temps de la mise en oeuvre des actions engagées dans le cadre du projet urbain Quartiers Libres Saint-Charles.

Autre mesure dérogatoire : la possibilité de réaliser des opérations de logements locatifs sociaux dans les secteurs classés en quartier prioritaire de la ville (QPV). « En autorisant les programmes de logements conventionnés dans les secteurs classés en ZUS [zone urbaine sensible, ndlr] du grand centre-ville, on pourra agir plus efficacement sur la remise à niveau de l'habitat dégradé », insiste Xavier Méry, l'élu métropolitain en charge de la lutte contre l'habitat indigne. Le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUI) du territoire Marseille-Provence parachèvera cette mesure avec l'inscription d'une soixantaine de servitudes de mixité sociale dans le périmètre de la GOU.

Ce verrou réglementaire levé, pas question toutefois de transformer le centre-ville en quartier dortoir sans âme... « Il est exclu que l'on uniformise les quartiers du cœur de ville. On respectera la diversité et l'identité de chaque rue en organisant des concertations », prévient Xavier Méry. « Les opérations de rénovation urbaine qui marchent sont celles où la concertation est la plus aboutie », renchérit le préfet.

Une SPLA-IN avec ou sans la ville ?

Troisième étage de la fusée, la SPLA-IN sera portée sur les fonts baptismaux à la fin de l'année. A la différence des structures similaires créées en région parisienne (Evry, Marne-la-Vallée) où l'Etat est majoritaire, la société marseillaise sera portée en majorité par la métropole AMP, avec l'Etat en partenaire minoriataire (65% / 35%). Les derniers détails de la composition du capital sont en cours de discussion. Lors du comité de pilotage de Marseille Horizons, le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin a réclamé dans un courrier transmis au préfet à ce que la ville soit associée à la SPLA-IN.

Une demande accueillie avec réticence du côté de la métropole. AMP craint en effet que l'intégration de la ville n'ouvre une brèche dans dans laquelle s'engouffreront d'autres communes confrontées elles aussi à des enjeux de rénovation de l'habitat dégradé. Une ouverture qui risquerait d'amoindrir l'efficacité de la société dans son travail de pilotage opérationnel. « On regarde... », a indiqué, laconique, Pierre Dartout.

* Etat, métropole AMP, ville de Marseille, conseil départemental 13, EPA Euroméditerranée, ANAH, ANRU, Banque des Territoires, ARHLM et EPF Paca.

217 M€ pour traiter 1 829 logements

Le PPA Marseille Horizons mobilise une enveloppe de 217 millions d'euros pour une première phase opérationnelle qui cible 314 immeubles dégradés et 1 829 logements situés dans quatre îlots opérationnels jugés ultra prioritaires : le secteur Clovis Hugues-Belle de Mai (103 immeubles pour 561 logements sur 2,4 ha), le secteur Noailles-Delacroix (58 immeubles pour 319 logements sur 1 ha), le secteur Noailles-Ventre (116 immeubles pour 638 logements sur 3 ha) et le secteur Hoche-Versailles (37 immeubles pour 311 logements).




William Allaire
Journaliste

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